Les incontournables (au féminin) de la SFFF


Pour la deuxième édition, sur son
blog, Nevertwhere propose que chacun recense ses classiques de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique (d’où l’acronyme SFFF). Mais cette année au féminin… Challenge relevé, et pimenté par le fait que je ne vais parler uniquement d’autrices toujours actives. Voici donc ma liste d’écrivaines qui, selon moi, méritent votre attention dans la SFFF :

Et je triche d’abord avec les trois premières autrices qui figuraient déjà dans mon classement de l’an dernier :

— Kij Johnson
Découverte grâce à deux titres parus au Belial’, cette autrice américaine a une façon d’écrire le fantastique si naturelle et si contemplative que chaque voyage en sa compagnie est un pur bonheur. Vous pouvez lire mon avis sur chaque titre à cet endroit (avec des illustrations de Nicolas Fructus magnifique) et .

— Martha Wells & Mary Robinette Kowal
Dans deux genres différents, ces deux autrices américaines ont renouvelé la SF américaine dite classique. L’une avec sa saga Murderbot renouvelle le space opera d’aventure en nous plaçant dans la « peau » d’un androïde de sécurité découvrant la conscience de soi et la difficulté de vivre avec des humains et d’autres « artificiels ». L’autre, avec sa série The Lady Astronaut, dont le troisième volume The Relentless Moon vient de sortir en VO et le premier sera disponible prochainement en VF, propose une dystopie au goût de conquête spatiale qui met des étoiles dans les yeux de tous les astronomes et astronautes amateurs. À noter que ces deux autrices écrivent également de la fantasy et du fantastique, mais je n’ai pas lu ce qu’elles proposent dans ces genres. (EDIT en 2022 : toujours pas lu encore dans ces genres.)

Luce Basseterre
Restons la tête dans les étoiles, avec une autrice française dont c’est le genre de prédilection et qui, en trois romans, arrive à proposer des univers pleins de races variées avec un beau mélange entre action, émotion et réflexion et qui joue avec le genre pour laisser son lectorat s’évader la tête dans les étoiles tout en lui offrant quelques perles de sagesse et de tendresse. Et en plus, elle a des vaisseaux vivants ! Mais la dame sait aussi sertir de petites nouvelles dans les différents genres de la SFFF pour notre plus grand bonheur !

— Floriane Soulas
Avec seulement trois romans à son actif, la dame a su s’imposer dans des genres très différents. Du steampunk viscéral de Rouille au space opera des Oubliés de l’Amas (chronique à venir un samedi prochain) en passant par une histoire d’urban fantasy se déroulant au Japon, Les Noces de la Renarde, cette autrice sait entraîner le lecteur à sa suite en lui proposant des univers à chaque fois très immersifs et très différents les uns des autres. À suivre absolument !

 Rivers Solomon
Non-binaire, Rivers Solomon a une plume riche et dense qui est indispensable à la littérature de l’imaginaire actuelle, justement parce que celle-ci va aborder selon des angles très différents des thèmes forts comme la différence, l’injustice, le handicap, le genre, la féminité, et bien d’autres sujets. Si je l’avais découverte avec L’incivilité des fantômes, c’est Sorrowland qui m’a définitivement convaincue de la puissance de son écriture.

— Yumiko Shirai
Dans les mangas japonais, l’imaginaire sous toutes ses formes prend une grande place. Et surtout il n’y a pas – du moins dans ce que nous lisons traduit en France – de préjugés sur ce qu’une femme peut écrire ou non. Et s’il y a de nombreuses mangakas qui se sont essayées à la SF (dont Akane Torikai qui reste meilleure en autrice de polar), Yumiko Shirai ne produit quasiment que dans ce genre. Et sa série Wombs, terminée en cinq volumes, est un modèle du genre. Mêlant science-fiction militaire, maternité et réflexion sur l’altérité, son œuvre est particulièrement riche et, à mon avis, c’est une excellente porte d’entrée vers la lecture de manga pour les fondus de SF qui n’ose pas aborder cette forme de lecture.

 Becky Chambers
Avec l’Espace d’un an et ses suites, Becky Chambers s’est imposée dans la version optimiste de la SF tendance « hopepunk ». Elle montre avec Apprendre, si par bonheur, qu’elle peut aussi se livrer à une réflexion plus dans la tendance « hard SF » toute en mélancolie et en douceur. Et sa nouvelle série The Monk & The Robot , entamée avec A Psalm for the Wild-Built (Un Psaume pour les recyclés sauvages attendu pour la rentrée chez l’Atalante) s’annonce tout aussi optimiste et douce, mais en interrogeant les relations entre les humains et les robots. Prometteur, non ?

— Gail Simone
J’aurais pu citer ici de nombreuses scénaristes de comics ici comme Marjorie Liu (de Monstress) ou G.Willow Wilson, la créatrice de Ms Marvel, mais Gail Simone est chère à mon coeur de lectrice (et pas uniquement parce que j’ai eu le bonheur de la traduire en fantasy). Qu’elle écrive des histoires de super-héros pour Marvel ou pour DC, qu’elle s’aventure dans l’heroïc fantasy donc ou même dans l’horreur pure, cette scénariste sait capter l’attention et surprendre. Soit avec des personnages créés de toutes pièces, soit en apportant plus de profondeurs à des figures connues du genre.

— Ada Palmer
Première œuvre de fiction et déjà un monument ! Qui dit mieux ? Avec Terra Ignota divisée en quatre romans (Trop semblable à l’éclair, Sept Redditions, La Volonté de se battre et Perhaps the Stars – lui même divisé en deux en version française tellement il est dense avec la sortie du dernier volume en octobre chez Le Belial’), Ada Palmer a inventé un univers parfaitement cohérent, créé des personnages attachants, forcé son lecteur à changer ses habitudes et ses a priori pour encore tout déconstruire d’un livre à l’autre et proposer une fin qui ouvre de nouvelles possibilités. Si vous êtes allergiques aux casse-têtes, aux jeux de langage et à la philosophie des Lumières, fuyez… Sinon, prenez le temps de découvrir ces textes et savourez les.

Cette liste correspond à mes incontournables à un instant T. Dans un mois, elle pourrait varier. Et d’autres autrices que j’apprécie pourtant énormément n’y figurent pas. Alors que demain elles y seraient. Et vous ? Qui considérez vous comme des autrices incontournables de l’imaginaire ? Hormis notre mère du genre à tous, Mary Shelley ?

3 réflexions sur « Les incontournables (au féminin) de la SFFF »

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