Station Metropolis direction Coruscant

Et si la science-fiction, même dans ses œuvres les plus proches de la pop culture que sont les gros blockbusters hollywoodiens, nous en apprenait plus sur le monde d’aujourd’hui ? Si vous lisez régulièrement ce blog, vous saurez que j’en suis convaincue. Et Station Metropolis direction Coruscant d’Alain Musset paru dans la collection Parallaxe consacrée aux essais de Le Bélial’, en est une preuve supplémentaire.
Plus particulièrement, ce livre prend un angle d’étude originale : les villes imaginées par la science-fiction et plus exac
tement, les grandes métropoles tentaculaires comme les fameuses Metropolis (celle de Fritz Lang, celle de Rintaro est superbement ignorée comme, à l’exception de Gunnm et Blame!, la majorité des productions japonaises récentes) et Coruscant du titre. Mais également la Trantor de Fondation, les garennes de Dosadi ou les monades urbaines imaginées par Robert Silverberg. Même la cité d’Avance rapide et les reconstitutions numériques du Samouraï virtuel ont droit à leur mention.
Plus qu’un recensement des différentes formes de ville, Alain Musset passe sans arrêt de la fiction à la réalité et retour, pour montre comme la forme des villes et certaines de ses structures (en particulier les gratte-ciels et les centres commerciaux) formatent les sociétés et l’esprit de ses habitants. À chaque grande partie, Alain Musset va s’attacher à un aspect de ces villes géantes : la géographie même de la ville et son impact sur son
environnement, qu’il soit immédiat ou galactique ; la stratification par classe sociale et par hauteur de lieux de vie ; la géographie de la peur entre bidonvilles, mafia et criminalité ordinaire ; et le contrôle de la ville ou de certains de ses espaces sur ses habitants, nos fameuses « smart cities » mises en avant par les industriels actuels.
Disons-le franchement, Alain Musset n’est pas tendre avec l’habitat urbain, qu’il soi
t actuel ou futuriste. Et encore moins avec les différentes politiques de la ville et tendances économiques en cours ou imaginées dans le futur. En revanche, il arrive à faire d’un sujet a priori plutôt aride un livre passionnant et richement documenté. Et me faire voir la saga Star Wars sous un angle prolétaire relève d’un tour de force pas toujours évident pour cette grosse machine à sous passée dans le giron de Disney. Vous lirez ce livre rapidement d’une traite, même s’il ne s’agit pas d’une fiction, puis vous y reviendrez par petits bouts pour retrouver une idée en particulier ou une référence qui vous donnera envie de reprendre sous un autre angle un livre, une série ou un film. Personnellement, je vais me replonger dans certaines des aventures de Valérian et Laureline en BD.

Station Metropolis direction Coruscant
d’Alain Musset
Éditions Le Bélial’

Avis d’invitée : Les 7 vies de Léo Belami

Elle nous avait déjà proposé un coup de cœur aux débuts de ce blog, Fiona toujours aussi amatrice de lecture, nous conseille ce livre découvert à l’occasion du Salon du Livre et de la Presse de Jeunesse : Les 7 Vies de Léo Belami de Nataël Trapp,  une enquête à travers le temps.


« En 1988, le jour de la fête du lycée Marcel-Bialu, Jessica Stein, une jeune fille de 17 ans a été assassinée à Valmy-sur-Lac. Trente ans plus tard, une semaine avant l’anniversaire de la mort de celle-ci, un élève lambda nommé Léo Belami se réveille dans un autre corps, une autre année… Il est de retour en 1988. Il est dans le corps de Daniel Marcuso, élève au lycée, photographe pendant son temps libre et… harcelé par Jessica Stein et ses amis. Durant cette journée, Léo va découvrir que Jessica n’est pas telle que le dépeignent les habitants de Valmy-sur-Lac… Le lendemain, retour en 2018, dans son corps à lui. Et le surlendemain, Léo retourne en 1988, dans un autre corps, puis dans le sien, cela jusqu’à la fin de la semaine où dans le corps de Jessica, le jour de sa mort, il va découvrir la vérité sur son meurtre…
J’ai beaucoup aimé ce livre. Il est très prenant. Les allers-retours entre 2018 et 1988 dans des corps différents rythment bien l’histoire. Le suspense reste jusqu’au bout du livre. Le lecteur passera par toutes les émotions “classiques” de la romance à l’action en passant par l’humour. Cela pourrait rendre ce livre banal, mais l’histoire est originale, donc on ne s’ennuie pas. Étant encore au collège, j’ai retrouvé pas mal de situations propres au milieu scolaire, que ce soit en 1988 ou en 2018, ce qui m’a beaucoup amusée. J’ai aussi aimé e fait que malgré l’écart de temps (et donc les changements technologiques et autres), la vie au lycée ne soit pas si différente que ça entre les deux époques, ce qui fait que le personnage principal n’est pas totalement perdu sur les sujets scolaires. »

Les 7 vies de Léo Belamy
de Nathan Trapp
Éditions Versilio/Robert Laffont

Hante Voltige

Vous aimez les films de « slasher », ce genre roi de l’horreur des années 80 ? Vous aimez Paris et ses coulisses ? Vous aimez les histoires de fantômes et de vengeance ? Si vous avez répondu « oui » à l’une de ces questions et que vous chercher un livre court et percutant, alors jetez un œil à Hante Voltige de Nelly Chadour.
Comment définir ce roman ? Imaginez un film d’action ou d’horreur, du genre Esprits rebelles ou Candyman, où punks et goths d’un côté affrontent des motards spectraux adeptes du coup de matraque fatal de l’autre, le tout dans et sous Paris, et sa banlieue. Jetez-y au milieu un réseau clandestin de retraités maghrébins, des entités étranges et de la magie ; des pantoufles plus redoutables que le .44 Magnum de l’inspecteur Harry. Secouez-le tout, condensez en un peu moins de 200 pages, saupoudrez d’humour et de nombreux clins d’œil à la pop culture de l’époque et vous obtiendrez Hante Voltige.
Avec ce roman, Nelly Chadour reproduit assez
fidèlement une certaine frange du Paris des années 80, entre révolte et espoir, bien loin des yuppies de la Défense qui sont habituellement représentatifs de l’époque. Que vous ayez vécu cette période vous-même ou non, vous dévorerez ce livre avec plaisir. Les plus jeunes rateront peut-être quelques références, mais cela ne freinera pas pour autant leur lecture.
Attention la durée de vie de Hante Voltige est limitée. Acheté lors des Rencontres de l’imaginaire le samedi, je l’ai fini le dimanche soir suivant. Qui à en relire certains passages et à obtenir des regards curieux dans le métro en éclatant de rire devant certains paragraphes. Une fois la dernière page tournée, il ne me restait plus qu’à revenir en arrière m’attarder sur les illustrations de Melchior Ascaride ou à me demander si le film fictif en fin serait du même niveau que la saga des Maniac Cop. Ami lecteur, bon retour vers le futur !

Hante Voltige
de
Nelly Chadour
Éditions
Les Moutons électriques

Les bras de Morphée

Si j’avais souvent croisé les éditions de L’Homme sans nom sur différents salons, je n’avais jamais rien lu d’eux. J’ai profité des promotions numériques liées au Mois de l’imaginaire pour découvrir à petits prix certains titres. Parmi eux, Les bras de Morphée de Yann Bécu a retenu mon attention. Et pourtant le pitch de départ ne m’attirait qu’à moitié. Dans un monde où le sommeil s’est emparé d’une grande partie de la population, un professeur de français ne dormant que 12 heures par jour occupe une partie de son temps en jouant les trolls professionnels et les détectives privés.
Sauf que ce pauvre professeur, Pascal Frimousse, porte bien son nom et n’est pas trempé ni comme un caïd ni comme le roi des magouilleurs. Dans une Prague chimérique où les licornes sont carnivores et les chiens des mets de choix, il va se lancer à la poursuite d’un homme qui aurait trouvé le remède et pourrait à nouveau réveiller l’humanité. Le tout avec un nombre impressionnant de digressions et de rencontres avec des personnages hauts en couleur du gang des mamies mafieuse aux différents patrons de bar et à leurs manies étranges, sans compter un mathématicien qui voit des androïdes à tous les coins de rue et une authentique cagole marseillaise en attachée militaire à l’ambassade.
Si la trame de l’histoire est légère, et l’explication de l’épidémie de sommeil vite expédiée, le monde dépeint par Yann Bécu dans Les
bras de Morphée est intéressant et bien mené. L’humour et l’ironie sont présents tout au long du récit avec de pures trouvailles, notamment parmi les différents Dumas écrivains ou le passage du bac français à l’oral. Le tout servi dans un livre court qui a bien occupé mes quelques heures d’insomnie.

Les bras de Morphée
de Yann Bécu
Éditions de l’Homme sans nom

Nouvel horizon

Les salons littéraires sont toujours une occasion en or pour découvrir de nouvelles plumes, notamment en auto-édition. C’est toujours le cas du Salon Fantastique, où j’avais découvert lors d’une précédente édition 1974 d’Arnaud Codeville. Cette fois-ci, je me suis laissée tenter par Nouvel horizon de Yann-Cédric Agbodan-Aolio. Perdue dans des allées consacrées particulièrement cette année consacrées à la fantasy et au fantastique, je cherchais un roman de pure SF. Je ne fus pas déçue.
Court, Nouvel horizon
se passe à la fin du 21e siècle au cœur du continent africain. Il part d’un double postulat : le dérèglement climatique et l’accession à la conscience des intelligences artificielles. En 2088, après avoir été éreintée par un réchauffement climatique d’origine humaine, la Terre a subi une deuxième catastrophe : la perte de puissance du Soleil qui la fait passer désormais dans une ère glaciaire. Guidé par une intelligence artificielle ayant pris la tête du successeur de l’ONU, ce qui reste de l’humanité se préparer à migrer pour Vénus au prix de grands sacrifices. Sauf que de méchants capitalistes leur mettent des bâtons dans les roues.
Même s’il a été écrit en 2017 par un auteur bien trop jeune pour y avoir participé,
Nouvel Horizon a un côté « âge d’or de la collection Anticipation » qui n’est pas déplaisant. Chaque camp est clairement défini, et au final le Bien triomphe du Mal, avec en guise de conclusion une description de Vénus en nouvelle planète bleue de l’humanité, digne d’un prospectus d’agence de voyages.
Dans la forme, les notes de bas de page à chaque explication technique ont un peu freiné ma lecture. En revanche, sur le fond, Nouvel Horizon tient toutes ses promesses : pendant quelques heures, je me suis pleinement détendue en rêvant de conquêtes spatiales et d’une humanité augmentée. Bravo ! Du coup, je me risquerais surement à découvrir les aventures de ces personnages dans d’autres univers parallèles comme le propose
Yann-Cédric Agbodan-Aolio en variant les genres à chaque livre.

Nouvel Horizon
de
Yann-Cédric Agbodan-Aolio
www.yanncedric-agbodanaolio.com

 

Six petites gouttes de sang

Encore un livre, ou plutôt un pavé, reçu à l’occasion du Mois de l’imaginaireSix petites gouttes de sang est l’occasion pour moi de découvrir Michel Robert, alors qu’avouons-le clairement son genre de prédilection n’est pas du tout dans mes lectures favorites. Hormis Glen Cook (La Compagnie noire, Les Instrumentalités de la Nuit) et le cycle de Malazan, la dark fantasy classique manque certainement de charmes à mes yeux. Heureusement Six petites gouttes de sang n’est pas de la fantasy, mais… Du western. Mâtiné juste ce qu’il faut de sorcellerie (indienne ou européenne) et de gros monstres pour satisfaire les amateurs de fantastique.
Un
Européen peut-il faire un bon western ? Sergio Leone nous en avait apporté la preuve en film, Michel Robert s’en charge en livres. Même si personnellement je trouve ses personnages plus proches de la série des Trinita que de la Trilogie du dollarNous suivons donc dans Six petites gouttes de sang, Largo Callahan mi-Apache, mi-Irlandais alors qu’il est à la tête d’un gang de voleurs. Celui-ci, voulant mener une vengeance contre les assassins de son père et trouver sa place dans cet Ouest sauvage où les métis ont une position bancale, se retrouve embauché par une comtesse italienne pour retrouver de mystérieux objets dans des missions de plus en plus lucratives, mais également de plus en plus étranges et sanglantes.
Pendant presque tout le premier volume, le fantastique est quasiment absent de l’histoire : les personnages sont introduits, on explore un peu le côté vengeance, etc. Les premiers éléments fantastiques arrivent dans le dernier quart du livre. Ils se développeront dans le deuxième volume, mais sans jamais prendre l’ascendant par rapport à l’aspect western du roman. Autrement dit, pour arriver au bout de Six petites gouttes de sang, mieux vaut vous passionner pour les histoires de cowboys et d’Indiens et aimer faire parler la poudre…
Et que ce soit dans l’aspect western, comme dans l’aspect fantastique, n’ayez pas peur des bains de sang ni de la crasse. Il n’y a certes pas de la violence à toutes les pages, mais quand Michel Robert décide d’en mettre, il ne s’embarrasse pas d’euphémisme. Notons que le style d’écriture est dans le même ton : il s’agit d’aller au plus efficace, au plus percutant, pas du tout de faire de belles phrases ou de suggérer une atmosphère avec sa plume. Si Six petites gouttes de sang est dans la collection Outrefleuve, il ne dépareillerait pas non plus dans la collection sœur Fleuve noir. Le seul gros reproche que je ferais à ce livre est son découpage. En effet, il a été scindé en deux volumes (sortis avec plusieurs mois d’écart en grand format) et le premier s’arrête au beau milieu d’une scène d’action. J’ai eu la chance de les lire l’un derrière l’autre, mais du coup, je me retrouve avec deux formats différents pour une même histoire… Assez peu pratique, vous en conviendrez.

Six petites gouttes de sang
de
Michel Robert
Éditions
Fleuve

Contes et récits du Paris des merveilles

Avec Contes et récits du Paris des Merveilles, Pierre Pevel revisite l’univers de sa trilogie (Les enchantements d’Ambremer, Le Royaume invisible et l’Élixir d’oubli), le temps de six nouvelles assez conséquentes. Deux sont de sa plume, Veni, Vidi, V et Sous les ponts de Paris. Et les quatre autres sont d’autrices et auteur invitées. Si certaines mettent en scène Louis Griffont, Isabel de Saint-Gil et les autres personnages de la trilogie initiale, la majorité présente des protagonistes originaux.
L’esprit tout en légèreté des romans est respecté avec toujours un savoureux mélange avec des
personnages historiques. Des races sous-exploitées dans la trilogie originale comme les elfes, les trolls ou les chats-ailés vont parfois se retrouver au premier plan avec un résultat délicieux. Le Moriarty imaginée par Bénédicte Vizier dans Une enquête d’Étienne Tiflaux, détective changelin est à cet égard une réussite absolue. Chaque nouvelle a sa propre voix et son propre ton : plus aventureux dans L’urne de Râ, plus mélancolique dans Les Portes de l’Outremonde et clairement humoristique dans Sous les ponts de Paris. Pourtant le livre dégage une harmonie réelle.
En comparant avec la trilogie initiale, ce format des nouvelles évite ce qui m’avait agacée alors, à savoir certaines longueurs et les apartés de Griffont en direction de son lectorat. Cette taille est finalement plutôt bien adaptée à cet univers.
La taille courte des textes permet d’explorer des vignettes intéressantes de ce Paris enchanté, et le passage d’un auteur à l’autre assez rafraîchissant. De plus, si vous n’avez pas lu la trilogie initiale, vous pourrez commencer par ce recueil sans être totalement perdus.

Contes et récits du Paris des merveilles
de Pierre Pevel, Catherine Loiseau, Benjamin Lupu, Sylvie Poulain et Bénédicte Vizie
r
Éditions Bragelonne

Mois de l’imaginaire : lus en passant

Avec la combinaison de la rentrée littéraire et du Mois de l’imaginaire, j’ai reçu et acheté pas mal de livres. Certains sont toujours en cours de lectures, mais deux d’entre eux ont déjà été lus.

I am vampire

Celui-ci m’a été remis en main propre par l’auteur lui-même. Je l’ai donc lu en priorité, le temps d’un aller-retour en transport entre Paris et Brétigny-sur-Orge, soit pour les non-Parisiens grosso modo un peu plus de deux heures. L’auteur explique lui-même écrire en consommant énormément de vodka, peut être que la lecture devrait être elle aussi alcoolisée pour particulièrement apprécier le texte ? I am vampire raconte l’histoire de Bert, artiste « maudit » sans le sou ivrogne et parasite de la société, alors qu’il se rend compte qu’il devient peu à peu vampire. L’individu en question n’est pas particulièrement ni sympathique (mais aucun des personnages ne l’est) ni intelligent. En revanche, il a un égo surdimensionné et ne souffre visiblement pas du syndrome de l’imposteur. Même si j’ai lu I am vampire sobre, la lecture en fut rapide et plutôt agréable dans l’ensemble. L’action n’arrête pas une seconde et part dans tous les sens. C’est enlevé, le style est populaire et oui, j’ai ri devant le grotesque de certaines scènes. Pour autant, l’histoire est très, très décousue et donne l’impression que l’auteur raccroche les fils au fur et à mesure, avec quelques ratés (l’histoire se passe à Paris ou dans une petite ville de province ?), et la fin tombe franchement à plat. Si vous attendez à une histoire de vampirisme solide, passer votre chemin. Si vous aimez ce genre de livre déjanté, foncez.

I am vampire
de Romain
Ternaux
Éditions Aux Forges de Vulcain

La forêt des araignées tristes

Voici un gâchis de 610 pages. L’univers steampunk décrit par Colin Heine est particulièrement intéressant, avec des villes construites à la verticale pour émerger d’une brume couvrant le monde d’où sortent d’étranges et dangereuses créatures. La société qui s’est formée, pompée sur la Révolution industrielle montre bien le contraste entre la classe aisée bourgeoise, ses gargouilles, et ses dirigeables, et les classes populaires industrieuses reléguées au bas des piliers au plus près de la « vape » et de ses dangers. Ajoutez-y une touche d’exploration lointaine et une intrigue policière et vous auriez de quoi faire un excellent roman.
En fait, non. Les personnages sont plats au possible, sauf Agathe la gouvernante, et les diverses intrigues sont inintéressantes. Même le serial killer est fade et sans intérêt. Et les araignées dans tout ça ? Elles apparaissent sans rime ni raison. Et n’ont aucun rapport avec le reste de l’intrigue, si ce n’est sauver la vie du personnage principal à chaque fois qu’il se met tout seul dans un mauvais pas en lui flaquant systématiquement une belle frousse à lui casser les cordes vocales. Du coup, la fin, une version dirigeable du naufrage du Titanic, devient confuse et ne résout même pas l’intrigue principale. Même si l’achat en numérique de ce livre ne m’a coûté que 2,99 € avec la promotion Mois de l’imaginaire, j’avoue songer à demander un remboursement.

La forêt des araignées tristes
de Colin Heine
Éditions ActuSF

Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant

Ayant eu l’occasion professionnellement de me pencher sur le folklore japonais et les yokaï, je déplorais l’absence de livres sur le sujet dans ma bibliothèque. Une amie, qui connaît ma passion pour les légendes urbaines a eu l’idée de m’offrir Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant de Stéphane L. Gabriel, autoédité chez Amazon Publishing.
Qu’elle en soit remerciée. Le texte souffre de
défauts importants, mais il se dévore et s’avère une mine d’informations.
Commençons par les défauts. C’est tout simple : il n’a pas été édité. Les fautes d’orthographe (principalement de l’inattention) sont nombreuses, de même que les homonymes utilisés à mauvais escient. Cela ne freine pas la lecture, ceci dit. C’est juste très agaçant à la longue. La mise en page semble, elle aussi, conçue pour un format un poil plus haut que le livre papier final. Du coup,certaines histoires commencent parfois dans la foulée de la précédente au lieu de commencer sur une page dédiée.
Ce point réglé,
Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant se révèle très intéressant. Même s’il parle de mythes connus comme le Kappa ou ceux ayant inspiré The Ring et ses suites cinématographiques, il ne s’en contente pas et propose des légendes et rumeurs différentes, ainsi que des jeux à se faire peur propres au Japon et à l’Asie. Même en connaissant bien le domaine, vous y apprendrez toujours quelque chose. À prendre toutefois avec des pincettes puisque Stéphane L. Gabriel retranscrit en prenant pour argent comptant la vieille histoire du contenu satanique de titres rocks réécoutés en sens inverse… Si vous êtes amateur de légendes urbaines, voici qui élargira vos horizons. Et vous incitera à aller plus loin.

Légendes urbaines, mythes et racontars au pays du Soleil Levant
de Stéphane L. Gabriel
disponible via Amazon Publishing

Notes de lectures estivales

Les vacances sont également le temps de lire ou relire des livres. Tous ne méritent pas une chronique dédiée, par leur qualité, leur sujet ou par le fait qu’ils se rattachent à d’autres livres. Voici néanmoins un aperçu de mes dernières lectures

Lies Sleeping

Je vous ai parlé de Rivers of London, n’est-ce pas ? Depuis les deux premiers livres de la série lus et chroniqués, j’ai continué les aventures de Peter Grant (en romans uniquement je n’ai pas plongé dans les comics). Cette dernière histoire, Lies Sleeping, marque la fin de l’affrontement de Peter Grant avec Mr Punch d’un côté et avec The Faceless Man de l’autre, en attendant l’entrée dans un nouveau cycle d’aventure à l’automne. Ici, le jeune homme se débrouille de mieux en mieux avec la magie et la psychologie des créatures surnaturelles. Il a tout de même quelques difficultés pour effectuer correctement son travail de policier et gérer sa vie de famille, et surtout sa belle-famille. Passé l’effet de surprises de Rivers of London, le reste de la saga de Peter Grant constitue une série d’urban fantasy plaisante à lire et solide. Même si chaque volume se distingue peu des précédents. À lire pour les amateurs du genre.
Lies Sleeping
de Ben Aaronovitch
Éditions Gollancz

Noire Magie

En été, je consomme beaucoup de livres d’horreur. Et la vieille collection Pocket Terreur reste l’une de mes sources favorites. Ce Noire Magie de Tom Tryon est un cas à part. Entamé dans la plus haute antiquité égyptienne, il se déroule ensuite dans une version moderne de New York avec la rencontre entre un magicien de rue et un sorcier hors d’âge. Plaisant à lire avec des tournures de phrases virevoltantes, le rythme est en revanche plutôt lent et l’action tarde à décoller. Ce qui est dommage pour ce type d’ouvrage. Attention si le texte a été écrit à la fin du 20e siècle, il y a dans certaines descriptions des relents racistes assez désagréables.
Noire Magie
de Tom Tryon
traduction de
Elisabeth Vonaburg
Éditions
Pocket

Moi, Lucifer

Voici un livre que j’aurais aimé aimer. Hélas, le texte est tellement décousu et répétitif que je l’ai abandonnée en cours de route sans la moindre envie de le reprendre. L’histoire se veut une autobiographie de Lucifer lui-même, coincé dans le corps d’un écrivain raté pour un mois avant de potentiellement regagner sa place au Paradis. N’est pas John Milton qui veut, et Glen Duncan est loin d’avoir le talent de son prédécesseur. L’accumulation d’allusions grossières pour choquer le lectorat ne fait que le lasser sans être justifiée par une vraie intrigue. À éviter !
Moi, Lucifer
de Glen Duncan
traduction de Michelle Charrier
Éditions Folio SF

C’est dans la poche !

En lectrice de science-fiction de longue date, le nom de Sadoul ne m’était pas inconnu que ce soit par la fille, Barbara, spécialiste des vampires ou par le père, Jacques, grâce à qui bien des noms de la science-fiction anglo-saxonne ont été découverts en France. Ce livre de souvenirs raconte les aventures professionnelles du père de ses débuts à la faculté à Paris à son départ à la retraite. Le tout est traité par année en mettant face à face la grande actualité et le quotidien de Jacques Sadoul. Que le personnage vous soit sympathique ou non (et vous changerez plusieurs fois d’
avis au cours de ces pages), cette autobiographie se lit avec grand plaisir. Elle fourmille d’anecdotes non seulement sur le monde de la science-fiction, mais également sur celui de la BD et le milieu de l’édition et de la presse en général. À charge pour le lecteur de démêler la réalité des enjolivements.
C’est dans la poche !
de Jacques Sadoul
Éditions
J’ai Lu

Literary Life

Si vous travaillez de près ou de loin dans le monde du livre, ou si vous avez des personnes de cet univers dans votre entourage, cette BD est un petit bijou. Elle vous fera sourire, rire, mais également grincer des dents au fil des pages. À travers de différentes chroniques, la caricaturiste Posy Simmonds se moque des travers des auteurs, des éditeurs, des chroniques, des libraires, bref de tout le petit microcosme littéraire. Mais toujours avec une certaine tendresse, mélangeant douceur et acidité à la manière des meilleures marmelades britanniques.
Literary Life
de Posy Simmonds
traduction de Lili Sztajn et Corinne Julve
Éditions Denoël