Marmite et micro-ondes : une mise en bouche

La plate-forme de crowdfunding Ulule regorge d’œuvres littéraires ou de magazines cherchant à financer leur publication par leurs lecteurs. Certaines d’entre elles ont attiré mon œil et ma carte bancaire, comme l’anthologie Marmite et micro-ondes qui mêle récits de l’imaginaire et cuisine. En guise d’apéritif, j’ai eu le privilège de lire La Troisième dimension, la nouvelle de Romain Lucazeau figurant parmi les vingt textes de cette anthologie.
Courte, La Troisième dimension mélange habilement des thématiques à mi-chemin entre certains textes de Mark Twain (qui n’a pas écrit que Les aventures de Tom Sawyer) et ceux d’Adrian Tchaïkovsky, avec un style penchant vers le steampunk sauf que… Anthologie oblige, tout se passe à l’intérieur d’un réfrigérateur parisien… Et je ne vous en dirais pas plus pour ne pas divulgâcher toute la saveur de ce texte d’une vingtaine de pages. Elle est tout bonnement alléchante et donne envie de poursuivre sa dégustation par les autres textes de cette anthologie. Et qui sait, si le palier des 8500 € est franchi, avoir droit à une double ration avec une deuxième tome ?

Marmite et micro-ondes
Anthologie coordonnée par Vincent Corlaix et Olivier Gechter
À paraître aux éditions Gephyre

Nos héros sont malades

Attirée par la couverture à l’occasion d’une discussion sur Twitter, j’ai finalement craqué pour ce livre parlant psychiatrie et cinéma. Signé par le Dr Christophe Debien et illustré par Ben Fligans, Nos héros sont malades est à la fois très amusant à lire et très didactique.
Attention, vous ne sortirez pas de ce livre en étant capable de poser un quelconque diagnostic sur l’état mental de vos concitoyens. En revanche, vous aurez appris énormément sur les différentes maladies mentales et découvert les différences, voire les oppositions, entre les représentations classiques telles que nous les montre
nt le cinéma et les séries TV et la réalité du terrain.
Plutôt que d’étudier un personnage ou un film après l’autre, l’auteur s’attache à présenter plusieurs thématiques regroupées en séances, après une introduction sur le développement parallèle du cinéma
et de la psychiatrie. La première séance s’intéresse au stress post-traumatique sous toutes ses formes, la deuxième à la schizophrénie trop souvent présentée dans le monde de la culture comme un trouble de personnalités multiples ou le fait d’entendre des voix, la troisième se penche sur la dépression, la quatrième sur les troubles bipolaires, la cinquième est entièrement consacrée au suicide et à la série 13 reasons why sur Netflix (que je n’ai pas vu), la sixième s’occupe des psychopathes et sociopathes et la dernière s’intéresse aux thérapeutes et aux thérapies telles qu’elles sont montrées à l’écran.
Nos héros sont malades ne se veut pas exhaustif et n’aborde pas tous les troubles possibles : on n’y parle pas des représentations de l’autisme ou des troubles du comportement tels que l’anorexie ou les TOC par exemple, même si ceux-ci sont
aussi représentés à l’écran. En revanche, dans les thèmes abordés, il est passionnant et vous donnera forcément envie de voir ou revoir certains films comme Bringing Out The Dead de Martin Scorsese, Une femme sous influence de John Cassavetes ou Donnie Darko de Richard Kelly. De plus, l’auteur propose à la fin de chaque « séance » une sélection de films et séries illustrant les thèmes abordés. De quoi prolonger votre lecture par quelques heures devant l’écran.

Nos héros sont malades
De
Christophe Debien et Ben Fligans
Editions
Humensciences

Clément Coudpel contre les spectres de la Samain

Connaissant principalement Livr’S à travers les deux plus récents livres de Graham Masterton et un polar futuriste, je me suis laissé tenter par la couverture de celui-ci. Signé Manon d’Ombremont, Clément Coudpel contre les spectres de la Samain a tout d’un roman fantastique jeunesse. Et quoi qu’en dise l’autrice, c’en est un, même si son protagoniste principal, grand amateur de manga et d’anime, dirait qu’il commence comme un shonen pour finir en seinen. Ou plus exactement qu’il ne se termine ni sur un happy end parfait, ni sur une tragédie, mais sur une fin douce-amère comme l’est souvent la vie.
De quoi parle Clément Coudpel contre les spectres de la Samain ? Du jeune Clément C., issu d’une famille de macrales (c’est à dire sorciers en wallon) qui, traumatisé par la mort de sa mère lors d’un rituel, rejette son héritage magique et veut vivre comme n’importe quel autre adolescent de 13 ans : à s’ennuyer en cours, jouer sur son ordinateur et lire des mangas. Sauf que les autres macrales de la région insistent pour qu’il prenne sa place au Cénacle, que sa sœur perd la mémoire, que sa tutrice bien que réduite à l’état de spectre lui mène la vie dure et que l’oncle de la famille est un immortel plus tellement très frais. À l’approche de la Samain, sa rébellion adolescente va libérer d’anciennes rancœurs et avoir des conséquences désastreuses. Y survivra-t-il ?
Après deux livres aussi denses que passionnants, lire
Clément Coudpel contre les spectres de la Samain fut une respiration bienvenue. Très agréable, il se dévore très vite grâce à des chapitres particulièrement courts. Son mélange constant entre différents univers magiques et culture geek est très plaisant. Et l’autrice évite les clichés avec des personnages qui ressemblent à des oignons : chaque couche en cache une autre…

Clément Coudpel contre les spectres de la Samain 
De
Manon d’Ombremont
Éditions L
ivr’S

Le Chant des Fenjicks

Dans le même univers que La Débusqueuse de mondes, Le Chant des Fenjicks de Luce Basseterre n’est pas une suite, mais une préquelle, quelques années ou siècles auparavant, longévité des personnages oblige.
Ici, Luce Basseterre va revenir à un classique du space opera : la guerre spatiale. Ou plutôt la guérilla de libération des cybersquales, ces grandes baleines cosmiques transformées en taxi robotisé et lobotomisé par les Chaleks, un empire regroupant plusieurs peuples sentients, mais dominé par des caméléons hermaphrodites et plutôt psychorigides dans leurs comportements et leurs conceptions de la vie.
Pour autant, l’autrice ne va pas nous livrer une histoire classique avec d’un côté les bons et de l’autre les méchants, ou même les méchants
affrontant d’autres, encore plus méchants. Luce Basseterre nous plonge dans un récit choral nous invitant à suivre plusieurs personnages qui seront impliqués dans cette libération. Chacun d’eux part avec ses idées préconçues et pense être du bon côté de la barrière, avant d’évoluer au fil des événements. Pire, le premier tiers du récit nous fait suivre Waü Nak Du, jeune Chalek affecté à la conversion des Fenjiks en cybersquale, et Smine Furr, jeune félidé sur une planète en train d’être colonisée par les Chaleks. Par la suite, ils seront rejoints par d’autres personnages : squales, félidés, humains, reptiles ou plantes divers et variés… Dont un nom bien connu des lecteurs de La Débusqueuse de mondes.
Si le ton entre les deux livres est différent, Luce Basseterre réussit encore son pari. Même plongés en pleine guerre avec une grande capacité destructive, les personnages sont tout sauf des guerriers : ce sont des hackers, des bricoleurs ou tous simplement des gens qui, pris dans des événements qu’ils ne contrôlent pas, veulent reprendre le cours de leur vie. Et si certains en sortent meurtris comme Waü Nak Du ou Samtol, et d’autres ne s’en sortiront pas, à la fin de la lecture de ce livre, c’est l’optimisme, l’espoir et la satisfaction qui domine. Malgré la multiplication des personnages et le passage incessant d’un endroit à l’autre, Le Chant des Fenjicks se lit sans encombre et presque sans escale, une bonne tasse de thé à la main…

Le Chant des Fenjiks
de
Luce Basseterre
Éditions
Mnémos

Les Canaux du Mitan

Après le space opera tentaculaire, après la geste pré-arthurienne, Alex Nikolavitch entraîne désormais ses lecteurs dans un western de fantasy avec Les Canaux du Mitan.
Que vous soyez plus amateur de  Tex en BD, des westerns hollywoodiens oudes westerns spaghetti, Les Canaux du Mitan saura satisfaire vos envies d’Ouest sauvage.
Dans cette version, la plaine est traversée par des canaux construits par les ancêtres des Chokchaws. Les colons ont installé leurs villes pionnières à proximité et des chalands assurent le transport des marchandises, des personnes et des informations. Pourtant les temps changent et l’arrivée de l’héliographe pour l’envoi des messages et des
véhicules à gazogène pour les déplacements. Et si les bateaux parcourant les canaux avaient une autre fonction plus ésotérique. L’un d’entre eux en particulier, un bateau-carnaval avec son cortège de freaks et son mystérieux capitaine qui parfois au cours d’une escale emporte avec lui un enfant « parce qu’il faut toujours un normal à bord du navire. »
L’histoire commence en suivant l’un de ses enfants, Gabriel. Orphelin s’ennuyant ferme dans une ville frontière, il monte à bord du bateau-carnaval pour en découvrir les secrets. À chaque partie, le narrateur change, l’action fait des sauts dans le temps et l’on en apprend plus sur le Mitan, les esprits qui hantent ces terres et ceux qui y ont été amenés de l’autre côté de l’océan par les colons, mais également sur l’histoire des capitaines et la façon dont leur rôle évolue au fil du temps. Le lecteur se retrouve happé par le rythme des canaux, séduit par les tours des saltimbanques, déconcerté par les changements de rythme et de narration, mais ravi par la fin de cette traversée. Et personnellement, j’aimerais en apprendre plus sur le vieux Pays fui par tant de colons… Ou sur les Chokchaws au temps de la construction des canaux. Je vous conseille la version papier si possible de cet ouvrage pour profiter pleinement des illustrations de Melchior Ascaride et notamment de sa couverture à la fois engageante et inquiétante.

Les Canaux du Mitan
D’
Alex Nikolavitch
Éditions
Les Moutons électriques

Le garçon et la ville qui ne souriait plus

Voici un livre qui en temps normal n’aurait pas forcément retenu mon attention. Mais il a trouvé le chemin de ma boîte aux lettres, fut lu et s’avéra une bonne surprise. Destiné à un jeune public, comprendre pour adolescent et préadolescent à peu près, Le garçon et la ville qui ne souriait plus ne doit qu’à un seul élément de se retrouver dans une collection dédiée à l’imaginaire : c’est une uchronie où la France de 1858 est un Empire où l’Église et ses normes exercent une pression forte sur la population. Tout le reste ne relève ni de la fantasy, ni du fantastique et encore moins de la science-fiction, mais bien plus classiquement du roman d’aventures et du récit d’initiation. Les anormaux de l’ile de la Cité ne sont que des êtres difformes de naissance ou par accident, malades, fous ou dont le comportement ne correspond pas « aux bonnes mœurs ».
Nous y suivons donc Romain, jeune adolescent de la bonne société qui cherche à échapper au carcan de sa famille en s’encanaillant dans les rues de Montmartre ou en franchissant la Seine pour espionner l’objet de ses pensées à la Cour des Miracles. Une conve
rsation surprise dans le bureau de son père va tout changer… La construction de l’intrigue est tout ce qu’il y a de plus classique avec un rythme soutenu et des retournements (pas si prévisibles que ça) qui arrivent au bon moment pour finir sur un happy end digne d’un téléfilm dominical.
Et pourtant, j’ai aimé cette balade dans les rues de Paris en compagnie de Romain, Ambroise, Lion et Akou. La forme un peu surannée m’a rappelée les étés où je lisais Alexandre Dumas au fond de la garrigue. Et le récit de cette découverte de soi par Romain et de l’affirmation de son identité est intéressant. Je regrette juste l’absence de rôles féminins forts, mais Le garçon et la ville qui ne souriait plus reste un excellent récit épique pour finir les vacances ou entamer la rentrée. Et bien plus optimiste que ne le laisse supposer sa couverture.


Le garçon et la ville qui ne souriait plus
de
David Bry
Éditions
Pocket

La commode aux tiroirs de couleurs

Parfois je quitte mes genres de prédilection pour m’aventurer vers des romans plus classiques. Découvert au détour d’un supermarché cévenol, La commode aux tiroirs de couleurs d’Olivia Ruiz a suffisamment éveillé ma curiosité pour que je le glisse dans mon panier. De l’autrice, je ne connaissais que quelques mélodies plaisantes et piquantes à fredonner en cuisinant.

Avec ce récit, elle s’essaie pour la première fois à l’écriture d’un format plus long, largement inspiré de sa propre histoire familiale.

L’histoire s’ouvre alors que la narratrice, trentenaire vivant seule à Paris avec sa fille vient de perdre son Abuela, sa grand-mère qui l’a élevé. Celle-ci lui a légué un meuble : la fameuse commode multicolore où chaque tiroir renferme des souvenirs. Ceux-ci sont autant de fenêtres sur la vie de cette ancêtre haute en couleur.

En effet, fille d’un couple de républicains qui choisit le suicide plutôt que la prison, la fameuse Abuela, Rita, fuit l’Espagne de Franco à dix ans avec ses deux sœurs pour atterrir à Narbonne. De ce point de départ, Olivia Ruiz va nous raconter la vie en France de cette femme libre courant en permanence après le bonheur et l’amour. Mais également des autres femmes qui l’entourent et l’aident, qu’elles soient de sa famille ou non.

Plus qu’un énième récit sur la Retirada (dont on ne parle plus passé les tout premiers chapitres) et la difficile intégration des réfugiés espagnols en France, Olivia Ruiz choisit de se consacrer au portrait de Rita. De l’enfant rebelle qui grandit trop vite à la femme en quête d’indépendance puis à la mère et à la matriarche de la famille, celle-ci mène une vie la vie bien remplie à défaut d’être pleinement heureuse.

Le récit est à l’image des chansons de l’autrice : pétillant et enlevé, léger même au moment d’aborder des thèmes graves, il parle joyeusement des choses de la vie qu’elles soient tristes ou gaies. Il n’en faudra pas plus pour que certains esprits chagrins y trouvent matière à critiquer. La commode aux tiroirs de couleurs se lit néanmoins très vite. Olivia Ruiz y donne une vraie épaisseur à l’ensemble de ses personnages. Ce premier essai littéraire a été transformé avec brio !

La commode aux tiroirs de couleurs
d’Olivia Ruiz
Éditions JC Lattès

La divine proportion

Polar futuriste, La divine proportion de Céline Saint-Charle commence de façon assez légère pour finir dans une atmosphère très noire. En cette fin du 21siècle, l’Amérique a sombré dans une théocratique phallocrate. Par réaction, en France, un certain Rollin a été élu président malgré ses élucubrations philosophiques sur le nombre d’or et la loi du Talion (le fameux « œil pour œil, dent pour dent » de l’Ancien Testament). Justement cette dernière est devenue, grâce à de nouveaux développements dans les interfaces homme-machine la pierre angulaire du système judiciaire français. Les criminels sont soumis à un Talion psychique où ils revivent les souffrances de leurs victimes. Pendant ce temps, des flots d’Américaines fuient leur pays et se réfugient en France, condamnées elles et leurs enfants à vivre sans existence légale. Dans ce monde, Lena, jeune journaliste Web au caractère bien trempé (comprendre comme souvent pas facile à vivre pour son entourage) et un inspecteur de police à une semaine de la retraite, vont enquêter sur la disparition de Cerysette de son orphelinat. Et découvrir un complot autour du système du Talion.
Habituée aux polars, j’ai vu assez rapidement où allait mener l’intrigue, mais je me suis laissé
e porter par l’écriture de Céline Saint-Charle et par sa galerie de personnage haut en couleur. Si les deux protagonistes m’ont laissée assez indifférente, car trop classiques, la mère maquerelle, son homme à tout faire et la médecin légiste sont de véritables réussites. L’univers même de cette France à la fois si différente et pourtant si proche de la notre fut une découverte agréable, même si La Divine proportion ne nous en montre qu’un petit bout. La fin en demi-teinte ne promet pas réellement de suite, mais peut-être pourrait-on retrouver d’autres histoires, policières ou non, dans cet univers ?

La divine proportion
de Céline Saint-Charle
Éditions
Livr’S

Cyborgs versus androïdes

Amatrice de films de genre, je ne pouvais qu’être intriguée par un livre consacré aux androïdes et cyborgs et autres robots humanoïdes sur grand et petit écran. Cyborgs versus Androïdes – l’homme-machine au cinéma de Claude Gaillard a donc rejoint ma bibliothèque…
Disons le tout de suite, si vous voulez une anthologie exhaustive ou un panorama complet du genre, passez votre chemin. Malgré la présence de
Terminator en couverture, certains des androïdes et cyborgs les plus célèbres manquent à l’appel, notamment ceux de la saga Alien ou les réplicants de Blade Runner. Quant à la partie Asie, elle est réduite à la portion congrue avec une vague présentation de Ghost in the Shell (plus axé sur le film US que sur les anime) alors que cette thématique est centrale dans le cinéma japonais depuis belle lurette comme le prouvent Tetsuo : The Iron man (1989) et ses suites ou les saga Appleseed et Neon Genesis Evangelion. Il est vrai qu’il faudrait multiplier le nombre de pages par 10 pour avoir une vision d’ensemble du sujet.
En revanche, l’auteur offre son point de vue sur la robotique sur grand et petit écran avec beaucoup de bagoût et une connaissance pointue des films et séries qu’il a sélectionné. Vous ne vous ennuierez pas un instant en le lisant, même si quelques remarques ou avis tranchés peuvent hérisser le poil, en particulier des lectrices. Et vous y découvrirez quelques chef-d’oeuvres ou bons nanars à regarder en bonne compagnie. Et personnellement, une anthologie qui n’oublie pas de mentionner l’une des meilleures comédies SF britanniques qu’est Red Dwarf ne peut que me plaire.

Cyborgs vers Androïdes
de Claude Gaillard
Éditions Omaké

Les tribulations d’Esther Parmentier – Cadavre haché, vampire fâché

Après un gros pavé de science-fiction très littéraire et politique, il faut parfois se délasser les neurones avec une lecture bien plus légère. Profitant d’une opération Masse Critique de Babelio, j’ai alors jeté mon dévolu sur Les tribulations d’Esther Parmentier – Cadavre haché, vampire fâché de Maëlle Desard.
Bonne pioche ! À peine reçu, il a fallu que je le récupère des mains de ma référence adolescente. Il est, en effet vendu dans sa cible, même si celle-ci qui l’a dévoré en une après-midi le trouve sanglant et avec un vocabulaire fleuri (quand je vous dis que les ados sont souvent plus moralisateurs que nous… et plus hypocrite, cette même référence adore les polars gore à souhait). Finalement, posée dans mon canapé je me suis plongée dedans.
Comme son titre l’indique, nous sommes dans de l’urban fantasy. Esther, jeune Bretonne volontairement exilée à Strasbourg s’ennuie dans son stage de comptabilité. De passage par un centre commercial, elle apprend tour à tour qu’elle est une sorcière (sans grand talent), que les créatures surnaturelles (banshee, loup-garous, djinns, goules et autres mélanges…) existent, que certaines sont responsables de la disparition d’adolescents, et qu’elle change de stage pour se retrouver à enquêter sur ces enlèvements avec un vampire particulièrement imbuvable et accro au sucre caféiné.
Au début, le lecteur ne voit pas bien où Maëlle Desard veut l’emmener. Mais, dès les premières lignes, le ton est donné : loufoque, entraînant et mettant à mal certains clichés du genre… Ainsi l’héroïne est magiquement nulle au début de l’histoire et le restera à la fin, ce sont ses talents de détective et son sens de la répartie qui l’aideront, pas des capacités physiques, catastrophiques elles aussi, ou surnaturelles découvertes comme par miracle en cours d’histoire. Outre Esther et le vampire, Loan, l’ensemble des personnages ne manque pas de piquant et de surprises. Réservons une mention spéciale à Mozzie le fantôme à la conduite plus que farfelue et adepte d’emoji et de jeux massivement multijoueurs qui en fait un ectoplasme aussi sympathique que Slimey dans SOS Fantômes. Pour un premier roman, Maëlle Desard a réussi son pari. Je l’ai lu avec grand plaisir, et nous serons au moins deux à guetter la suite ici.

Les tribulations d’Esther Parmentier t.1
Cadavre haché, vampire fâché
de Maëlle Desard
Éditions Rageot