Perhaps the Stars

Avec son cycle Terra Ignota, commencé dans Trop semblable à l’éclair, Ada Palmer invitait son lecteur dans un récit épique de politique-fiction futuriste mêlant philosophie des Lumières et transhumanisme. En octobre 2021, le voyage s’achève pour les lecteurs anglophones avec la sortie du quatrième tome, Perhaps the Stars (à partir en deux parties l’an prochain chez Le Bélial’ tellement le livre est copieux !)
Les deux premiers tomes nous racontaient l’effondrement d’une civilisation à partir d’une simple liste de noms parus dans le journal. Le troisième convoquant Thomas Hobbes au passage narrait La Volonté de se battre et les prémisses d’un nouveau conflit planétaire. Le quatrième va nous chroniquer ce conflit et ouvrir sur la façon dont l’Humanité et ses Dieux vont voir leurs conceptions de l’univers changer. Pour l’occasion, Ada Palmer bouscule les habitudes de son lectorat. Si Hobbes est bien présent en dialoguistes et commentateurs des péripéties, ce ne plus les œuvres des Philosophes du XVIIIe siècle qui constituent le filigrane de son récit, mais les chants d’un certain aède grec aveugle bien bien plus ancien. Et son narrateur initial, Mycroft Canner, cède sa place à une plume plus jeune, plus naïve, mais pas toujours plus fiable, à moins que…
Certes commencer par Perhaps the Stars pour découvrir Terra Ignota serait une très mauvaise idée. Mais si vous avez lu ne serait-ce que le premier, ou si vous souhaitez savoir avant de vous lancer à l’assaut de cette montagne de pages, si cela vaut le coup, sachez-le : malgré le « coup de mou » à mon goût dans Sept redditions, le deuxième volume, la série se conclut parfaitement bien. Sans intrigue non résolue ni solution bâclée pour tenir dans les dernières pages. Tous les lecteurs ne seront pas satisfaits. Certaines pertes, certains renoncements pourront sembler des choix durs et difficiles à lire pour qui s’est attaché aux personnages et aux concepts de cette Terre du XXVe siècle. Mais ces décisions sont logiques et amènent vers un épilogue plus que satisfaisant. Et petit bonus personnel, les deux personnages au phrasé si exaspérant dans les précédents volumes ont des rôles actifs, mais de second plan et muets, donc ils sont bien moins pénibles à lire. Perhaps the Stars est un final en beauté qui donne envie de repartir du début.

Perhaps The Star
d’Ada Palmer
Éditions Tor

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