Children of Time

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un space opera et un planet-opera de la qualité de Children of Time d’Adrian Tchaikovsky. Original, il a même réussi à me faire sentir plus proches des personnages non humains malgré nos différences physiques et de communication évidentes que des personnages humains, sauf peut être Isa Lain la chef ingénieure qui semble être la seule à savoir réagir et prévoir sans tout casser au passage.
L’histoire commence dans les dernières heures de l’humanité telle que nous la connaissons. Fracturée, elle s’aventure dans l’espace en terraformant les planètes et le Dr Kern veut y ajouter une espèce intelligente prête à servir l’homme quand il reviendra : des singes. Malheureusement, les singes n’atterriront jamais sur le vert paradis fait pour les accueillir à la différence du nanovirus chargé de les rendre intelligents. Une attaque d’une autre faction prônant la non-manipulation de la nature détruit la station d’observation à l’exception d’un satellite et du Dr Kern, placée en suspension. Des millénaires plus tard, les derniers survivants d’une humanité dévastée par la guerre arrivent sur cette planète. Celle-ci est occupée par une espèce intelligente et le Dr Kern, croyant qu’il s’agit de ses singes, les protège à tout prix. Qui va survivre à cette impasse ?
Dans Children of Time, Adrian Tchaikovsky présente en parallèle l’histoire des derniers humains, et celle des habitants de la planète en suivant principalement trois lignées : Portia, Bianca et les mâles Fabian. Cette partie est particulièrement intéressante, car on se dit – tient là la planète a quitté le Moyen-âge pour la Renaissance, tiens là elle fait sa Révolution industrielle, tiens voici son Mai 68, et voilà la conquête spatiale. Tout en ayant des différences marquantes avec l’histoire terrestre. Ainsi, il n’y pas une espèce intelligente, mais plusieurs (dont des crevettes dans l’océan que nous suivons peu, car détachées des problèmes de la surface), l’atmosphère plus riche en oxygène et plus inflammable est moins propice au développement de la métallurgie et de l’électronique telles que nous les connaissons, et comble de la difficulté à la différence des humains les espèces intelligentes ne communiquent pas avec la voix et très peu avec l’écriture, mais à travers des odeurs, des postures des vibrations et par la transmission de savoirs directement dans le matériel génétique.
Cetensemble fait de Children of Time un livre très original et particulièrement agréable à lire. La conclusion, logique pourtant dans cet univers, est particulièrement surprenante et rafraîchissante. Et à mille lieues des space operas militaires qui envahissent la science-fiction actuelle.

Children of Time
d’Adrian Tchaikovsky
Éditions Pan Macmillan

Pour le #100defislecture2018 de Dame Ambre : 53 points avec celui-ci.

The Collapsing Empire

Après un polar futuriste réussi, Locked In (paru chez L’Atalante sous le nom Les Enfermés), John Scalzi revient avec The Collapsing Empire à ses premières amours : le space opera. Situé dans un univers différent de celui de sa saga entamée avec Le Vieil homme et la guerre, ce roman est le premier d’une longue série (avec le deuxième volume The Last Emperox attendu pour l’an prochain), toute aussi pleine d’humour et de piques bien senties sur notre propre culture économico-politico-religieuse. Ici, dans un futur lointain, l’Humanité a perdu tout contact avec la Terre. Elle a construit un empire galactique en s’appuyant sur un courant spatial permettant de contourner la barrière physique de la vitesse-lumière. Sauf que ce courant est un phénomène naturel que l’Humanité ne maîtrise pas. Quand certaines de ses branches disparaissent coupant ainsi des systèmes stellaires entiers du reste de l’empire, elle ne peut rien faire pour les retrouver. À l’heure où un nouvel Emperox monte sur le trône, c’est l’ensemble du courant qui s’apprête à changer de route, laissant l’humanité à sec sur les bas-côtés spatiaux, chacun dans son système. Comment s’y préparer ? Comment éviter les profiteurs qui chercheront à s’enrichir avec cette catastrophe annoncée ? Comment gérer l’inertie naturelle des bureaucrates et autres tenants de la politique de l’autruche ? Telles sont les questions abordées par The Collapsing Empire. En revanche, les réponses viendront dans un second tome.
J’ai adoré lire The Collapsing Empire. Les personnages sont attachants, particulièrement Lady Kiva et ses manières si raffinées. L’histoire est à la fois prenante et très drôle, avec comme souvent chez John Scalzi une résonance assez forte avec l’actualité du moment. Oui, mais… Le livre s’achève là où tout commence. Et il faudra attendre la suite pour savoir de quoi il retourne exactement. Avouez que c’est particulièrement frustrant.

The Collapsing Empire par John Scalzi
Editions Tor