Pour le mois de septembre, j’avais deux romans à lire pour le Prix des Auteurs inconnus. Et ils auront été à l’image de l’ensemble de cette sélection : L’un court et très original dans son histoire qui m’a agréablement surprit et l’autre, qui avait pourtant dans son résumé tout pour me plaire, qui ne m’a pas convaincue du tout.
Commençons donc par la sélection de septembre en Littérature noire avec Callie de Frédéric Morawiec. Passons d’abord sur la couverture qui semble artificielle avec cette ligne électrique qui s’interrompt soudain sans logique avant la route et les proportions étranges de la fillette de dos. L’histoire promise semble tout droit sortie d’un livre de Stephen King : une mère célibataire et sa fille se retrouvent dans un trou perdu de Nouvelle-Angleterre et leur venue va remuer de sombres secrets. Surtout que la petite, la Callie du titre, a le don de voir des gens morts et de leur parler. Pourquoi ? Comment ? « Ta Gueule C’est Magique ! », comme on dit chez les vieux rôlistes. Et étrangement les sombres secrets de ce trou perdu se trouvent liés au passé de la mère (qui n’y a jamais mis les pieds) et de la fille. Par une cascade de coïncidences hautement improbable (sauf à considérer que la divinité présidant aux destins de tout ce petit monde est un écrivain à la Chuck Shurley dans Supernatural), la mère et la fille vont réparer les plaies de leur passé et retrouver leur famille pour que tout finisse dans le plus grand bonheur. Ajouter à cela que tant Callie qu’Alice sa mère sont des personnages purement infects d’égocentrisme (bon Callie a sept ans et demi, admettons) et qu’aucun autre personnage n’est réellement sympathique. Et que la relecture typographique du texte laisse à désirer avec de nombreuses coquilles (le prénom d’un des personnages se retrouvant fréquemment écrit sans majuscule). Heureusement, l’écriture est fluide et l’action assez rapidement menée pour que les pages se tournent toutes seules jusqu’à la fin.
Callie
de Frédéric Moriawec
Éditions Empaj
Pour septembre, la sélection de la catégorie Imaginaire était Lame de la forêt de Charlène Lefèvre. Un des textes avec Le Tribunal des Affaires extraordinaires les plus courts lus durant cette finale. Et un vrai pur récit de science-fiction original et intéressant. Il reprend le même principe que Overgrowth de Mira Grant en nous mettant à la place de Lysia, une créature végétale consciente venue de l’espace et installée sur terre. Sauf que son espèce ne cherche pas à prendre la place de l’humanité, mais à vivre en harmonie avec une nature bien fragile en raison de la surexploitation et de la pollution humaine, espèce elle-même au bord de la disparition. Je n’en dirais pas plus pour ne pas tout raconter, mais, passé les premières pages à essayer de comprendre comment vivent et fonctionnent ces individus végétaux, l’histoire se déroule facilement. Et on se laisse agréablement porter par ce conte bucolique. Je n’aurais qu’un reproche à lui faire : sa longueur. Il est trop long pour être une nouvelle percutante, mais trop court de quelques chapitres pour en faire un roman complet. À voir si l’autrice revient plus tard dans cet univers. En tout cas, ce fut une bonne surprise de lecture pour la fin de ce Prix des Auteurs Inconnus.
Lame de la forêt
de Charlène Lefèvre
Et maintenant ? Une fois que chaque membre du jury aura publié son avis et rempli le formulaire idoine, les notes seront compilées pour donner le ou la gagnante pour 2026 dans chacune des quatre catégories dans le courant du mois de novembre. Et je vous indiquerais alors les choix qui ont été faits par le groupe dans son ensemble. Peut-être seront-ils très différents de mes avis personnels…
