L’homme qui mit fin à l’histoire

Les récits courts se suivent et ne se ressemblent pas. Après la science-fiction joyeuse de Binti, avec L’homme qui mit fin à l’histoire, Ken Liu signe une histoire de voyage temporel glaçante.
Partant du postulat qu’il serait possible de revoir (à l’état de fantôme décorporé) n’importe quel événement du passé, Ken Liu raconte sur la forme d’un documentaire l’une des pires exactions du conflit sino-japonais : l’unité 731. Et s’interroge sur le rapport au passé des différents pays concernés : République populaire de Chine et Taiwan, Japon, mais également les États-Unis. Ce choix du documentaire avec un récit coupé sous forme d’interviews, de témoignage, de débats en commission sénatoriale ou en extraits de coupure de journaux donne un aspect clinique à
L’homme qui mit fin à l’histoire et aide à prendre un peu de recul. Et le fait d’avoir pris comme personnages principaux, un couple composé d’un sino-américain et d’une nippo-américaine solidaire l’un de l’autre jusqu’au bout apporte un certain équilibre au récit, tout en le terminant sur une note encore plus dramatique. En tant que grande lectrice de science-fiction et de voyages temporels en particulier, j’ai trouvé que le procédé mis au point par les personnages principaux, Ewan Wei et Akemi Kirino, assez intéressant. Et je me demande s’il est possible de le voir réutilisé dans un récit Ken Liu pour une autre période historique.
Pour son ton sobre, mais très humain, pour son approche très personnelle sur une période du passé peu connue en Occident et tout simplement pour son histoire qui vous prend aux tripes et ne vous lâche pas avant la dernière page, je ne peux que vous encourager à lire L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu.

L’homme qui mit fin à l’histoire
de Ken Liu
Traduction de Pierre-Paul Durastanti
Éditions Le Bélial’