Hot Space : du Web au comics ?

Comme le montrait feu le Festiblog/We Do BD, le Web a longtemps été une source de renouvellement pour la BD avec un style d’écriture et de dessins très différent de la BD traditionnelle.  Avec The Hot Space Comics, l’expérience proposée au lecteur est encore différente. Ici, les lecteurs assistent peu à peu à la conception d’une BD traditionnelle, au format comics donc, et découvrent planche par planche, le déroulé de l’histoire.

Le site propose deux modes de lectures de l’histoire : l’un en tournant virtuellement les pages ; et l’autre en permettant de zoomer sur chaque détail, mais en obligeant le lecteur à revenir à la page d’accueil.  Pour plus de lisibilité, l’œuvre est en noir et blanc mais elle pourra être colorisée si son créateur, Pierre Le Pivain dit Le PiXX, signe avec un éditeur pour une parution papier de son oeuvre.  En attendant, d’autres parties du site montre des planches colorisées ou des ébauches de personnages.
Toute histoire se passant dans l’espace et impliquant le pilotage de vaisseau ou d’avion étant de base susceptible de me plaire, je ne pouvais que suivre d’un œil très intéressé cette aventure aussi bien sur le site, que via le groupe Facebook dédié.  Au delà de la lecture en mode feuilleton de l’histoire, j’avoue que le côté coulisse de l’affaire me plaît aussi beaucoup. Découvrir comment sont nés certains personnages, voir les premières ébauches ou des rendus en couleurs, comprendre comment peu à peu l’idée de l’histoire a germé, s’avère tout aussi fascinant pour moi. Et pour vous ?

Mise à jour : les deux galeries ont été depuis été fusionnées en une seule plus confortable à lire : https://www.hot-space-comics.com/the-hot-space-comics

 

 

Et si la BD devenait mouvante ?

J’ai beau lire aussi bien en version numérique qu’en version papier, pour la BD à quelques exceptions près je préfère de loin le papier. Pourquoi ? Tout simplement parce que je passe suffisamment de temps pour le travail à regarder des écrans, sans en plus me coltiner des reflets brillants sur l’ordinateur ou la tablette en lisant un comics. Surtout si je dois en plus pincer l’écran pour zoomer et dézoomer sans arrêt afin d’apprécier chaque case.

À moins que la BD ne soit pensée directement pour ces supports. Plusieurs expériences sont en cours. Et celle d’André Bergs est particulièrement intéressante. Il propose en effet une très courte BD à télécharger gratuitement — sous iOS uniquement hélas — et particulièrement bien pensée. Avec l’accéléromètre, les personnages bougent en fonction de l’action. Les dessins sont en 2D et en 3D ce qui donne de la profondeur à l’action, et si vous voulez voir plus de finesse vous pouvez taper pour zoomer sur une case. Qui plus est l’histoire, à l’humour assez grinçant, est courte et bien trouvée.  Une expérience à suivre ? Vous pouvez tester par vous-même la BD en téléchargeant l’application sur l’AppStore ou regarder la bande-annonce ci-dessus. N’hésitez pas à me donner votre avis sur cette façon de lire des BD.

Astérix – Les citations latines expliquées de A à Z

Si vous lisez ces pages, vous savez désormais qu’outre la science-fiction, j’ai un gros faible pour la bande dessinée. Et si en temps normal, ce sont plutôt les comics qui m’attirent en premier (qu’ils soient signés Marvel, DC ou qu’ils émanent d’éditeurs nettement plus petits), certains « monuments » de la bande dessinée européenne me font fondre. C’est notamment le cas des Astérix de la grande époque Uderzo et Goscinny qui peuvent être lus, relus et redévorés à intervalles réguliers. Tombant chez Nature et Découvertes sur cet ouvrage, Astérix — Les citations latines expliquées de A à Z, je me suis penchée sur la question.
Deux heures plus tard, j’en suis ressortie avec un grand sourire et pleine de nouvelles informations plus ou moins utiles sur les citations latines (et au moins une en grec !) présentes dans les albums d’Astérix. Qu’elle soit d’époque, postérieure, voire totalement apocryphe, chaque citation est illustrée par la ou les cases où elle est présente, sa signification et l’origine de son histoire. Ne ratez pas non plus les explications du légionnaire Petitplus pour aller parfois plus loin. Enfin, ce petit livre de référence offre aussi un lexique des graffiti et inscriptions latines trouvées dans les BD, et une présentation brève des auteurs officiels des citations et de l’histoire du monde romain.
Que vous soyez fan d’Astérix ou que vous vouliez découvrir le latin (à l’occasion de l’entrée en 5e par exemple), ce petit livre intelligent et amusant est fait pour vous.

Astérix – Les citations latines expliquées de A à Z de Bernard-Pierre Molin
Editions du Chêne – Hachette

Monstress

Débutée en 2015 chez Image la série Monstress est l’un de ces comics inclassables. L’histoire oscille entre l’aventure de fantasy et l’horreur pure entre pseudo-cannibalisme et tentacules Lovecraftiens à souhait. Le trait lui est à mi-chemin entre les anime issus du Studio Ghibli et le trait plus affirmé classique des BD américaines. Le tout se situe dans un univers où les mythologies nordiques, asiatiques et égyptiennes se croisent et s’incarne. Ce premier volume Awakening — l’éveil — nous présente un monde après la guerre entre des Humains classiques contrôlés par des sorcières Cumea et des Arcaniques, hybrides entre les Humains et les Anciens dotés de talents et dont les corps sont la source de la magie de Cumea. Dans ce monde abritant d’autres races comme les Chats, les Anciens et les Vieux Dieux, une jeune femme Maika Halfwolf est prête à tout pour comprendre ses origines. Particulièrement savoir d’où vient ce monstre qui se tapie en elle, et comment en contrôler la faim sans détruire son entourage. Ce monde est peut-être en paix, mais il n’est pas apaisé. Les traces de la guerre sont toujours là, les horreurs des batailles encore tapies au creux des cauchemars et des cœurs. Et la haine, la méfiance et la rancœur restent bien présentes d’une race à l’autre, que ce soit entre les ennemis d’hier, ou les alliés d’aujourd’hui. Pour autant, entre les failles, certains moments de tendresse et de confiance arrivent à rapprocher pour un temps les personnages au-delà de leurs différences et de leurs peurs. Les personnages, principalement des femmes à l’exception notable de Master Ren, un matou tigré roux à deux queues et à la langue bien pendue, sont tout en nuances. Un instant capable des pires atrocités, et l’autre faisant preuve d’une infinie douceur. Même celles qui n’ont qu’un rôle transitoire dans l’histoire sont étoffées au-delà d’un simple coup de crayon vite oublié. Acheté sur un coup de tête avant de prendre l’avion, Monstress m’a séduit. Et me frustre, car à l’issue de ce premier tome, je veux en savoir plus sur Maika et sur son univers. À bientôt pour une chronique du second volume ?

Monstress – Volume One Awakening
Ecrit par Marjorie Liu, dessiné par Sana Takeda
Editions Image Comics