You’ve Gotta Love Song

Ayant découvert Akane Torikai avec Le Siège des exilées, et ayant été convaincue par son trait plus encore que par son récit, j’ai exploré un peu plus son œuvre. En commençant par un recueil de nouvelles, You’ve Gotta Love Song. Et… c’est une belle surprise.
Ce manga regroupe quatre histoires de femmes, quatre tranches de vie alors que les protagonistes sont dans l’expectative. Dans la première, Et si j’essayais de vivre ?, nous voyons une mère au foyer qui a tout pour être heureuse (un mari beau et avec un bon travail, un petit garçon aimant, bientôt une nouvelle maison) mais qui se sent vide et chercher un sens à sa vie. La deuxième, La Fugueuse, met en scène une lycéenne prête à quitter sa famille en plein hiver. À moins que le ragoût maternel ne la retienne ? Le Parc des cygnes est une rencontre entre une femme et son ancien amant, marié, qui l’a quitté en cédant au chantage de son épouse. La vengeance de l’ex-maîtresse sera… piquante. Enfin, You’ve Gotta Love Song, est la seule nouvelle du titre qui est raconté du point de vue d’un homme : l’amant d’une femme mariée qui reprend leur liaison après des années. Jusqu’à quand ?
Comment souvent chez Akane Torikai, le ton est doux-amer. Même si par rapport au Siège des exilées ou à En proie au silence, la douceur et l’espoir sont plus présents dans ces nouvelles. Ces formats courts, de pures vignettes, donnent à voir des moments dans la vie de femmes en relation avec des hommes tout sauf fiable (sauf peut-être le dernier). Ils restent également volontairement ambigus et laissent finalement le lecteur décider du sort des protagonistes : la mère de famille reprendra-t-elle sa routine ? Dans quelle direction ira la lycéenne ? Et la fin de You’ve Gotta Love Song est-elle un mirage ou une métaphore de la réalité ? Chaque histoire correspond à un travail graphique légèrement différent de la mangaka, pour coller à l’atmosphère. Visuellement, j’ai personnellement préféré La Fugueuse et You’ve Gotta Love Song (ce qui ne surprendra personne avec mon amour du réalisme magique). Akane Torikai ajoute en postface de ses histoires quelques mots sur son inspiration et notamment les morceaux de musique qui l’ont accompagnée pendant leurs créations. Une bonne idée pour les relire en musique.

You’ve Gotta Love Song
d’Akane Torikai
Traduction de Gaëlle Ruel
Éditions Akata

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