Titanium Noir

Nick Harkaway est un homme de contraste. Nous l’avions laissé avec un polar cyberpunk en deux parties, Gnomon, véritable puzzle pour lectrices férues d’énigmes et de littérature. Et il est revenu en 2023 avec Titanium Noir, un autre polar de science-fiction, mais dont l’inspiration penche plutôt vers Raymond Chandler (selon l’éditeur, plus Dashiell Hammett selon moi) ou Philip K. Dick. À tel point qu’il aurait presque pu le signer sous son autre pseudonyme, Aidan Truhen, tellement le style est différent et – disons-le de suite – bien plus déjanté que Gnomon.
Dans Titanium Noir, nous suivons Cal Sounders, consultant pour la police locale d’une mégapole au bord d’un lac alpin. Son rôle ? Intervenir quand les crimes concernent des Titans. Ce terme désigne des êtres humains ayant bénéficié d’une ou plusieurs injections de T7, une hormone leur procurant une forme d’immortalité et de résistance au prix d’une poussée de croissance formidable et d’une amnésie plus ou moins sélective. Quand il est amené à enquêter sur la mort d’un professeur d’université apparemment sans histoire, malgré ses 2 m 30 et son extrême maigreur, il va lever le voile sur une conspiration vieille de plusieurs décennies. Et des secrets de famille enfouis sous la richesse, la taille et l’âge vénérable des protagonistes. Seul ? Non. Avouons-le franchement, Cal n’est pas le détective le plus malin, ni le plus honnête de l’histoire des polars, allant jusqu’à faire disparaître un corps parce qu’on lui demande avec un beau sourire, sans rien exiger en échange. Dans Titanium Noir, il se fait mener par le bout du nez par les femmes de toutes tailles et de tout âge qui croiseront sa route, qu’il cherche à les séduire, que ce soit l’inverse ou que leurs relations soient purement platoniques. C’est d’ailleurs elles qui le guideront vers la résolution de l’énigme et le pousseront à agir dans le sens qui arrangeront le mieux leurs affaires… et les siennes.
Même si l’enquête en elle-même est prenante et assez classique, j’ai particulièrement apprécié Titanium Noir pour son atmosphère (une mégapole à l’image de Genève ou de Come change des énièmes variations sur Tokyo, Chicago ou Londres). Et par certaines tournures de Nick Harkaway – une scène par-ci, une phrase par-là, un personnage secondaire particulièrement inattendu – qui font mouche, vous font rire ou sourire. Et vous donnent envie de continuer le récit. Une belle surprise pour bien débuter 2024.

Titanium Noir
de 
Nick Harkaway
Éditions
Little Brown

Cet article a 3 commentaires

  1. Tu le vends bien, reste à savoir s’il va trouver un éditeur pour une traduction. Ca ne sera pas chez AMI, Gilles Dumay, lui, n’a pas été emballé ! Peut être Sonatine ?

  2. Anna

    Bon, je sais quoi ajouter sur ma pile à lire quand j’aurai réussi à la faire dégonfler un peu (let’s face it, je vais très probablement craquer au moment de sa sortie en poche en février !)

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