Coffin Moon

Parfois un livre vous attire à force d’apparaître sans cesse en recommandation sur certains réseaux sociaux. C’est typiquement le cas de Coffin Moon de Keith Rosson qui, l’automne dernier, apparaissait partout sur le bookstagram horrifique anglo-saxon. La plupart des lecteurs ayant parlé de ce livre, le résumait comme un affrontement entre John Rambo et des vampires… Dit comme ça, ce n’est pas très vendeur, jusqu’à ce que je me rappelle que le premier Rambo, celui de 1982, était finalement beaucoup plus fin que ses suites… Et que je l’avais plutôt apprécié. Et donc, sa couverture m’a tellement intriguée que j’ai craqué plus d’un an après.
À juste titre, car, même si le livre souffre de quelques longueurs, il ne se résume pas à une simple histoire de course-poursuite et de vengeance. Comme John Rambo, le protagoniste du livre Duane Minor, est un vétéran du Vietman qui tente de se reconstruire en travaillant dans le bar de ses beaux-parents et en élevant avec sa femme, la nièce adolescente de cette dernière placée chez eux suite à un drame familial. Entre cauchemars et lutte pour rester sobre, tout irait cahin-caha pour le mieux jusqu’au soir où il découvre sa femme déchiquetée et ses beaux-parents éparpillés façon puzzle à quelques kilomètres de là. Seule Julia, l’ado, a été épargnée en dormant chez une amie.
Le responsable de ce massacre ? John Varley (aucun rapport à ma connaissance avec l’auteur) qui voulait utiliser le bar comme base pour écouler sa drogue. Minor et Julia vont partir sur ses traces en quête de vengeance et découvrir que celui-ci est un vampire centenaire.
Si ce n’était que deux humains contre un vampire, Coffin Moon fera un très bon téléfilm du samedi soir, mais guère plus. Non ce qui fait l’intérêt de ce livre réside dans la façon dont Keith Rosson décrit ses personnages. Les points de vue oscillent entre Minor, Julia ou John Varley, et il y a de nombreux retours en arrière pour raconter le passé des uns et des autres ou
présenter ce qui fait avancer tout ce petit monde, et ce qui les pousse à faire des choix radicaux. Et mine de rien, dans un roman vendu, référence à Rambo oblige, comme testostéroné à mort, le plus beau personnage et le plus touchant est celui de Julia. Son parcours montre comment celle-ci, déjà bien marquée par la vie, va s’ouvrir peu à peu aux autres et passer du statut de protégée d’un oncle assez cabossé qu’elle à celui de protectrice et d’amie loyale. Seules quelques capacités « vampiriques » apparaissent comme des facilités narratives, mais ce n’est qu’un défaut mineur de ce livre. Et la fin douce-amère est une conclusion logique qui serre le cœur de la lectrice. Si vous avez aimé l’intégralité d’American Vampire, je ne peux que vous encourager à lire ce livre. En espérant que Sonatine qui a déjà publié l’auteur avec Fièvre noire et Diable rouge poursuive sur sa lancée avec ce titre.

Coffin Moon
de Keith Rosson
Éditions
Penguin Ramdom House

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