Cornes

Si j’ai beaucoup lu de Stephen King avec plus ou moins de bonheur suivant les romans, je connais beaucoup moins l’œuvre de ses fils. Seul Joe Hill m’était vaguement familier, mais plutôt en tant que scénariste de comics après avoir lu Locke & Key et Basketful of Heads. La sortie de son roman Cornes en poche me permet donc de combler cette lacune, d’autant que je suis également passée à côté de l’adaptation en film de 2013.
Donc sans aucune idée préconçue, j’ai découvert l’histoire d’Ignatius « Ig » Perrish qui, après une nuit de beuverie marquant l’anniversaire du meurtre de sa petite amie, se réveille avec des cornes sur la tête. Pire, avec cette nouvelle décoration corporelle, les gens qu’il croisent lui avoue leurs pires désirs et en contact avec leur peau, il accède à leurs souvenirs les plus coupables. Alors qu’il avait été accusé à tort, il va utiliser ces nouvelles venues pour retrouver le meurtrier de son amie et régler ses comptes avec la petite ville du New Hampshire où il a grandi.
Cornes est le deuxième roman de Joe Hill et, clairement, il aurait pu être un roman de son père. On retrouve le même style d’écriture (alors que la traductrice française n’a jamais traduit de textes du père), les mêmes thématiques autour du passé et de ses conséquences, et du mélange entre la foi profonde, la désillusion de certains envers leurs croyances et l’hypocrisie des « pratiquants ». Et concrètement, entre Ig devenu diable malgré lui et son copain d’enfance, Lee au physique d’archange, la confrontation va prendre des tours et des détours pour aller du simple thriller avec une touche de fantastique à un final grand-guignolesque faustien contenant même un soupçon de voyage temporel.
Au final, j’ai aimé ma lecture, mais…  Mais, j’ai trouvé que l’auteur prenait souvent trop de détours, faisait trop de retour arrière dans le passé, avant d’arriver à la conclusion. Et j’avoue avoir lu certaines pages en diagonale (notamment celles concernant la mort de la petite amie, mais pas que…) pour arriver plus vite à la fin du livre. Autant j’estime que le
s personnages d’Ig, de sa famille et ses compagnes successives sont intéressants et écrits de façon non monolithique, autant je trouve que Lee n’est qu’antipathique tout du long et beaucoup trop en miroir d’Ig pour être franchement intéressant et crédible comme antagoniste. Ce qui m’a laissé sur ma faim, de même que la pirouette finale. En revanche, la rédemption offerte à deux personnages secondaires dans l’épilogue m’a fait sourire de contentement.
Vais-je relire d’autres livres de Joe Hill, hors BD ? A l’occasion pourquoi pas ? Mais je ne me précipiterai pas en librairie dès le premier jour pour le dévorer. En revanche, après avoir lu le livre, je suis curieuse de découvrir le film d’Alexandre Aja, réalisateur d’horreur que j’apprécie par ailleurs.

Cornes
de Joe Hill
traduction de Valérie Rosier
Éditions Livre de poche

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