Talisman

Décidément Livr’S a un certain talent pour dénicher des thrillers singuliers. Après les deux derniers romans de Graham Masterton et La divine proportion de Céline Saint-Charle, ce Talisman de Gilles Debouverie ne manque pas non plus d’originalité.
De quoi parle-t-il ? De Dorothy, psychopathe passant de corps en corps pour commettre les crimes les plus effroyables, à commencer par le massacre systématique d’une famille entière lovée des mains de la benjamine de 9 ans.
Pourquoi ces sauts ? D’où vient-elle ? Et comment cela se terminera-t-il ? Telles sont les questions que va se poser la lectrice. Ce ne sont pas en revanche les mêmes interrogations pour les protagonistes, en raison même de la structure du livre. En effet, l’histoire est racontée en alternant les points de vue : un chapitre sur deux est du point de vue de la police des habitants de la petite ville de Nouvelle-Angleterre où se situe l’action, en particulier celui de la lieutenante Carla Mendez ; un du point de vue de Dorothy et, comme un bruit d’écho, des corps qu’elle possède successivement. Du coup, même si l’action est bien rythmée, ne vous attendez pas à vous attacher aux personnages ou encore moins à trembler pour leur sort. D’autant que le langage de Dorothy, censée avoir vécu les procès en sorcellerie de Salem, ne correspond pas franchement à celui d’une paysanne du XVIIe siècle, ni même à une femme. Il reste trop « masculin » y compris dans ses préoccupations, et bien trop vulgaire pour être crédible. Néanmoins, j’ai quand même passé un agréable moment de lecture et trouvé dans Talisman, ce que j’attends d’un thriller : être surprise, ne pas savoir où l’histoire va me mener et courir découvrir la fin. Beau boulot !

Talisman
de 
Gilles Debouverie
Éditions
Livr’S