Une unique lueur

Il n’aura fallu que trois ans pour découvrir les nouvelles pérégrinations du commissaire Adamsberg et de son équipe. Et avant même d’aller plus loin, disons qu’une chose me déplaît souverainement dans ce livre (et ce n’est pas la faute de l’autrice) et qu’au point de vue de l’enquête pure, j’ai préféré Une unique lueur au précédent roman policier de Fred Vargas, Sur la dalle.
Pour découvrir ce qui m’a profondément déçu, je vous propose de regarder simplement l’image à côté de ce texte. Une scène de nuit citadine banale en noir et blanc, n’est-ce pas ? Alors pourquoi, au lieu de prendre un cliché quelconque (même issu d’une banque d’image) et éventuellement d’en flouter le premier plan (ce que n’importe quel logiciel de retouche d’image fait avec un simple filtre, même en version gratuite), l’éditeur Flammarion s’est-il senti obligé de faire appel à une intelligence artificielle pour ça ? Il n’y a zéro plus-value à ce choix et, en prime, la couverture, fade au possible, ne correspond même pas à l’intrigue du livre !
Mais revenons sur le fond. Cette nouvelle enquête commence par la découverte d’une jeune femme, incroyablement belle selon les premières constatations, retrouvée morte paisible dans une rue de Paris. La victime semble avoir été déguisée et mise en scène. Pourquoi ? Et pourquoi cette scène titille la mémoire d’Adamsberg alors qu’il n’a jamais vu cette personne avant de constater son décès ?
Ici, nous retrouvons le commissaire et son équipe dans leur cadre familier : Paris. Ce qui pouvait gêner certaines lectrices dans Sur la dalle, à savoir une certaine incohérence dans le comportements des membres récurrents de la brigade et notamment celui de Retancourt, n’apparaît plus dans cette nouvelle enquête. Mais les célèbres errances et fulgurances du commissaire sont une fois de plus au cœur de la résolution de l’affaire, même si, par rapport aux premiers romans où il apparaissait, la vie privée de Jean-Baptiste et ses relations avec son entourage semblent désormais plus apaisées. Seule peut-être la fin à partir du moment où une partie de l’équipe se délocalise un temps outre-Atlantique semble un peu précipitée, et un peu bancale, comme les personnages souffrant du décalage horaire. Pour autant, et même si un « je-ne-sais-quoi » émanant d’un des nouveaux personnages indique vite qui est le coupable — et en fait un choix intéressant par les temps qui courent, Une unique lueur fait décidément partie des bons crus dans les romans de Fred Vargas et se lit avec énormément de plaisir.

Une unique lueur
de Fred Vargas

Éditions Flammarion

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