La tour de Babylone

Lorsque j’ai vu au cinéma Arrival (Premier contact), j’ai été bluffée par ce film qui a généré pas mal de réflexions et d’échange philosophiques entre amis après sa sortie. Du coup, j’ai voulu lire l’histoire à l’origine du film. Celle-ci, L’Histoire de ta vie, est une nouvelle de Ted Chiang, qui figure dans le recueil La Tour de Babylone rassemblant la moitié de la production fictionnelle de l’auteur.
Après avoir vu le film, L’Histoire de ta vie ne m’a pas surprise par rapport à son contenu, même si Denis Villeneuve, le réalisateur, et Éric Heisserer, le scénariste, l’ont passablement modifié pour avoir assez de contenu pour un long-métrage. J’ai en revanche apprécié le fait que chaque vaisseau avait un message différent, et la fin plus claire que le film.
Mais personne n’achète un livre que pour lire une nouvelle, non ? Et non, et c’est tant mieux. Même si elles sont très différentes les unes des autres, les huit nouvelles de ce recueil sont de petits bijoux. Si vous aimez l’action, passez votre chemin. Ted Chiang est plus un adepte de l’anticipation contemplative et philosophique, sans pour autant que le lecteur ne s’ennuie d’une page à l’autre. En revanche, si bousculer un peu vos idées préconçues ne vous dérange pas, ce recueil est parfait. Hormis Comprends que j’ai trouvée bien trop longue pour arriver au final, les différentes nouvelles ont toutes un style très différent. Elles se lisent très facilement, mais chacune d’elles ouvre la porte à la réflexion. À court terme juste après en avoir fini la lecture, ou des mois plus tard, au détour d’une conversation ou d’une autre lecture.

La Tour de Babylone de Ted Chiang
Traduction de Pierre-Paul Durastandi et Jean-Pierre Pugi
Éditions Folio SF

En cadeau, la bande-annonce du film :

Le cinéma d’horreur

Il n’y a pas que la fiction dans la vie. Ni que les livres comme loisir. Il y a aussi le cinéma. Et de beaux ouvrages qui en parlent, comme Le cinéma d’horreur, une anthologie de ce « mauvais genre » sur grand écran. Partant des tout premiers films d’épouvante, comme le Frankestein de 15 minutes tournés par les studios Edison jusqu’aux œuvres plus récentes, il s’interroge sur notre fascination pour le gore, l’épouvante et le frisson sur grand et sur petits écrans. Non content de dresser un panorama historique, ce livre divise en plusieurs catégories suivant la nature du monstre à affronter : tueurs psychopathes, cannibales, mère Nature, extra-terrestres, morts-vivants, fantômes, démons, sectes, vampires et loups-garous, et pour finir les monstres au féminin. Même si certains des films cités se retrouvent du coup dans différentes catégories, l’ensemble est particulièrement intéressant si vous aimez frissonner sur grand écran, et ce quelque soit votre genre d’horreur préférée (slashers, monstres classiques, hantises ou autres possession). Et richement illustré avec des photographies, y compris des scènes de tournages, issues des archives de David Del Valle. Savoir que les Gremlins ne sont que des vulgaires marionnettes comme le Muppet Show, retire beaucoup de l’aspect effrayant à ces animaux domestiques devenus fous.
En revanche, j’ai quelques reproches à faire au livre. D’une part, il ne tient pas du tout compte de la production francophone, hormis une brève mention d’Alexandre Aja. Ce qui est dommage car le film de genre, l’horreur y comprise est l’un des points forts du cinéma français (que pourtant j’apprécie peu), comme le prouve tout récemment Grave. D’autre part, certaines illustrations auraient gagné à être mises en tête ou en fin de chapitre, et non pas au milieu entre deux paragraphes. Quand pour suivre le texte, il faut survoler deux, quatre ou six pages de photos aussi intéressantes soit-elles, on n’y revient pas toujours. Enfin, et là c’est plus un aspect purement esthétique : le papier noir glacé est souvent une mauvaise idée. À moins de lire ce livre avec des gants, vous y laisserez forcément vos empreintes d’une page à l’autre… Pratique pour un détective, dérangeant pour le propriétaire d’un beau livre d’images comme celui-ci…

Le cinéma d’horreur de Jonathan Penner et Steven Jay Schneider
Traduction de Arnaud Briand, France Varry et Anne Le Bot
Éditions Taschen

The Dark Tower 1 — The Gunslinger

Maudit Stephen King ! Cet écrivain est un auteur à part dans mes lectures. Autant certains de ses livres (Shining, Salem’s Lot, Ça, Brume, Bag of Bones) me ravissent et je les lis et relis avec plaisir. Autant d’autres, pourtant connus comme ses plus gros succès comme Gerald’s Game, Misery ou From a Buick 8, me rebutent au point — rarissime ! – de les abandonner en cours de lecture. La saga de la Tour sombre faisait partie de ce dernier lot. Et je n’aurais pas pris de plaisir à lire Les Yeux du Dragon où d’ailleurs l’homme en noir fait également une apparition, j’en aurais simplement conclu que la fantasy telle que l’écrit Stephen King ne me convient pas. Mais, j’ai insisté, sinon vous ne liriez pas ce pavé.
Ma première tentative date de la parution en livre de poche de la traduction française. Lasse, je n’ai pas dépassé le tiers du roman avant de le revendre. Des années plus tard, je retente l’aventure, mais en version originale au cas où le problème viendrait de la traduction. Ce coup-ci je pousse jusqu’à mi-chemin, et la rencontre avec Jake avant d’abandonner. Ce n’est donc pas un problème venu du traducteur.
Pourquoi persévérer alors ? Parce que je suis une maniaque qui préfère lire le livre avant de voir le film. Or, sort prochainement une adaptation ciné de la saga, avec deux acteurs que j’aime beaucoup (Idris Elba et Matthew McConaughey), même s’ils ont eux aussi leurs lots de navets au compteur. Profitant d’une promotion — début mai ! – sur le site américain de Kobo, j’achète à nouveau The Dark Tower 1 – The Gunslinger. Ce coup-ci, il s’agit d’une version révisée par Stephen King lui-même, à l’occasion de la sortie du volume 6. Stephen King explique d’ailleurs dans son préambule que la version précédente (celle que j’ai dû avoir entre les mains auparavant) a été écrite à 19 ans, avec un style nettement plus lourd que ses livres suivants.
Fin juin, après l’avoir mis de côté plus d’une fois, j’arrive enfin au bout. Et je hais le sale tour que joue Stephen King à ses lecteurs. En effet, The Gunslinger n’est pas un livre, ni même le premier volume d’une saga de fantasy. C’est une introduction au tout dernier chapitre du volume, qui lance lui-même la saga, et s’annonce lui prometteur. Mais pour en arriver là, que de chemin parcouru ! Tant par Roland (et là, cela aide de mettre un visage sur le nom, même si Idris Elba n’a visiblement pas la « pallid skin » du roman), que pour le lecteur. Les personnages vont et viennent et palabrent beaucoup, l’action se traîne et il n’y a guère de prise pour un semblant d’empathie. Avec deux exceptions, Jake le garçon perdu qui s’attache aux pas de Roland et David son faucon vieillissant. Or, au moment où l’histoire démarre enfin, c’est-à-dire environ trente pages avant la fin, tous les deux sont morts. Pour le moment. Dire que je me suis ennuyée à la lecture de ce livre est un euphémisme. Mais, en raison de ces trente dernières pages, Stephen King m’a suffisamment intrigué pour que je donne sa chance au deuxième volume. Mais s’il retente le même coup pour m’intéresser au trois, ce sera sans moi. Il y a tellement de livres à découvrir que je n’ai pas le temps de me trainer avec des boulets dans un roman !

The Dark Tower 1 – The Gunslinger par Stephen King
Editions Scribner

 

En cadeau, la bande annonce du film attendu en août. Avouez qu’elle donne envie ?