Interruption temporaire des émissions

Le site prend quelques jours de vacances. Retour prévu la semaine du 22 août. D’ici là, n’hésitez pas à farfouiller dans les archives et à regarder ce qu’il vous plaît.  Je vous laisse avec :
– deux listes d’auteurs et autrices chaudement recommandées pour qui aime lire de l’imaginaire : Les incontournables (récents) et les incontournables (au féminin).
– quelques pistes pour trouver de la lecture gratuite : certaines solutions indiquées pour le premier confinement restent d’actualité.
– Et deux articles pour en savoir plus sur la philosophie et le but de ce site : suivant si vous cherchez ici des conseils de lecture, ou si vous voulez en savoir plus sur la façon dont je choisis les livres dont je vous parle.

A bientôt et… bonnes lectures !

Les incontournables (au féminin) de la SFFF


Pour la deuxième édition, sur son
blog, Nevertwhere propose que chacun recense ses classiques de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique (d’où l’acronyme SFFF). Mais cette année au féminin… Challenge relevé, et pimenté par le fait que je ne vais parler uniquement d’autrices toujours actives. Voici donc ma liste d’écrivaines qui, selon moi, méritent votre attention dans la SFFF :

Et je triche d’abord avec les trois premières autrices qui figuraient déjà dans mon classement de l’an dernier :

— Kij Johnson
Découverte grâce à deux titres parus au Belial’, cette autrice américaine a une façon d’écrire le fantastique si naturelle et si contemplative que chaque voyage en sa compagnie est un pur bonheur. Vous pouvez lire mon avis sur chaque titre à cet endroit (avec des illustrations de Nicolas Fructus magnifique) et .

— Martha Wells & Mary Robinette Kowal
Dans deux genres différents, ces deux autrices américaines ont renouvelé la SF américaine dite classique. L’une avec sa saga Murderbot renouvelle le space opera d’aventure en nous plaçant dans la « peau » d’un androïde de sécurité découvrant la conscience de soi et la difficulté de vivre avec des humains et d’autres « artificiels ». L’autre, avec sa série The Lady Astronaut, dont le troisième volume The Relentless Moon vient de sortir en VO et le premier sera disponible prochainement en VF, propose une dystopie au goût de conquête spatiale qui met des étoiles dans les yeux de tous les astronomes et astronautes amateurs. À noter que ces deux autrices écrivent également de la fantasy et du fantastique, mais je n’ai pas lu ce qu’elles proposent dans ces genres. (EDIT en 2022 : toujours pas lu encore dans ces genres.)

Luce Basseterre
Restons la tête dans les étoiles, avec une autrice française dont c’est le genre de prédilection et qui, en trois romans, arrive à proposer des univers pleins de races variées avec un beau mélange entre action, émotion et réflexion et qui joue avec le genre pour laisser son lectorat s’évader la tête dans les étoiles tout en lui offrant quelques perles de sagesse et de tendresse. Et en plus, elle a des vaisseaux vivants ! Mais la dame sait aussi sertir de petites nouvelles dans les différents genres de la SFFF pour notre plus grand bonheur !

— Floriane Soulas
Avec seulement trois romans à son actif, la dame a su s’imposer dans des genres très différents. Du steampunk viscéral de Rouille au space opera des Oubliés de l’Amas (chronique à venir un samedi prochain) en passant par une histoire d’urban fantasy se déroulant au Japon, Les Noces de la Renarde, cette autrice sait entraîner le lecteur à sa suite en lui proposant des univers à chaque fois très immersifs et très différents les uns des autres. À suivre absolument !

 Rivers Solomon
Non-binaire, Rivers Solomon a une plume riche et dense qui est indispensable à la littérature de l’imaginaire actuelle, justement parce que celle-ci va aborder selon des angles très différents des thèmes forts comme la différence, l’injustice, le handicap, le genre, la féminité, et bien d’autres sujets. Si je l’avais découverte avec L’incivilité des fantômes, c’est Sorrowland qui m’a définitivement convaincue de la puissance de son écriture.

— Yumiko Shirai
Dans les mangas japonais, l’imaginaire sous toutes ses formes prend une grande place. Et surtout il n’y a pas – du moins dans ce que nous lisons traduit en France – de préjugés sur ce qu’une femme peut écrire ou non. Et s’il y a de nombreuses mangakas qui se sont essayées à la SF (dont Akane Torikai qui reste meilleure en autrice de polar), Yumiko Shirai ne produit quasiment que dans ce genre. Et sa série Wombs, terminée en cinq volumes, est un modèle du genre. Mêlant science-fiction militaire, maternité et réflexion sur l’altérité, son œuvre est particulièrement riche et, à mon avis, c’est une excellente porte d’entrée vers la lecture de manga pour les fondus de SF qui n’ose pas aborder cette forme de lecture.

 Becky Chambers
Avec l’Espace d’un an et ses suites, Becky Chambers s’est imposée dans la version optimiste de la SF tendance « hopepunk ». Elle montre avec Apprendre, si par bonheur, qu’elle peut aussi se livrer à une réflexion plus dans la tendance « hard SF » toute en mélancolie et en douceur. Et sa nouvelle série The Monk & The Robot , entamée avec A Psalm for the Wild-Built (Un Psaume pour les recyclés sauvages attendu pour la rentrée chez l’Atalante) s’annonce tout aussi optimiste et douce, mais en interrogeant les relations entre les humains et les robots. Prometteur, non ?

— Gail Simone
J’aurais pu citer ici de nombreuses scénaristes de comics ici comme Marjorie Liu (de Monstress) ou G.Willow Wilson, la créatrice de Ms Marvel, mais Gail Simone est chère à mon coeur de lectrice (et pas uniquement parce que j’ai eu le bonheur de la traduire en fantasy). Qu’elle écrive des histoires de super-héros pour Marvel ou pour DC, qu’elle s’aventure dans l’heroïc fantasy donc ou même dans l’horreur pure, cette scénariste sait capter l’attention et surprendre. Soit avec des personnages créés de toutes pièces, soit en apportant plus de profondeurs à des figures connues du genre.

— Ada Palmer
Première œuvre de fiction et déjà un monument ! Qui dit mieux ? Avec Terra Ignota divisée en quatre romans (Trop semblable à l’éclair, Sept Redditions, La Volonté de se battre et Perhaps the Stars – lui même divisé en deux en version française tellement il est dense avec la sortie du dernier volume en octobre chez Le Belial’), Ada Palmer a inventé un univers parfaitement cohérent, créé des personnages attachants, forcé son lecteur à changer ses habitudes et ses a priori pour encore tout déconstruire d’un livre à l’autre et proposer une fin qui ouvre de nouvelles possibilités. Si vous êtes allergiques aux casse-têtes, aux jeux de langage et à la philosophie des Lumières, fuyez… Sinon, prenez le temps de découvrir ces textes et savourez les.

Cette liste correspond à mes incontournables à un instant T. Dans un mois, elle pourrait varier. Et d’autres autrices que j’apprécie pourtant énormément n’y figurent pas. Alors que demain elles y seraient. Et vous ? Qui considérez vous comme des autrices incontournables de l’imaginaire ? Hormis notre mère du genre à tous, Mary Shelley ?

Quelques petites précisions sur le contenu de ce site…

Je comptais comme tous les mardis vous parler d’un livre qui m’a plu, et une énième discussion assez vive dans le petit monde de la blogosphère m’a donné matière à réflexion. Tout était parti d’une maison d’édition qui souhaitait recruter des blogueurs et autres influenceurs pour leur envoyer des exemplaires de ses ouvrages contre chroniques durant l’année à venir, et avec des conditions particulièrement draconiennes pour une activité de loisir, ce qui est — il me semble — le cas de la majorité des blogs parlant de lecture. Je ne la citerai pas, car les foudres de Twitter sont tombés sur cette maison (d’ailleurs elle a depuis annoncé supprimer le caractère obligatoire de certains aspects de cette relation) et car celle-ci précise qu’elle laisse la porte ouverte à des envois de titres sans être partenaire privilégié (ce qui n’est pas le cas de toutes les autres maisons avec des offres similaires, loin de là). Toutefois, ce n’es pas la première à proposer ce genre d’accords. Plusieurs éditeurs dans différents genres littéraires ont déjà proposé des « partenariats » similaires, avec plus ou moins de bonheur. D’autre part, toute la blogosphère n’est pas non plus blanche comme neige, ni exempte de maladresse, moi y compris.
N’ayant pas l’intention de jeter la pierre sur les uns ou les autres, je compte simplement vous expliquer ici comment moi, Stéphanie Chaptal, en tant que propriétaire de De l’autre côté des livres je fonctionne. Je parle bien ici de mon activité sur le site, et non de celle que je peux exercer par ailleurs de façon rémunérée comme journaliste ou autrice, ou comme chroniqueuse bénévole au sein d’une fanzine.

La vocation du site…

Premièrement, comme je le rappelle dans la page de confidentialité, ce site — et les comptes sociaux qui lui sont affiliés — n’a absolument aucune vocation commerciale. Au contraire, j’en paye l’hébergement et le nom de domaine de ma poche. Il se peut qu’un jour, je sollicite une contribution avec un équivalent d’uTip ou autre, mais ce serait alors sur la base du volontariat et je solliciterai votre avis avant. De toute façon, je ne compte ni récolter les données des visiteurs et les vendre au plus offrant, ni placer des bannières publicitaires sur ce site. Ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais. Tout au plus, a-t-il vocation de promotion pour mes activités professionnelles de journaliste, traductrice ou autrice (et si vous êtes intéressés, nous pouvons en discuter ici).
Deuxièmement, j’ai d’abord conçu De l’autre côté des livres comme un carnet de lectures où je partage mes coups de cœur (et beaucoup plus rarement mes coups de gueule) en termes de lecture. Les livres qui m’ont suffisamment plu pour que j’aie envie de dire aux autres : « tiens, ce titre est bien, va z’y, lis-le. » De temps en temps, divers invités viennent donner leur avis sur les livres qu’ils et elles ont lus. Ma seule intervention se limite alors à les présenter et mettre en forme leur texte, c’est leur opinion qui s’exprime et non la mienne (le plus souvent, car ils et elles parlent de livres que je n’ai pas lus).
D’où viennent les livres dont je parle ? Au départ du blog, principalement de ma bibliothèque personnelle et de mes achats récents, voire de mes emprunts en bibliothèque. Puis au fil du temps, j’ai commencé à recevoir des propositions de « service presse », à savoir des livres envoyés gracieusement en espérant une chronique par les éditeurs et/ou les auteurs. Et parfois, il s’agit de titres dont j’ai pu parler par ailleurs dans un cadre professionnel, mais en ayant trop peu de place à mon goût à accorder au titre en question. Notons aussi que je passe parfois par les services de Netgalley ou Babelio pour découvrir de nouveaux auteurs, que ce soit en français ou en anglais.

En ce qui concerne les service presse…

Concernant les services presse, puisque ce sont eux qui ont généré le débat sur Twitter, dans le cadre du blog, il m’arrive d’en solliciter, au coup par coup. Il m’arrive beaucoup plus souvent d’en recevoir sans que je le demande parce que l’auteur ou la maison d’édition estime que le livre en question peut me plaire. Entendons-nous bien, ce n’est pas parce que j’ai reçu le livre gratuitement que je vais en parler sur le blog. Si pour une raison x ou y, je n’ai pas suffisamment aimé le livre pour avoir envie de le recommander ou de le prêter, je n’en parlerai pas, quelle que soit la façon dont il est arrivé entre mes mains. Il faut vraiment que j’ai détesté un livre (et que j’ai eu l’impression de me faire rouler en l’achetant, ce qui exclut de facto ce que j’ai reçu à titre gratuit) pour que je consacre du temps, de l’énergie et de l’espace d’hébergement à un coup de gueule. Un simple : « c’est pas mon style » ou « bof, j’ai abandonné en cours de route. » ou « moui, il se lit mais sans plus. » n’a aucune raison d’être dans un carnet de lecture, et donc d’être sur ce blog. En revanche, généralement, j’enverrai un petit mot à la personne qui me l’a envoyé en privé pour la prévenir de la non-parution, si j’avais demandé ce service presse (et souvent également s’il est arrivé à l’improviste). Si vous m’avez envoyé quelque chose et que vous n’avez pas de nouvelles de ma part, n’hésitez à m’envoyer un courrier, il est fort probable que votre texte soit dans l’une de mes monstrueuses PAL (pile à lire pour les intimes), tant physique que numérique. Vous l’aurez compris, même en lisant beaucoup pour mon plaisir (entre 3 et 4 livres par semaine, y compris des relectures, hors période de vacances) et même si le livre m’a plu, je ne m’engage pas sur une parution — sauf exception rarissime — dans le mois ou les semaines qui suivent la réception d’un service presse. De l’autre côté des livres reste avant tout un site de passion pour moi, et je ne veux pas qu’il devienne une corvée, ce qui se ressentirait sur l’intérêt de mes recensions, me semble-t-il. C’est également pour cette raison, que je ne signale pas systématiquement si le livre chroniqué a été reçu en service presse, acheté, était déjà en ma possession ou a été emprunté en bibliothèque. Je ne veux pas créer de hiérarchie entre mes lectures, ni laisser planer le doute sur la sincérité d’une critique.
Pour finir, notez bien que ces explications ne concernent que mon propre fonctionnement sur mon blog. En tant que blogueuse, comme en tant que lectrice lambda, je fais mien les droits du lecteur tels que définis par Daniel Pennac. Je ne considère pas que c’est la conduite à tenir pour un blog littéraire, et ne juge donc pas celles et ceux qui ont un fonctionnement différent. Je considère juste que c’est celle qui me convient. Et si vous avez des questions, des remarques ou des commentaires, n’hésitez pas à m’en faire part !

N.B. : Les commentaires sont modérés a priori sur ce blog, uniquement pour ne pas noyer chaque chronique ou article sous un flot de spam sans intérêt.

En guise d’apéritif — Fournaise

Comme son parèdre éditorial, Scylla, l’avait fait avant avec Bienvenue à Sturkeyville, les éditions Dystopia s’apprêtent à publier un recueil de nouvelles de Livia Llewellyn, Fournaise au mois de novembre prochain. Alors que la précommande bat son plein, la nouvelle-titre du recueil est disponible gratuitement en téléchargement, traduite comme toutes les autres par Anne-Sophie Homassel.
L’histoire est racontée par une jeune fille. Elle explique les changements survenus dans sa ville natale. Ceux-ci, délétères et insidieux, s’attaquent aux magasins comme aux habitants jusqu’à ce qu’il n’y a plus qu’elle, sa mère et leurs souvenirs…
Livia Llewellyn est une autrice œuvrant depuis le début du XXIe siècle et écrivant principalement des nouvelles d’horreur « sexuellement explicite » selon ses propres termes et des poèmes. Fournaise n’est pas sexuellement explicite et son horreur est insidieuse, mais elle dépeint quelques scènes proprement effrayantes et, bien que s’adressant à des adultes, son texte n’est pas sans rappeler le Coraline de Neil Gaiman. Si ce texte donne le ton du recueil à venir, je ne vais pas regretter ma précommande.
Si vous souhaitez découvrir d’autres textes de l’autrice en attendant le recueil, son site liste certaines de ses publications à lire en ligne (en anglais).

Fournaise
de 
Livia Llewellyn
traduction d’
Anne-Sophie Homassel
Éditions
Dystopia

Marmite et micro-ondes : une mise en bouche

La plate-forme de crowdfunding Ulule regorge d’œuvres littéraires ou de magazines cherchant à financer leur publication par leurs lecteurs. Certaines d’entre elles ont attiré mon œil et ma carte bancaire, comme l’anthologie Marmite et micro-ondes qui mêle récits de l’imaginaire et cuisine. En guise d’apéritif, j’ai eu le privilège de lire La Troisième dimension, la nouvelle de Romain Lucazeau figurant parmi les vingt textes de cette anthologie.
Courte, La Troisième dimension mélange habilement des thématiques à mi-chemin entre certains textes de Mark Twain (qui n’a pas écrit que Les aventures de Tom Sawyer) et ceux d’Adrian Tchaïkovsky, avec un style penchant vers le steampunk sauf que… Anthologie oblige, tout se passe à l’intérieur d’un réfrigérateur parisien… Et je ne vous en dirais pas plus pour ne pas divulgâcher toute la saveur de ce texte d’une vingtaine de pages. Elle est tout bonnement alléchante et donne envie de poursuivre sa dégustation par les autres textes de cette anthologie. Et qui sait, si le palier des 8500 € est franchi, avoir droit à une double ration avec une deuxième tome ?

Marmite et micro-ondes
Anthologie coordonnée par Vincent Corlaix et Olivier Gechter
À paraître aux éditions Gephyre

Lectures en vrac

En cette période estivale, j’ai, comme souvent, lu et relu, tout ce qui me tombait sous la main. De ma moisson depuis début juillet, voici quatre titres variés :

Contes de la fée verte

J’ai toujours aimé l’écriture de Poppy Z Brite et son horreur gothique teintée de romances. Si je préfère ses romans comme Âmes perdues ou Sang d’encre, ce recueil de nouvelles, Les contes de la fée verte (en VO le bien plus glauque Swamp fœtus) est une bonne introduction à son univers fantastique, très différent de ses œuvres plus récentes. J’ai une certaine tendresse pour des nouvelles comme Anges ou Prise de tête à New York car elles utilisent Ghost et Steve, mes chouchous depuis Âmes perdues. Mais d’autres sont également très belles comme La Sixième sentinelle ou Musique en option pour voix et piano. Toutes ne sont pas particulièrement remarquables : j’avoue ainsi avoir été déçue par Xénophobie, et la bêtise crasse de ses protagonistes. Mais elles ont toutes une petite mélodie macabre et douceâtre en elles qui vous ensorcèle.

Les contes de la fée verte
de Poppy Z Brite
Traduction de Jean-Daniel Brèque
Éditions Denoël

Un océan de rouille

Décidément, entre l’écriture de C. Robert Cargill et moi, le courant ne passe pas. Si j’avais été très déçue par sa nouvelle
Hell Creek, j’ai plus apprécié ce roman, sans pour autant être tombée sous le charme. Il faut dire que l’idée de rejouer Mad Max dans un univers où le Skynet et ses petites sœurs de Terminator ont gagné tourne assez vite au réchauffé. Le postulat de base donc est un monde post-apocalyptique où avec l’avènement des vraies IA et des robots, l’humanité est devenue obsolète et après une guerre de la chair contre la machine, a disparu ainsi que toute forme de vie biologique. Ayant transformé la Terre en gigantesque décharge, les formes de vie électroniques s’affrontent entre elles avec d’un côté les UMI, d’énormes intelligences collectives utilisant des robots de différentes formes comme « facettes » ou terminaux d’exécution, et des robots indépendants n’ayant pas rejoint l’Unité des UMI et survivants tant que leurs différentes pièces mécaniques ne sont pas usées. Nous suivons Fragile, une « aidante » c’est-à-dire un robot dévolu aux soins à la personne, qui depuis la disparition de l’Humanité survit en tuant les « erreurs 404 », les robots trop endommagés pour fonctionner de façon rationnelle, et en cannibalisant leurs pièces pour les revendre. Devenue elle-même une erreur 404, elle cherchera sa survie en accompagnant à travers l’Océan de rouille, des robots investis d’une mission sacrée.
Et… C’est là que le bat blesse. Au final, outre la Fragile franchement peu sympathique et ses flashbacks vers le passé,
cette quête robotico-mystique devient assez indigeste au final. Scénariste de films, C. Robert Cargill écrit ses romans comme des scénarios avec tous les retournements convenus dans un bon blockbuster hollywoodien et avec tous les défauts de ce genre d’œuvre. Si vous avez vu pléthore de films de cyborgs ou de films post-apocalyptiques des années 80 ou 90, Un Océan de rouille ne vous surprendra pas un seul instant. Sinon, jetez-y un œil.

Un océan de rouille
de
C. Robert Cargill
Traduction de Florence Dolisi
Éditions Albin Michel Imaginaire

The Haunting of Tram Car 015

Lu dans le cadre de la sélection pour les Hugo Awards 2020, cette histoire steampunk se distingue par son cadre et par les créatures impliquées. En effet, nous ne sommes pas à Londres ou Paris, mais au Caire en 1912. Devenue grande puissance technico-commerciale depuis que la magie et la collaboration avec les djinns sont devenues des faits reconnus, la métropole égyptienne s’agite alors que le droit de vote des femmes est en débat au Parlement. Pendant ce temps, nous suivons un vieux routard du ministère de l’alchimie, enchantements et entités surnaturelles et le novice sous ses ordres enquêtant sur la hantise d’une voiture de tramway aérien. De fil en aiguille, ils devront demander de l’aide à des sources inhabituelles pour comprendre quelle est la créature dans le Tram 015 et surtout comment s’en débarrasser avant qu’elle ne fasse d’autres victimes.
Si la trame
du récit est très convenue, l’originalité de cette histoire tient en sa localisation et dans la façon dont fonctionnent les différentes magies, ainsi que dans celle où humains, entités surnaturelles et automates coexistent plus ou moins de façon égalitaire dans la ville. Je ne connaissais pas P. Djèlí Clark comme auteur, mais je vais m’y intéresser de plus près.

The Haunting of Tram Car 015
de P. Djèlí Clark
Éditions Tor

Aposimz

Après Biomega et Blame!, j’ai voulu tenter la nouvelle série de Tsumohu Nihei. Quatre volumes plus loin, elle ne m’a pas enchantée. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est une énième déclinaison de sa thématique fétiche : l’interfaçage homme-machine et la survie dans un monde étrange où les règles évoluent constamment. Ici ce n’est pas un bâtiment géant comme dans Blame! mais un planétoïde artificiel où l’humanité aisée vit dans les entrailles du satellite et les plus pauvres sont rejetés à la surface et court le risque d’être transformés en marionnette (comprendre des espèces d’automates plus ou moins puissants suivant le mode de contamination). Lorsque son village de la surface est détruit par les soldats de l’Empire régnant au sous-sol, Essro se transforme volontairement en marionnette et va s’allier avec Titiana, venue d’encore plus en profondeur dans la planète pour se venger. L’histoire est bonne et intéressante, mais elle a un fort côté de déjà vu par rapport aux œuvres précédentes de Tsumohu Nihei qui fait que je n’ai pas accroché plus que ça. Le trait du mangaka est toujours aussi beau, mais l’image très claire (et justifiée par une planète glacée) peut gêner certains lecteurs plus habitués à des mangas plus contrastés.

Aposimz t.1 à 4
de Tsumohu Nihei
traduction de Yohan Leclerc
Éditions Glénat

Les incontournables (récents) en SFFF

Sur son blog, Nevertwhere propose que chacun recense ses classiques récents de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique (d’où l’acronyme SFFF)… Vous me connaissez ? J’ai du mal avec les listes ou avec un cadre imposé… Mais je trouve l’idée intéressante. Et donc plutôt que vous proposer une série de livres à lire absolument, je vais vous suggérer une liste d’auteurs et autrices qui m’intriguent et qui ont su renouveler les littératures de l’imaginaire ces dix dernières années :

— John Scalzi

Depuis Le Vieil homme et la mer, John Scalzi a toujours su réinventer les classiques de la science-fiction avec des histoires toujours en lien avec l’actualité, que ce soit du space opera comme la trilogie de l’Interdépendance (cf ici, ici et ici) ou en mode cyberpunk (comme ici). Sarcastique et drôle, il vous garantit un bon moment de lecture.

— Kij Johnson

Découverte grâce à deux titres parus au Belial’, cette autrice américaine a une façon d’écrire le fantastique si naturelle et si contemplative que chaque voyage en sa compagnie est un pur bonheur. Vous pouvez lire mon avis sur chaque titre à cet endroit (avec des illustrations de Nicolas Fructus magnifique) et .

Kim Harrison/Jim Butcher

J’avoue, l’urban fantasy est mon péché mignon alors que je ne suis pas particulièrement friande de fantasy. Et chacun à leurs manières, ces deux auteurs américains ont su me captiver avec leurs séries respectives : The Hollows et The Dresden Files. Chacun sort d’ailleurs de nouveaux romans dans ces séries cette année : American Demon pour Kim Harrison, Peace Talks et Battle Ground pour Jim Butcher

— Liu Cixin

Sa trilogie du Problème à trois corps fut une révélation, car je ne connaissais pas du tout la science-fiction à la chinoise. Sa novella, Terre errante, a de nombreux défauts, mais elle sait capter le lecteur et donner à réfléchir sur ses personnages. À suivre…

— Ken Liu

C’est grâce au précédent que j’ai découvert Ken Liu, car celui-ci fut le traducteur en anglais du premier et du troisième volume du Problème à trois corps (je n’ai pas retenu le nom du traducteur du deuxième, mais il est nettement moins bon). Depuis j’ai lu deux de ses novellas dans la collection Une Heure-Lumière du Bélial’, dont L’Homme qui mit fin à l’histoire et certaines de ses nouvelles en fantasy. Son style est magnifique et ses histoires ne manquent jamais d’originalité…

— Tade Thompson

Continuons par un très gros coup de cœur… Je vous ai parlé des deux novellas horrifiques écrites par ce médecin britannique, je vais bientôt vous entreprendre de sa trilogie de SF, Rosewater, située elle dans un proche futur au cœur du Nigeria. Dans deux styles complètement opposés l’un à l’autre, Tade Thompson arrive à vous mettre dans la peau de ses personnages et à vous surprendre par un récit jamais conventionnel. Un vrai régal.

— Martha Wells/Mary Robinette Kowal

Dans deux genres différents, ces deux autrices américaines ont renouvelé la SF américaine dite classique. L’une avec sa saga Murderbot renouvelle le space opera d’aventure en nous plaçant dans la « peau » d’un androïde de sécurité découvrant la conscience de soi et la difficulté de vivre avec des humains et d’autres « artificiels ». L’autre, avec sa série The Lady Astronaut, dont le troisième volume The Relentless Moon vient de sortir en VO et le premier sera disponible prochainement en VF, propose une dystopie au goût de conquête spatiale qui met des étoiles dans les yeux de tous les astronomes et astronautes amateurs. À noter que ces deux autrices écrivent également de la fantasy et du fantastique, mais je n’ai pas lu ce qu’elles proposent dans ces genres.

Cette liste correspond à mes incontournables à un instant T. Dans un mois, elle pourrait varier. Et d’autres auteurs n’y figurent pas. Ainsi, Tamsyn Muir n’ayant écrit qu’un livre à l’heure où j’écris ces lignes (le deuxième Harrow The Ninth est attendu ces jours-ci), il est trop tôt pour la définir comme incontournable. De même, je n’ai lu qu’un livre de Stephen Graham Jones, c’est un peu court pour me faire une opinion de son œuvre.

Où trouver de la lecture en période de confinement ?

Si vous êtes coincés chez vous comme une bonne partie de l’Europe en ce moment, que faire ? Lire. Oui mais quoi ? Vous pouvez d’ores et déjà relire vos livres en votre possession. Ou comme le souligne Ombresbones sur son blog, le COVID-19 et les mesures de confinement, dont la fermeture des librairies et des bibliothèques, vont mettre à mal un secteur déjà bien fragile. Ce court billet de blog est destiné à vous fournir des pistes pour trouver de nouvelles idées de lectures, gratuites ou non, et des idées pour soutenir vos maisons d’éditions et libraires préférés. Vous pouvez sous les commentaires ou via les différents réseaux sociaux où je suis active me donner vos bons plans et je les ajouterais au fur et à mesure.

Où se procurer des livres gratuitement ?
— Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France regorge de livres, de manuscrits de textes numérisés, avec notamment des listes de livres libres de droits à télécharger en fonction de vos envies ou de vos âges.
— Le Projet Gutenberg propose plus de 54 000 livres en accès libre, en anglais, en français, en portugais ou en allemand. Le site est vieillot, mais l’offre est très intéressante.
Et ce site fait la même chose pour la littérature jeunesse. Celui-ci également mais en plusieurs langues.
— Framabook propose des titres divers et variés, dont Working Class Heroic Fantasy. Tout comme Ebooksgratuits.
— À
l’image de la ville de Paris, de nombreuses bibliothèques proposent des prêts en numérique. C’est l’occasion de tester alors que les bibliothèques physiques sont elles fermées. À noter que depuis début avril et jusqu’au 30 juin, il n’est plus nécessaire d’avoir une carte de bibliothèque valable pour emprunter à Paris. Tout le monde peut emprunter dans son catalogue.
— 
La SNCF a également une bibliothèque de livres à disposition.
— 
Vous avez également la possibilité de tester des livres audio comme sur Litteratureaudio, bibliboom, Livreaudio (attention gratuité temporaire pour le confinement) ou Librivox.
Exceptionnellement certains auteurs mettent une partie de leur œuvre à la disposition de tous comme Stjepan Sejic (attention les BD proposées sont pour adultes avertis), Neil Gaiman (en anglais), Graham Masterton (en anglais), Tade Thompson (en anglais), Alexandre Jarry,
Neil Jomunsi et notamment son Projet Bradbury, Emmanuel Chastellière ou beaucoup d’autres… Un bon moyen de les retrouver est de suivre le mot-dièse #ConfinementLecture. Certains éditeurs comme Dargaud, Glénat, Delcourt, Zones, Les éditions du 38, Zulma, Libertalia, Au Diable vauvert, le Tripode ou Biscoto en font autant. Les distributeurs s’y mettent aussi comme la FNAC ou le Furet du Nord.
Les livres d’art du musée Guggenheim sont disponibles eux gratuitement à cette adresse.
Autres mesures exceptionnelles :
– l’Opération Bol d’air vous propose un livre numérique par jour à télécharger à partir du 21 mars ! Attention, les livres ne sont téléchargeables gratuitement que durant 72h.
ConfinementLecture qui vous expédie cinq livres numériques ou un livre audio par jour pendant trois semaines. À commencer quand vous voulez.
Certains en profitent pour expérimenter comme cette série audio à écouter sur Instagram. (MAJ du 31/10/20 – l’opération a repris pour le 2e confinement sous une autre forme : l’expédition d’un seul courrier électronique contenant 15 livres numériques)
Rivière Blanche propose l’envoi en numérique (PDF ou ePUB au choix) de (1) LES SURVIVANTS DE L’HUMANITÉ; ou (2) LA FONTAINE DE JOUVENCE; ou (3) HEXAGON: MATIERE NOIRE. Il suffit de leur envoyer un mail à info@riviereblanche.com (pour mémoire et pour éviter de laisser votre adresse mail principale dans un fichier, vous pouvez créer un mail temporaire sur de nombreux services Web comme Yopmail gratuitement).

Comme ajouté par Jean-Daniel Brèque en commentaire, d’autres sites gratuits:
Project Gutenberg Australia (ne fait pas double emploi avec l’américain; uniquement en anglais, je crois):
http://gutenberg.net.au/
Roy Glashan’s Library (surtout en anglais, mais un peu d’allemand… et de latin!):
http://freeread.com.au/
Et bien sûr le grand ancêtre (en majorité en anglais; attention! leurs ebooks sont parfois bruts de décoffrage, on préférera les fichiers pdf/images):
https://archive.org/

Où trouver de la lecture payante ?
Lire gratuitement c’est bien, mais les autrices et auteurs et toute la chaîne de vente du livre ont aussi besoin du soutien des lecteurs. Comment faire ? Si vous aimez lire en numérique ou en audio achetez par ce biais. Outre l’omniprésent Amazon vous trouverez de bonnes lectures sur 7 switch, Emaginaire (qui propose également une sélection de BD et romans gratuits durant cette période), Les Libraires ou ePagine, entre autres. Vous pouvez également dans certains cas acheter directement sur le site de l’éditeur, c’est le cas pour Le Bélial’, Les Moutons électriques, les éditions Dystopia, Plumes du Web, MxM Bookmark et bien d’autres. Noir d’absinthe propose une opération spéciale : tout le catalogue téléchargeable à prix libres avec une nouveauté en prime. Passez par défaut sur le site de vos maisons d’édition préférées et regardez s’il n’y a pas de boutique numérique associée.

Si vous préférez lire en version papier, et si votre commerce alimentaire de proximité n’a pas un rayon librairie étoffé, il faudra patienter un peu. MAJ du 27/03/20 La Poste a réduit ses activités à l’essentiel et des livraisons sont désormais majoritairement réservées à des produits de première nécessité (comme les médicaments ou la nourriture). Certains livres passent, mais les délais sont longs. Vous pouvez alors soit passer commander sur le site de la maison d’édition (et toutes ou presque ont une boutique pour les expéditions papier), soit passer par des sites, outre l’omniprésent Amazon, La Librairie, Librairies indépendantes ou Places des libraires (qui vend également du numérique). En revanche, comme votre libraire de quartier ou spécialisé va fermer, il est peut être temps de faire un effort et de lui commander quelque chose qu’il vous expédiera ou que vous irez chercher post-confinement, histoire de lui constituer une réserve de trésorerie pour les frais et payer l’équipe ? Les explications du Renard doré à ce sujet sont limpides. Celles de la Libraire Scylla également. À noter pour les Parisiens, le réseau Librest.com propose dans les librairies partenaires le Click&Collect sans contact. MAJ du 21/04/20 Le site Je soutiens ma librairie recense peu à peu toutes les initiatives pour aider à la survie et préparer la réouverture des librairies de quartiers : vous pouvez le consulter pour voir qui fait du Click&Collect, qui propose des bons d’achats, qui lance une cagnotte, etc.
MAJ du 30/10/20 Pour ce deuxième confinement, les opérations exceptionnelles ne sont pas relancées (pour l’instant), mais les librairies indépendantes ont droit de proposer le Click&Collect sans contact et la livraison à domicile. Choisissez ce qui vous convient le mieux et ce qui permet la meilleur protection sanitaire pour vous et pour les vendeurs/livreurs.

Ce que la littérature de science-fiction peut nous apprendre de l’informatique actuelle

Le 30 juin dernier, je donnais en compagnie de René-Marc Dolhen, président de Noosfère, une conférence sur science-fiction et intelligence artificielle à Pas Sage en Seine. Si le sujet vous intéresse, en voici la captation vidéo.

 

Si vous ne voyez rien ci-dessus, merci de cliquer sur le lien : https://video.passageenseine.fr/videos/watch/6a3001bd-625a-4a8c-aeb6-a2a03e505612 L’instance Peertube fait des siennes. 🙂

Et voici la liste de livres de référence dont nous avons parlé sur ce sujet ainsi que les éditions où vous pourrez trouver une version française. La date entre parenthèses correspond à l’édition originale pour mesurer la distance entre le futur imaginé dans le texte et la réalité actuelle.
— Le cycle des robots d’Isaac Asimov qui pose les trois lois de la robotique. Il commence par Les Cavernes d’aciers (1954) disponibles aux Éditions J’ai Lu — Sur l’onde de choc de John Brunner (1975) disponible en France au Livre de Poche ou dans l’intégrale La Tétralogie Noire parue chez Mnémos
Un logique nommé Joe (1946) paru en France aux Éditions Le Passager clandestin
ORA:CLE de Kevin O’donnell (1983) disponible aux Éditions J’ai Lu
Demain les puces anthologie dirigée par Patrice Duvic (1986) disponibles aux Éditions Denoël
La Justice de l’Ancillaire (2013), L’Epée de l’Ancillaire (2014) et la Miséricorde de l’Ancillaire (2015) de Ann Leckie disponibles aux Éditions J’ai Lu
L’espace d’un an (2014) et Libration (2016) de Becky Chambers disponibles aux Éditions L’Atalante
Les Enfermés (2014) et Prise de tête (2018) de John Scalzi disponibles aux Éditions L’Atalante
Journal d’un Assasynth de Martha Wells — la tétralogie des Murderbots commence à être traduite en France chez L’Atalante avec Défaillances système et Schémas artificiels
Neuromancien de William Gibson (1984) disponible aux Éditions J’ai Lu — Le Samouraï virtuel de Neal Stephenson (1992) disponible aux Éditions Livre de Poche et sous le titre original Snow Crash aux Éditions Bragelonne — Le Code Enigma de Neal Stephenson (1999) disponible aux Éditions Livre de Poche
Le Réseau de Neal Stephenson (2011) disponible aux Éditions Sonatine
Le problème à trois corps de Liu Cixin (2006) disponible aux Éditions Acte Sud
— Le cycle de la Culture de Iain M. Banks entamée en 1988 avec L’Homme des jeux et ses suites disponibles aux Éditions Livre de Poche
La Nuit des enfants-rois de Bernard Lenteric (1981) disponible aux Éditions Livre de Poche et d’Olivier Orban
Dans la dèche au Royaume enchanté de Cory Doctorow (2006) Disponible aux Éditions Gallimard (Folio SF)
Nuage orbital de Taiyo Fujii (2014) disponible en France aux Éditions Atelier Akatombo
Les futurs mystères de Paris de Roland C Wagner (série entamée en 1996) les livres sont disponibles chez Fleuve noir, chez J’ai Lu et chez L’Atalante — Starfish (1999), Rifteurs (2001) et Béhémoth (2004) de Peter Watts disponible en France chez Fleuve noir et Pocket
Comprends de Ted Chiang, une nouvelle parlant de réalité augmentée et de publicité personnalisée intégrée au recueil La Tour de Babylone (2002) paru aux Éditions Denoël

Suggéré par Sabrina Calvo
Idoru de William Gibson (1996) disponible chez J’ai Lu
Suggéré par Franck Mée (voir commentaire)
Hypérion de Dan Simmons (1989) disponible chez Pocket
Suggéré par Lætitia (voir commentaire)
Le Peuple d’argile de David Brin (2001) disponible chez Presse de la cité. Une histoire mêlant clonage, golem et téléchargement de conscience.

Si vous avez d’autres titres sur ce thème, n’hésitez pas à les donner en commentaire. Je complèterai la liste.

Faut-il donner des conseils en matière de lecture ?

Aujourd’hui, je ne vais pas vous recommander un livre, mais plutôt parler de ce qui me gêne le plus : dire aux gens ce qu’ils doivent ou ne doivent pas faire en matière de lecture. Étonnant pour un blog consacré aux livres ? Non pas vraiment. Souvent, surtout depuis l’ouverture des sites, on me demande mon avis sur tel écrivain ou tel genre, comme si je faisais autorité en la manière. Eh bien, ce n’est pas le cas. Si le genre ne m’intéresse pas, au hasard la romance pure ou les souvenirs militaires, je ne peux pas avoir d’avis puisque je n’en lis pas. De même, si j’ai des avis tranchés sur certains auteurs, c’est toujours après avoir lu au moins un livre d’eux. Et ça n’est qu’une opinion d’une lectrice, pas une décision digne d’un quelconque guide Michelin de la littérature.
En effet, la lecture, comme tous les loisirs, est quelque chose de très personnel. Certains vont dévorer beaucoup de livres tout le temps, d’autres n’en liront peut-être qu’un par an, voire moins. Certains vont chercher toujours la nouveauté, d’autres liront et reliront toujours les mêmes textes. Et une même personne pourra passer de ne rien parcourir à lire tout ce qui lui tombe sous la main, ou l’inverse suivant ses humeurs, son rythme de vie ou que sais-je encore… J’adhère complètement aux droits des lecteurs selon Daniel Pennac dont vous trouvez ci-dessus une version illustrée par Quentin Blake. Et si j’adore lire et j’aime partager les lectures qui m’ont plu, ce n’est pas pour obliger quiconque à lire plus ou à adhérer à mes choix de lecture. Juste de faire partager ce qui m’a plu et découvrir en retour de nouveaux titres ou de nouveaux auteurs.

De même, je n’entrerais pas dans la guerre livre papier contre livre numérique ou livre audio. Chaque support a ses adeptes, ses avantages et ses inconvénients. À chacun de choisir ce qu’il lui plaît. À titre personnel, je lis en version papier — achetés, offerts ou empruntés dans les bibliothèques du quartier, et en version numérique (sur une liseuse Kobo Clara en achetant des livres sur différents libraires en ligne – si possible sans DRM, directement chez les éditeurs ou les auteurs quand c’est possible, ou en passant par des bibliothèques en ligne comme Gallica). Je ne lis pas de livres audio, tout simplement parce que j’aime lire en musique ce qui est un peu incompatible avec cette forme de lecture. Si un jour ma vue baisse terriblement, qui sait ? Mais si vous lisez sur tablette, uniquement des livres en grands formats, avec une autre liseuse que la mienne ou uniquement des livres audio grands bien vous fassent… Tant que vos choix conviennent à vos envies, tant mieux.

Enfin, certaines des questions qui reviennent le plus souvent sont : « Ce titre peut convenir à un enfant ? Un ado ? » « C’est pas trop violent ? » Et là… Je sèche. Il faut dire que je n’ai jamais censuré mes lectures. Enfant je lisais tout ce qu’il y avait comme livres à la maison, y compris La Cité des sortilèges de Han Suyin à huit ans et La Philosophie dans le boudoir de Sade à 14 ans, et visiblement je n’en suis pas sortie traumatisée. Hormis quelques réflexions parentales (« Prends au moins un vrai livre en plus de tes machins de SF. ») au moment de passer en caisse, je ne me souviens pas m’être fait interdire un titre plutôt qu’un autre.
Et mère ? J’ai tendance à appliquer le même principe. Du moment que l’enfant sait lire dans la langue du texte, sait se servir d’un dictionnaire et sait qu’un parent est là pour discuter de ce qui peut lea choquer ou gêner dans sa lecture, que l’enfant — ou l’adolescent — lise ce qui lui fait envie. Quelquefois le parent ira au-devant de déconvenues, car les titres adorés aux mêmes âges que la progéniture seront rejetés par celle-ci, mais c’est la vie. Voire certains enfants de grands lecteurs ne lisent pas du tout (je n’ai, au grand dam de mon compte bancaire, pas hérité de ce modèle économique)… Les enfants ne sont pas nos clones. Je me vois mal interdire un livre au prétexte qu’il est trop violent ou trop érotique ou autre. Peut-être parce que la lecture, même de BD, laisse plus de place à l’imagination qu’une mise en image animée sous forme de film ou de jeux vidéo ? J’aurais d’ailleurs souvent tendance à dire : « Tu veux voir “Simetierre”, “Harry Potter” ou “Orange mécanique” ? OK, mais lis le livre d’abord. Si tu le finis et que tu en as toujours envie, on verra le film. » De plus, interdire quelque chose à un adolescent est le meilleur moyen pour l’inciter à le faire ou le lire. Mine de rien, les jeunes s’autocensurent très bien tout seuls, ils n’ont pas besoin de nous pour les y aider.

En conclusion, voici quelques bons plans pour vos lectures en numérique :
— Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France regorge de livres, de manuscrits de textes numérisés, avec notamment des listes de livres libres de droits à télécharger en fonction de vos envies ou de vos âges.
— Si vous voulez lire en numérique sans dépendre de la librairie associée à votre liseuse ou votre tablette, je vous conseille Calibre, un logiciel libre et gratuit (fonctionnant aussi bien sous Windows, Linux ou mac OS) pour gérer votre bibliothèque personnelle. Il est très riche, au point que même après des années de pratique, je n’utilise encore qu’un dixième de ses fonctions.
— Pour celles et ceux qui lisent en numérique, voici un pas-à-pas pour retirer les verrous numériques (ou DRM – digital right management) que certaines boutiques ou certains éditeurs imposent sur leurs fichiers. Il fonctionne avec Calibre :
https://post-tenebras-lire.net/retirer_drm_ebook_calibre/
— Amatrice de littérature de l’imaginaire, en matière de lecture numérique, j’ai tendance à trouver mon bonheur sur 7switch ou sur Emaginaire pour les livres français, pour les livres dans les autres langues je passe le plus souvent par l’éditeur. Précision, ceci n’est pas une publicité et je n’ai aucune réduction chez eux.

Sur ce, bonne lecture !