Marmite et micro-ondes : une mise en bouche

La plate-forme de crowdfunding Ulule regorge d’œuvres littéraires ou de magazines cherchant à financer leur publication par leurs lecteurs. Certaines d’entre elles ont attiré mon œil et ma carte bancaire, comme l’anthologie Marmite et micro-ondes qui mêle récits de l’imaginaire et cuisine. En guise d’apéritif, j’ai eu le privilège de lire La Troisième dimension, la nouvelle de Romain Lucazeau figurant parmi les vingt textes de cette anthologie.
Courte, La Troisième dimension mélange habilement des thématiques à mi-chemin entre certains textes de Mark Twain (qui n’a pas écrit que Les aventures de Tom Sawyer) et ceux d’Adrian Tchaïkovsky, avec un style penchant vers le steampunk sauf que… Anthologie oblige, tout se passe à l’intérieur d’un réfrigérateur parisien… Et je ne vous en dirais pas plus pour ne pas divulgâcher toute la saveur de ce texte d’une vingtaine de pages. Elle est tout bonnement alléchante et donne envie de poursuivre sa dégustation par les autres textes de cette anthologie. Et qui sait, si le palier des 8500 € est franchi, avoir droit à une double ration avec une deuxième tome ?

Marmite et micro-ondes
Anthologie coordonnée par Vincent Corlaix et Olivier Gechter
À paraître aux éditions Gephyre

Lectures en vrac

En cette période estivale, j’ai, comme souvent, lu et relu, tout ce qui me tombait sous la main. De ma moisson depuis début juillet, voici quatre titres variés :

Contes de la fée verte

J’ai toujours aimé l’écriture de Poppy Z Brite et son horreur gothique teintée de romances. Si je préfère ses romans comme Âmes perdues ou Sang d’encre, ce recueil de nouvelles, Les contes de la fée verte (en VO le bien plus glauque Swamp fœtus) est une bonne introduction à son univers fantastique, très différent de ses œuvres plus récentes. J’ai une certaine tendresse pour des nouvelles comme Anges ou Prise de tête à New York car elles utilisent Ghost et Steve, mes chouchous depuis Âmes perdues. Mais d’autres sont également très belles comme La Sixième sentinelle ou Musique en option pour voix et piano. Toutes ne sont pas particulièrement remarquables : j’avoue ainsi avoir été déçue par Xénophobie, et la bêtise crasse de ses protagonistes. Mais elles ont toutes une petite mélodie macabre et douceâtre en elles qui vous ensorcèle.

Les contes de la fée verte
de Poppy Z Brite
Traduction de Jean-Daniel Brèque
Éditions Denoël

Un océan de rouille

Décidément, entre l’écriture de C. Robert Cargill et moi, le courant ne passe pas. Si j’avais été très déçue par sa nouvelle
Hell Creek, j’ai plus apprécié ce roman, sans pour autant être tombée sous le charme. Il faut dire que l’idée de rejouer Mad Max dans un univers où le Skynet et ses petites sœurs de Terminator ont gagné tourne assez vite au réchauffé. Le postulat de base donc est un monde post-apocalyptique où avec l’avènement des vraies IA et des robots, l’humanité est devenue obsolète et après une guerre de la chair contre la machine, a disparu ainsi que toute forme de vie biologique. Ayant transformé la Terre en gigantesque décharge, les formes de vie électroniques s’affrontent entre elles avec d’un côté les UMI, d’énormes intelligences collectives utilisant des robots de différentes formes comme « facettes » ou terminaux d’exécution, et des robots indépendants n’ayant pas rejoint l’Unité des UMI et survivants tant que leurs différentes pièces mécaniques ne sont pas usées. Nous suivons Fragile, une « aidante » c’est-à-dire un robot dévolu aux soins à la personne, qui depuis la disparition de l’Humanité survit en tuant les « erreurs 404 », les robots trop endommagés pour fonctionner de façon rationnelle, et en cannibalisant leurs pièces pour les revendre. Devenue elle-même une erreur 404, elle cherchera sa survie en accompagnant à travers l’Océan de rouille, des robots investis d’une mission sacrée.
Et… C’est là que le bat blesse. Au final, outre la Fragile franchement peu sympathique et ses flashbacks vers le passé,
cette quête robotico-mystique devient assez indigeste au final. Scénariste de films, C. Robert Cargill écrit ses romans comme des scénarios avec tous les retournements convenus dans un bon blockbuster hollywoodien et avec tous les défauts de ce genre d’œuvre. Si vous avez vu pléthore de films de cyborgs ou de films post-apocalyptiques des années 80 ou 90, Un Océan de rouille ne vous surprendra pas un seul instant. Sinon, jetez-y un œil.

Un océan de rouille
de
C. Robert Cargill
Traduction de Florence Dolisi
Éditions Albin Michel Imaginaire

The Haunting of Tram Car 015

Lu dans le cadre de la sélection pour les Hugo Awards 2020, cette histoire steampunk se distingue par son cadre et par les créatures impliquées. En effet, nous ne sommes pas à Londres ou Paris, mais au Caire en 1912. Devenue grande puissance technico-commerciale depuis que la magie et la collaboration avec les djinns sont devenues des faits reconnus, la métropole égyptienne s’agite alors que le droit de vote des femmes est en débat au Parlement. Pendant ce temps, nous suivons un vieux routard du ministère de l’alchimie, enchantements et entités surnaturelles et le novice sous ses ordres enquêtant sur la hantise d’une voiture de tramway aérien. De fil en aiguille, ils devront demander de l’aide à des sources inhabituelles pour comprendre quelle est la créature dans le Tram 015 et surtout comment s’en débarrasser avant qu’elle ne fasse d’autres victimes.
Si la trame
du récit est très convenue, l’originalité de cette histoire tient en sa localisation et dans la façon dont fonctionnent les différentes magies, ainsi que dans celle où humains, entités surnaturelles et automates coexistent plus ou moins de façon égalitaire dans la ville. Je ne connaissais pas P. Djèlí Clark comme auteur, mais je vais m’y intéresser de plus près.

The Haunting of Tram Car 015
de P. Djèlí Clark
Éditions Tor

Aposimz

Après Biomega et Blame!, j’ai voulu tenter la nouvelle série de Tsumohu Nihei. Quatre volumes plus loin, elle ne m’a pas enchantée. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est une énième déclinaison de sa thématique fétiche : l’interfaçage homme-machine et la survie dans un monde étrange où les règles évoluent constamment. Ici ce n’est pas un bâtiment géant comme dans Blame! mais un planétoïde artificiel où l’humanité aisée vit dans les entrailles du satellite et les plus pauvres sont rejetés à la surface et court le risque d’être transformés en marionnette (comprendre des espèces d’automates plus ou moins puissants suivant le mode de contamination). Lorsque son village de la surface est détruit par les soldats de l’Empire régnant au sous-sol, Essro se transforme volontairement en marionnette et va s’allier avec Titiana, venue d’encore plus en profondeur dans la planète pour se venger. L’histoire est bonne et intéressante, mais elle a un fort côté de déjà vu par rapport aux œuvres précédentes de Tsumohu Nihei qui fait que je n’ai pas accroché plus que ça. Le trait du mangaka est toujours aussi beau, mais l’image très claire (et justifiée par une planète glacée) peut gêner certains lecteurs plus habitués à des mangas plus contrastés.

Aposimz t.1 à 4
de Tsumohu Nihei
traduction de Yohan Leclerc
Éditions Glénat

Les incontournables (récents) en SFFF

Sur son blog, Nevertwhere propose que chacun recense ses classiques récents de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique (d’où l’acronyme SFFF)… Vous me connaissez ? J’ai du mal avec les listes ou avec un cadre imposé… Mais je trouve l’idée intéressante. Et donc plutôt que vous proposer une série de livres à lire absolument, je vais vous suggérer une liste d’auteurs et autrices qui m’intriguent et qui ont su renouveler les littératures de l’imaginaire ces dix dernières années :

— John Scalzi

Depuis Le Vieil homme et la mer, John Scalzi a toujours su réinventer les classiques de la science-fiction avec des histoires toujours en lien avec l’actualité, que ce soit du space opera comme la trilogie de l’Interdépendance (cf ici, ici et ici) ou en mode cyberpunk (comme ici). Sarcastique et drôle, il vous garantit un bon moment de lecture.

— Kij Johnson

Découverte grâce à deux titres parus au Belial’, cette autrice américaine a une façon d’écrire le fantastique si naturelle et si contemplative que chaque voyage en sa compagnie est un pur bonheur. Vous pouvez lire mon avis sur chaque titre à cet endroit (avec des illustrations de Nicolas Fructus magnifique) et .

Kim Harrison/Jim Butcher

J’avoue, l’urban fantasy est mon péché mignon alors que je ne suis pas particulièrement friande de fantasy. Et chacun à leurs manières, ces deux auteurs américains ont su me captiver avec leurs séries respectives : The Hollows et The Dresden Files. Chacun sort d’ailleurs de nouveaux romans dans ces séries cette année : American Demon pour Kim Harrison, Peace Talks et Battle Ground pour Jim Butcher

— Liu Cixin

Sa trilogie du Problème à trois corps fut une révélation, car je ne connaissais pas du tout la science-fiction à la chinoise. Sa novella, Terre errante, a de nombreux défauts, mais elle sait capter le lecteur et donner à réfléchir sur ses personnages. À suivre…

— Ken Liu

C’est grâce au précédent que j’ai découvert Ken Liu, car celui-ci fut le traducteur en anglais du premier et du troisième volume du Problème à trois corps (je n’ai pas retenu le nom du traducteur du deuxième, mais il est nettement moins bon). Depuis j’ai lu deux de ses novellas dans la collection Une Heure-Lumière du Bélial’, dont L’Homme qui mit fin à l’histoire et certaines de ses nouvelles en fantasy. Son style est magnifique et ses histoires ne manquent jamais d’originalité…

— Tade Thompson

Continuons par un très gros coup de cœur… Je vous ai parlé des deux novellas horrifiques écrites par ce médecin britannique, je vais bientôt vous entreprendre de sa trilogie de SF, Rosewater, située elle dans un proche futur au cœur du Nigeria. Dans deux styles complètement opposés l’un à l’autre, Tade Thompson arrive à vous mettre dans la peau de ses personnages et à vous surprendre par un récit jamais conventionnel. Un vrai régal.

— Martha Wells/Mary Robinette Kowal

Dans deux genres différents, ces deux autrices américaines ont renouvelé la SF américaine dite classique. L’une avec sa saga Murderbot renouvelle le space opera d’aventure en nous plaçant dans la « peau » d’un androïde de sécurité découvrant la conscience de soi et la difficulté de vivre avec des humains et d’autres « artificiels ». L’autre, avec sa série The Lady Astronaut, dont le troisième volume The Relentless Moon vient de sortir en VO et le premier sera disponible prochainement en VF, propose une dystopie au goût de conquête spatiale qui met des étoiles dans les yeux de tous les astronomes et astronautes amateurs. À noter que ces deux autrices écrivent également de la fantasy et du fantastique, mais je n’ai pas lu ce qu’elles proposent dans ces genres.

Cette liste correspond à mes incontournables à un instant T. Dans un mois, elle pourrait varier. Et d’autres auteurs n’y figurent pas. Ainsi, Tamsyn Muir n’ayant écrit qu’un livre à l’heure où j’écris ces lignes (le deuxième Harrow The Ninth est attendu ces jours-ci), il est trop tôt pour la définir comme incontournable. De même, je n’ai lu qu’un livre de Stephen Graham Jones, c’est un peu court pour me faire une opinion de son œuvre.

Où trouver de la lecture en période de confinement ?

Si vous êtes coincés chez vous comme une bonne partie de l’Europe en ce moment, que faire ? Lire. Oui mais quoi ? Vous pouvez d’ores et déjà relire vos livres en votre possession. Ou comme le souligne Ombresbones sur son blog, le COVID-19 et les mesures de confinement, dont la fermeture des librairies et des bibliothèques, vont mettre à mal un secteur déjà bien fragile. Ce court billet de blog est destiné à vous fournir des pistes pour trouver de nouvelles idées de lectures, gratuites ou non, et des idées pour soutenir vos maisons d’éditions et libraires préférés. Vous pouvez sous les commentaires ou via les différents réseaux sociaux où je suis active me donner vos bons plans et je les ajouterais au fur et à mesure.

Où se procurer des livres gratuitement ?
— Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France regorge de livres, de manuscrits de textes numérisés, avec notamment des listes de livres libres de droits à télécharger en fonction de vos envies ou de vos âges.
— Le Projet Gutenberg propose plus de 54 000 livres en accès libre, en anglais, en français, en portugais ou en allemand. Le site est vieillot, mais l’offre est très intéressante.
Et ce site fait la même chose pour la littérature jeunesse. Celui-ci également mais en plusieurs langues.
— Framabook propose des titres divers et variés, dont Working Class Heroic Fantasy. Tout comme Ebooksgratuits.
— À
l’image de la ville de Paris, de nombreuses bibliothèques proposent des prêts en numérique. C’est l’occasion de tester alors que les bibliothèques physiques sont elles fermées. À noter que depuis début avril et jusqu’au 30 juin, il n’est plus nécessaire d’avoir une carte de bibliothèque valable pour emprunter à Paris. Tout le monde peut emprunter dans son catalogue.
— 
La SNCF a également une bibliothèque de livres à disposition.
— 
Vous avez également la possibilité de tester des livres audio comme sur Litteratureaudio, bibliboom, Livreaudio (attention gratuité temporaire pour le confinement) ou Librivox.
Exceptionnellement certains auteurs mettent une partie de leur œuvre à la disposition de tous comme Stjepan Sejic (attention les BD proposées sont pour adultes avertis), Neil Gaiman (en anglais), Graham Masterton (en anglais), Tade Thompson (en anglais), Alexandre Jarry,
Neil Jomunsi et notamment son Projet Bradbury, Emmanuel Chastellière ou beaucoup d’autres… Un bon moyen de les retrouver est de suivre le mot-dièse #ConfinementLecture. Certains éditeurs comme Dargaud, Glénat, Delcourt, Zones, Les éditions du 38, Zulma, Libertalia, Au Diable vauvert, le Tripode ou Biscoto en font autant. Les distributeurs s’y mettent aussi comme la FNAC ou le Furet du Nord.
Les livres d’art du musée Guggenheim sont disponibles eux gratuitement à cette adresse.
Autres mesures exceptionnelles :
– l’Opération Bol d’air vous propose un livre numérique par jour à télécharger à partir du 21 mars ! Attention, les livres ne sont téléchargeables gratuitement que durant 72h.
ConfinementLecture qui vous expédie cinq livres numériques ou un livre audio par jour pendant trois semaines. À commencer quand vous voulez.
Certains en profitent pour expérimenter comme cette série audio à écouter sur Instagram. (MAJ du 31/10/20 – l’opération a repris pour le 2e confinement sous une autre forme : l’expédition d’un seul courrier électronique contenant 15 livres numériques)
Rivière Blanche propose l’envoi en numérique (PDF ou ePUB au choix) de (1) LES SURVIVANTS DE L’HUMANITÉ; ou (2) LA FONTAINE DE JOUVENCE; ou (3) HEXAGON: MATIERE NOIRE. Il suffit de leur envoyer un mail à info@riviereblanche.com (pour mémoire et pour éviter de laisser votre adresse mail principale dans un fichier, vous pouvez créer un mail temporaire sur de nombreux services Web comme Yopmail gratuitement).

Comme ajouté par Jean-Daniel Brèque en commentaire, d’autres sites gratuits:
Project Gutenberg Australia (ne fait pas double emploi avec l’américain; uniquement en anglais, je crois):
http://gutenberg.net.au/
Roy Glashan’s Library (surtout en anglais, mais un peu d’allemand… et de latin!):
http://freeread.com.au/
Et bien sûr le grand ancêtre (en majorité en anglais; attention! leurs ebooks sont parfois bruts de décoffrage, on préférera les fichiers pdf/images):
https://archive.org/

Où trouver de la lecture payante ?
Lire gratuitement c’est bien, mais les autrices et auteurs et toute la chaîne de vente du livre ont aussi besoin du soutien des lecteurs. Comment faire ? Si vous aimez lire en numérique ou en audio achetez par ce biais. Outre l’omniprésent Amazon vous trouverez de bonnes lectures sur 7 switch, Emaginaire (qui propose également une sélection de BD et romans gratuits durant cette période), Les Libraires ou ePagine, entre autres. Vous pouvez également dans certains cas acheter directement sur le site de l’éditeur, c’est le cas pour Le Bélial’, Les Moutons électriques, les éditions Dystopia, Plumes du Web, MxM Bookmark et bien d’autres. Noir d’absinthe propose une opération spéciale : tout le catalogue téléchargeable à prix libres avec une nouveauté en prime. Passez par défaut sur le site de vos maisons d’édition préférées et regardez s’il n’y a pas de boutique numérique associée.

Si vous préférez lire en version papier, et si votre commerce alimentaire de proximité n’a pas un rayon librairie étoffé, il faudra patienter un peu. MAJ du 27/03/20 La Poste a réduit ses activités à l’essentiel et des livraisons sont désormais majoritairement réservées à des produits de première nécessité (comme les médicaments ou la nourriture). Certains livres passent, mais les délais sont longs. Vous pouvez alors soit passer commander sur le site de la maison d’édition (et toutes ou presque ont une boutique pour les expéditions papier), soit passer par des sites, outre l’omniprésent Amazon, La Librairie, Librairies indépendantes ou Places des libraires (qui vend également du numérique). En revanche, comme votre libraire de quartier ou spécialisé va fermer, il est peut être temps de faire un effort et de lui commander quelque chose qu’il vous expédiera ou que vous irez chercher post-confinement, histoire de lui constituer une réserve de trésorerie pour les frais et payer l’équipe ? Les explications du Renard doré à ce sujet sont limpides. Celles de la Libraire Scylla également. À noter pour les Parisiens, le réseau Librest.com propose dans les librairies partenaires le Click&Collect sans contact. MAJ du 21/04/20 Le site Je soutiens ma librairie recense peu à peu toutes les initiatives pour aider à la survie et préparer la réouverture des librairies de quartiers : vous pouvez le consulter pour voir qui fait du Click&Collect, qui propose des bons d’achats, qui lance une cagnotte, etc.
MAJ du 30/10/20 Pour ce deuxième confinement, les opérations exceptionnelles ne sont pas relancées (pour l’instant), mais les librairies indépendantes ont droit de proposer le Click&Collect sans contact et la livraison à domicile. Choisissez ce qui vous convient le mieux et ce qui permet la meilleur protection sanitaire pour vous et pour les vendeurs/livreurs.

Ce que la littérature de science-fiction peut nous apprendre de l’informatique actuelle

Le 30 juin dernier, je donnais en compagnie de René-Marc Dolhen, président de Noosfère, une conférence sur science-fiction et intelligence artificielle à Pas Sage en Seine. Si le sujet vous intéresse, en voici la captation vidéo.

 

Si vous ne voyez rien ci-dessus, merci de cliquer sur le lien : https://video.passageenseine.fr/videos/watch/6a3001bd-625a-4a8c-aeb6-a2a03e505612 L’instance Peertube fait des siennes. 🙂

Et voici la liste de livres de référence dont nous avons parlé sur ce sujet ainsi que les éditions où vous pourrez trouver une version française. La date entre parenthèses correspond à l’édition originale pour mesurer la distance entre le futur imaginé dans le texte et la réalité actuelle.
— Le cycle des robots d’Isaac Asimov qui pose les trois lois de la robotique. Il commence par Les Cavernes d’aciers (1954) disponibles aux Éditions J’ai Lu — Sur l’onde de choc de John Brunner (1975) disponible en France au Livre de Poche ou dans l’intégrale La Tétralogie Noire parue chez Mnémos
Un logique nommé Joe (1946) paru en France aux Éditions Le Passager clandestin
ORA:CLE de Kevin O’donnell (1983) disponible aux Éditions J’ai Lu
Demain les puces anthologie dirigée par Patrice Duvic (1986) disponibles aux Éditions Denoël
La Justice de l’Ancillaire (2013), L’Epée de l’Ancillaire (2014) et la Miséricorde de l’Ancillaire (2015) de Ann Leckie disponibles aux Éditions J’ai Lu
L’espace d’un an (2014) et Libration (2016) de Becky Chambers disponibles aux Éditions L’Atalante
Les Enfermés (2014) et Prise de tête (2018) de John Scalzi disponibles aux Éditions L’Atalante
Journal d’un Assasynth de Martha Wells — la tétralogie des Murderbots commence à être traduite en France chez L’Atalante avec Défaillances système et Schémas artificiels
Neuromancien de William Gibson (1984) disponible aux Éditions J’ai Lu — Le Samouraï virtuel de Neal Stephenson (1992) disponible aux Éditions Livre de Poche et sous le titre original Snow Crash aux Éditions Bragelonne — Le Code Enigma de Neal Stephenson (1999) disponible aux Éditions Livre de Poche
Le Réseau de Neal Stephenson (2011) disponible aux Éditions Sonatine
Le problème à trois corps de Liu Cixin (2006) disponible aux Éditions Acte Sud
— Le cycle de la Culture de Iain M. Banks entamée en 1988 avec L’Homme des jeux et ses suites disponibles aux Éditions Livre de Poche
La Nuit des enfants-rois de Bernard Lenteric (1981) disponible aux Éditions Livre de Poche et d’Olivier Orban
Dans la dèche au Royaume enchanté de Cory Doctorow (2006) Disponible aux Éditions Gallimard (Folio SF)
Nuage orbital de Taiyo Fujii (2014) disponible en France aux Éditions Atelier Akatombo
Les futurs mystères de Paris de Roland C Wagner (série entamée en 1996) les livres sont disponibles chez Fleuve noir, chez J’ai Lu et chez L’Atalante — Starfish (1999), Rifteurs (2001) et Béhémoth (2004) de Peter Watts disponible en France chez Fleuve noir et Pocket
Comprends de Ted Chiang, une nouvelle parlant de réalité augmentée et de publicité personnalisée intégrée au recueil La Tour de Babylone (2002) paru aux Éditions Denoël

Suggéré par Sabrina Calvo
Idoru de William Gibson (1996) disponible chez J’ai Lu
Suggéré par Franck Mée (voir commentaire)
Hypérion de Dan Simmons (1989) disponible chez Pocket
Suggéré par Lætitia (voir commentaire)
Le Peuple d’argile de David Brin (2001) disponible chez Presse de la cité. Une histoire mêlant clonage, golem et téléchargement de conscience.

Si vous avez d’autres titres sur ce thème, n’hésitez pas à les donner en commentaire. Je complèterai la liste.

Faut-il donner des conseils en matière de lecture ?

Aujourd’hui, je ne vais pas vous recommander un livre, mais plutôt parler de ce qui me gêne le plus : dire aux gens ce qu’ils doivent ou ne doivent pas faire en matière de lecture. Étonnant pour un blog consacré aux livres ? Non pas vraiment. Souvent, surtout depuis l’ouverture des sites, on me demande mon avis sur tel écrivain ou tel genre, comme si je faisais autorité en la manière. Eh bien, ce n’est pas le cas. Si le genre ne m’intéresse pas, au hasard la romance pure ou les souvenirs militaires, je ne peux pas avoir d’avis puisque je n’en lis pas. De même, si j’ai des avis tranchés sur certains auteurs, c’est toujours après avoir lu au moins un livre d’eux. Et ça n’est qu’une opinion d’une lectrice, pas une décision digne d’un quelconque guide Michelin de la littérature.
En effet, la lecture, comme tous les loisirs, est quelque chose de très personnel. Certains vont dévorer beaucoup de livres tout le temps, d’autres n’en liront peut-être qu’un par an, voire moins. Certains vont chercher toujours la nouveauté, d’autres liront et reliront toujours les mêmes textes. Et une même personne pourra passer de ne rien parcourir à lire tout ce qui lui tombe sous la main, ou l’inverse suivant ses humeurs, son rythme de vie ou que sais-je encore… J’adhère complètement aux droits des lecteurs selon Daniel Pennac dont vous trouvez ci-dessus une version illustrée par Quentin Blake. Et si j’adore lire et j’aime partager les lectures qui m’ont plu, ce n’est pas pour obliger quiconque à lire plus ou à adhérer à mes choix de lecture. Juste de faire partager ce qui m’a plu et découvrir en retour de nouveaux titres ou de nouveaux auteurs.

De même, je n’entrerais pas dans la guerre livre papier contre livre numérique ou livre audio. Chaque support a ses adeptes, ses avantages et ses inconvénients. À chacun de choisir ce qu’il lui plaît. À titre personnel, je lis en version papier — achetés, offerts ou empruntés dans les bibliothèques du quartier, et en version numérique (sur une liseuse Kobo Clara en achetant des livres sur différents libraires en ligne – si possible sans DRM, directement chez les éditeurs ou les auteurs quand c’est possible, ou en passant par des bibliothèques en ligne comme Gallica). Je ne lis pas de livres audio, tout simplement parce que j’aime lire en musique ce qui est un peu incompatible avec cette forme de lecture. Si un jour ma vue baisse terriblement, qui sait ? Mais si vous lisez sur tablette, uniquement des livres en grands formats, avec une autre liseuse que la mienne ou uniquement des livres audio grands bien vous fassent… Tant que vos choix conviennent à vos envies, tant mieux.

Enfin, certaines des questions qui reviennent le plus souvent sont : « Ce titre peut convenir à un enfant ? Un ado ? » « C’est pas trop violent ? » Et là… Je sèche. Il faut dire que je n’ai jamais censuré mes lectures. Enfant je lisais tout ce qu’il y avait comme livres à la maison, y compris La Cité des sortilèges de Han Suyin à huit ans et La Philosophie dans le boudoir de Sade à 14 ans, et visiblement je n’en suis pas sortie traumatisée. Hormis quelques réflexions parentales (« Prends au moins un vrai livre en plus de tes machins de SF. ») au moment de passer en caisse, je ne me souviens pas m’être fait interdire un titre plutôt qu’un autre.
Et mère ? J’ai tendance à appliquer le même principe. Du moment que l’enfant sait lire dans la langue du texte, sait se servir d’un dictionnaire et sait qu’un parent est là pour discuter de ce qui peut lea choquer ou gêner dans sa lecture, que l’enfant — ou l’adolescent — lise ce qui lui fait envie. Quelquefois le parent ira au-devant de déconvenues, car les titres adorés aux mêmes âges que la progéniture seront rejetés par celle-ci, mais c’est la vie. Voire certains enfants de grands lecteurs ne lisent pas du tout (je n’ai, au grand dam de mon compte bancaire, pas hérité de ce modèle économique)… Les enfants ne sont pas nos clones. Je me vois mal interdire un livre au prétexte qu’il est trop violent ou trop érotique ou autre. Peut-être parce que la lecture, même de BD, laisse plus de place à l’imagination qu’une mise en image animée sous forme de film ou de jeux vidéo ? J’aurais d’ailleurs souvent tendance à dire : « Tu veux voir “Simetierre”, “Harry Potter” ou “Orange mécanique” ? OK, mais lis le livre d’abord. Si tu le finis et que tu en as toujours envie, on verra le film. » De plus, interdire quelque chose à un adolescent est le meilleur moyen pour l’inciter à le faire ou le lire. Mine de rien, les jeunes s’autocensurent très bien tout seuls, ils n’ont pas besoin de nous pour les y aider.

En conclusion, voici quelques bons plans pour vos lectures en numérique :
— Gallica, le site de la Bibliothèque Nationale de France regorge de livres, de manuscrits de textes numérisés, avec notamment des listes de livres libres de droits à télécharger en fonction de vos envies ou de vos âges.
— Si vous voulez lire en numérique sans dépendre de la librairie associée à votre liseuse ou votre tablette, je vous conseille Calibre, un logiciel libre et gratuit (fonctionnant aussi bien sous Windows, Linux ou mac OS) pour gérer votre bibliothèque personnelle. Il est très riche, au point que même après des années de pratique, je n’utilise encore qu’un dixième de ses fonctions.
— Pour celles et ceux qui lisent en numérique, voici un pas-à-pas pour retirer les verrous numériques (ou DRM – digital right management) que certaines boutiques ou certains éditeurs imposent sur leurs fichiers. Il fonctionne avec Calibre :
https://post-tenebras-lire.net/retirer_drm_ebook_calibre/
— Amatrice de littérature de l’imaginaire, en matière de lecture numérique, j’ai tendance à trouver mon bonheur sur 7switch ou sur Emaginaire pour les livres français, pour les livres dans les autres langues je passe le plus souvent par l’éditeur. Précision, ceci n’est pas une publicité et je n’ai aucune réduction chez eux.

Sur ce, bonne lecture !

Notes de lectures récentes

Ayant eu des lectures très fragmentées ces derniers jours, voici quelques notes rapides sur mes dernières aventures littéraires :

– Parfois les écrivains profitent de leurs anniversaires pour faire de beaux cadeaux à leurs lecteurs. C’est le cas de John Scalzi qui le 10 mai dernier a publié sur son blog une très courte nouvelle gratuite : Regarding Your Application Status. Très drôle et corrosive, elle a également la note politique et le franc-parler qui caractérisent John Scalzi hors de ses romans (et notamment sur Twitter).

– C’est également le cas de Stephen King qui nous livre avec Laurie une nouvelle à télécharger en PDF qui ne parle pas d’horreur, mais de vieillesse, de deuil et de résilience. Et de chiens. En trente-deux pages, Stephen King pose ses personnages et nous fait entrer dans leur univers, avec beaucoup de douceur et de mélancolie. Un petit bijou !


– J’ai enfin trouvé le temps de lire le tome 2 de Monstress : The Blood, dont j’avais chroniqué le premier volume aux tout débuts de ce blog ici. L’action se déroule quelques semaines ou mois après la fin de Monstress : The Awakening. Maika Halfwolf revient sur ses terres d’origine toujours suivie par Master Ren le chat, et Kippa l’enfant-renard. Elle veut retrouver ses souvenirs et comprendre d’où vient le monstre qu’elle contient. Ses pouvoirs suscitent également bien des convoitises parmi toutes les races en présence : humains, arcaniques de tous poils ou écailles, dieux anciens. Ce tome 2 plus violent que le premier joue entre le passé et le présent pour lever un voile sur les protagonistes de l’histoire et sur l’origine de leurs fêlures. Maika y apparaît plus froide et moins aimable que dans Monstress : The Awakening, mais son attitude s’explique — sans être excusable ! – par son passé. À noter que le dessin de Sana Taneka est encore une fois sublime de précision et de richesse. Le tome 3 devrait paraître en septembre.

– J’ai profité de la collection Une Heure-Lumière de Le Bélial’ pour lire Cookie Monster de Vernor Vinge et traduit par Jean-Daniel Brèque. Peut-être est-ce en raison de ma vie professionnelle en partie truffée d’IA et de simulation ? Peut-être est parce que depuis 2004, la date à laquelle a été écrite cette histoire, l’informatique a évolué et certains usages cités dans cette novella apparaissent comme préhistoriques ? Toujours est-il que même si j’ai pris beaucoup de plaisir à lire Cookie Monster, il ne m’a pas autant bouleversée que Un Pont sur la Brume. L’histoire est tout de même très classique et la chute prévisible assez vite.

– Toutefois, ce livre m’a donné envie de relire Cat le Psion de Joan D.Vinge, ex-femme du précédent auteur, mais puisque leur divorce date de 1979, il y a largement prescription, d’autant que le livre lui est postérieur. La version choisie était parue chez J’ai Lu traduite à l’époque par Michel Deutsch. J’avoue avoir toujours été fascinée par la télépathie et les histoires de télépathes. Et cette histoire d’adolescent issu d’une race télépathe forcé de collaborer avec les gens qui ont quasiment détruit son peuple et qui le haïssent m’avait beaucoup plus à la première lecture. Impression confirmée à la relecture, malgré un démarrage de l’action un peu lent. Un cran au-dessous de L’Oreille interne pour la description des affres du télépathe, mais beaucoup plus rythmé en termes d’aventures.

– Enfin, intriguée par la bande-annonce de Meg, le prochain gros film de bêbêtes monstrueuses avec Jason Statham, j’ai lu le livre écrit par Steve Alten. Résultat des courses, je n’irai pas voir le film. J’ai beau être bon public, les personnages sont une collection de clichés ambulants, entre la bimbo blonde ambitieuse jusqu’au crime, l’ami richissime alcoolique et stupide, et le père et la fille américano-japonais caricaturaux à un niveau quasi raciste. N’oublions pas le personnage principal qui de spécialiste de la plongée sous-marine en grande profondeur se révèle grand connaisseur en tous les domaines. Y compris dans l’anatomie des tissus mous d’un animal préhistorique au point de pouvoir retrouver dans le noir complet l’emplacement du cœur dudit animal en situation plus que stressante. L’écriture ne sauve même pas l’histoire. Fuyez !

Fil rouge 2018

Lors d’une discussion sur Twitter, Dame Ambre regrettait de ne pas trouver de défi lecture pour 2018. De fil en aiguille, l’idée est venue d’en créer un. Pour 2018, je vous propose donc une lecture thématique par mois à piocher au gré de vos envies dans la science-fiction, la fantasy, le fantastique ou tout autres entre deux du même genre. Que ce soit un roman classique ou tout récent, une œuvre de non-fiction, une bande dessinée ou un livre interactif ou que sait-je encore, tout est bon…
Déroulons donc le calendrier.
Janvier : mois du commencement, mois de Janus le dieu des carrefours et des portes – un livre avec le mot Porte (Gate/Door) ou une thématique associée dans le titre.
Février : un mois très court – une histoire courte mais percutante qui vous a marqué.
Mars : le mois du dieu de la guerre – une œuvre sur ce thème.
Avril : comme je déteste les célébrations mal comprises du 8 mars (journée internationale des droits des femmes et non journée de la femme où on badigeonne tout de rose) – une autrice devra vous inspirer. Évidemment vous pouvez en lire durant les autres mois.
Mai : Après la guerre, il est temps de faire place à l’amour – trouverez vous une œuvre de SFF qui corresponde à ce critère ?
Juin : l’été arrive et avec lui, les envies de plages – un livre où le sable tient un rôle important.
Juillet : 14 juillet oblige, soyons patriotes – un livre d’un auteur ou d’une autrice francophone.
Août : allons découvrir des horizons lointains, la SFF ne se limite pas au français ni à l’anglais – un livre de genre d’un auteur ni francophone ni anglophone.
Septembre – Pour oublier la rentrée et le temps qui passe, pourquoi ne pas découvrir les changements temporels – l’uchronie sera le thème de ce mois.
Octobre – Il commence à faire froid et à pleuvoir un peu trop ? – Le thème du dragon saura bien nous réchauffer.
Novembre – Les vampires sont des créatures fascinantes non ? Lisons donc une de leurs histoires.
Décembre – En cette période d’avant Noël, que cache donc le Père Noël sous sa houppelande rouge et blanche, des horreurs ou de grands éclats de rire ?

Bien entendu, je chroniquerai un livre par mois dans ces thèmes, et les chroniques seront indiquées avec « fil rouge 2018 » dans le titre.  Indiquez dans les commentaires vos suggestions et vos envies…

Et Dame Ambre a fait sa propre liste ici : http://arbredevie.melleambre.fr/blog/2018/01/07/defi-lecture-2018-ou-100defislecture2018/ Personnellement je comptabiliserais mes lectures au fur et à mesure, et je vous tiendrait au courant au dernier post de l’année. 🙂

Hot Space : du Web au comics ?

Comme le montrait feu le Festiblog/We Do BD, le Web a longtemps été une source de renouvellement pour la BD avec un style d’écriture et de dessins très différent de la BD traditionnelle.  Avec The Hot Space Comics, l’expérience proposée au lecteur est encore différente. Ici, les lecteurs assistent peu à peu à la conception d’une BD traditionnelle, au format comics donc, et découvrent planche par planche, le déroulé de l’histoire.

Le site propose deux modes de lectures de l’histoire : l’un en tournant virtuellement les pages ; et l’autre en permettant de zoomer sur chaque détail, mais en obligeant le lecteur à revenir à la page d’accueil.  Pour plus de lisibilité, l’œuvre est en noir et blanc mais elle pourra être colorisée si son créateur, Pierre Le Pivain dit Le PiXX, signe avec un éditeur pour une parution papier de son oeuvre.  En attendant, d’autres parties du site montre des planches colorisées ou des ébauches de personnages.
Toute histoire se passant dans l’espace et impliquant le pilotage de vaisseau ou d’avion étant de base susceptible de me plaire, je ne pouvais que suivre d’un œil très intéressé cette aventure aussi bien sur le site, que via le groupe Facebook dédié.  Au delà de la lecture en mode feuilleton de l’histoire, j’avoue que le côté coulisse de l’affaire me plaît aussi beaucoup. Découvrir comment sont nés certains personnages, voir les premières ébauches ou des rendus en couleurs, comprendre comment peu à peu l’idée de l’histoire a germé, s’avère tout aussi fascinant pour moi. Et pour vous ?

Mise à jour : les deux galeries ont été depuis été fusionnées en une seule plus confortable à lire : https://www.hot-space-comics.com/the-hot-space-comics

 

 

Et si la BD devenait mouvante ?

J’ai beau lire aussi bien en version numérique qu’en version papier, pour la BD à quelques exceptions près je préfère de loin le papier. Pourquoi ? Tout simplement parce que je passe suffisamment de temps pour le travail à regarder des écrans, sans en plus me coltiner des reflets brillants sur l’ordinateur ou la tablette en lisant un comics. Surtout si je dois en plus pincer l’écran pour zoomer et dézoomer sans arrêt afin d’apprécier chaque case.

À moins que la BD ne soit pensée directement pour ces supports. Plusieurs expériences sont en cours. Et celle d’André Bergs est particulièrement intéressante. Il propose en effet une très courte BD à télécharger gratuitement — sous iOS uniquement hélas — et particulièrement bien pensée. Avec l’accéléromètre, les personnages bougent en fonction de l’action. Les dessins sont en 2D et en 3D ce qui donne de la profondeur à l’action, et si vous voulez voir plus de finesse vous pouvez taper pour zoomer sur une case. Qui plus est l’histoire, à l’humour assez grinçant, est courte et bien trouvée.  Une expérience à suivre ? Vous pouvez tester par vous-même la BD en téléchargeant l’application sur l’AppStore ou regarder la bande-annonce ci-dessus. N’hésitez pas à me donner votre avis sur cette façon de lire des BD.