Leviathan Falls

Voilà, c’est fini ! Après dix ans, neuf romans et bon nombre de récits plus courts, la saga de The Expanse s’achève avec Leviathan Falls.
Si vous n’êtes pas à jour de votre lecture ou si vous voulez savoir pourquoi cette série est une des plus belles réussites récentes du space opera, allez d’abord lire le premier article qui en parlait sur le blog en guise d’introduction puis reportez-vous aux derniers paragraphes de cette chronique. Sinon ? C’est parti…

 

 

Dans Leviathan Falls, nous sommes quelques mois après les événements de Tiamat’s Wrath. Trois trames vont s’entremêler. La première est celle de Tanaka, colonel chargée d’une seule mission : retrouver coûte que coûte Winston Duarte, l’empereur-dieu de Laconia ayant mystérieusement disparu et au passage mettre la main sur son héritière de quinze ans, Teresa Duarte. La deuxième suit le Dr Elvi Okoye et son équipe de scientifiques qui étudient la protomolécule et ses interactions dans notre univers aussi bien pour Laconia que pour la résistance. Et enfin celle de l’équipage du Rocinante, hébergeant Teresa, coordonnant les efforts de la résistance et cherchant à garantir la sécurité des voyages à travers les portes. Les choses ne se dérouleront évidemment pas comme prévu, mais derrière les drames humains se cachent une autre guerre entre entités extra-terrestres : la protomolécule et feux ses créateurs d’un côté et l’autre race qui les a éradiqués et qui maintenant tient à s’en prendre à ses successeurs, l’humanité. Et si pour survivre, celle-ci devait renoncer à ce qui fait son unicité ? Ou à renoncer à ses rêves d’expansion ?
Les auteurs derrière le pseudonyme, James S.A. Corey, ne l’ont jamais caché : Leviathan Falls sera le dernier roman de la série, il n’y aura pas d’autres romans dans cet univers ni après ni avant l’histoire principale. Il reste certes de la place pour des histoires connexes en BD ou en format court, mais ils ne semblent pas décidés à s’y atteler. En tout cas, en finissant Leviathan Falls, la lectrice que je suis en a retiré une sensation d’achèvement. Elle a été entrainée de Leviathan Wakes à Leviathan Falls dans une histoire épique durant toute une vie, mais le voyage est enfin arrivé à destination. Chaque personnage, qu’il meure ou non dans ce récit, va jusqu’au bout de son parcours en restant à la fois fidèle à lui-même, mais également changé par les événements qu’il a vécus. Seul bémol pour les lecteurs qui veulent absolument avoir réponse à tout : les extra-terrestres qui s’affrontent à travers l’humanité restent largement non dévoilés. Ce qui est logique, car ces entités sont largement hors du champ de compréhension des personnages, même de ceux qui ont été changés par elles, et donc du lecteur. Préparez néanmoins vos mouchoirs au moment de quitter un univers et des personnages si attachants.

Retour pour ceux qui n’ont pas lu toute la série… Lisez là !

Certes tous les neuf romans n’ont pas la même puissance (j’avoue ainsi que malgré son importance dans l’histoire, Cibola Run n’est pas mon favori en raison de son rythme différent). Néanmoins cette saga space opera arrive à être cohérente d’un bout à l’autre en mélangeant le « sense of wonder » (ou sens de l’émerveillement en bon français) qui vous promet un récit vous emmenant toujours plus loin dans les étoiles à la rencontre de situations toujours plus étranges et un côté terre-à-terre en s’attachant aux personnages et aux différents conflits auxquels ils sont mêlés (personnels, familiaux, économiques, mais également stratégie sociopolitique des différentes forces en puissance). C’est en effet l’un des rares space operas qui offre à la fois une perspective globale des événements, mais également aussi terriblement proche des individus, quelle que soit leur importance dans l’histoire ou leur classe sociale. C’est également l’un de ceux ayant les personnages les plus touchants, même si au final, à une ou deux exceptions près, aucun n’est foncièrement bon ou profondément mauvais. Alors que la série TV du même nom (mais dont l’intrigue diffère néanmoins des livres) s’achèvera avec la sortie de la sixième saison le 10 décembre prochain, pourquoi ne pas lire ou relire The Expanse ?

Leviathan Falls
D
e James S.A. Corey
Éditions Orbit

L’univers en folie

Pourquoi parler en 2021, d’un livre publié pour la première fois en octobre 1949 ? Tout simplement parce qu’il est issu d’une lecture croisée avec Fawn du blog SF Elfette, et que celle-ci avait pour thème : les classiques de la SF. Nous voulions une lecture légère donc Fredric Brown s’est imposé comme une évidence, et étonnamment, je n’avais jamais lu le roman en question : L’univers en folie.
Bonne pioche, il est court, enlevé, drôle et arrive par moment à faire trembler la lectrice du 21
siècle que je suis. Et après avoir lu Histoire de la science-fiction en bande dessinée, et notamment les pages consacrées aux pulps américains, ce roman prend une dimension encore plus savoureuse.
Tout commence lorsque Keith Winston, journaliste dans une revue de science-fiction, se fait désintégrer par la rentrée explosive dans l’atmosphère terrestre de la première fusée envoyée vers la Lune. Plutôt que mourir, il se retrouve dans un univers très proche du sien, mais également très différent. Dans celui-ci, l’Humanité s’est installée sur d’autres mondes du système solaire et a croisé d’autres formes de vie, dont certaines viennent faire du tourisme dans l’état de New-York. Elle est en guerre contre les Acturiens, race d’extra-terrestres xénophobes qui tire surtout ce qui semble de près ou loin intelligents sans sommation. Comment survivre sans un sou en poche dans cet univers, où les gens le prennent pour un espion à la solde des Acturiens et ne rêvent que de lui trouer la peau ? Comment revenir dans un univers plus raisonnable et plus agréable pour lui ? Tel est l’enjeu du livre.
Ayant commencé par écrire des
polars, Fredric Brown s’y connaît pour mener une histoire en multipliant les coups de théâtre, sans temps mort tout en retombant toujours sur ses pattes. Et il maîtrise parfaitement l’humour loufoque et sarcastique : de la façon dont fonctionne le voyage spatial et du fait que les Martiens ne le maîtrisent pas car… ils ne portent pas de vêtements à la raison pour laquelle les cadettes de l’espace sont vêtues de bikinis à l’intérieur de leurs combinaisons transparentes (correspondant aux standards sexistes des couvertures des pulps de l’époque). Et l’ironie mordante de Fredric Brown ne se limite pas à se moquer des pulps, et de la facilité déconcertante avec laquelle nouvelles de tout poil se plaçaient dans leurs pages (il suffit juste de changer quelques éléments de décor pour passer de la science-fiction au récit historique ou à la romance). Il va rappeler les heures sombres de la Prohibition et des bars clandestins ou la façon dont le maccarthysme et les prémisses de la Guerre froide peuvent amener M. Tout-le-Monde à se méfier de son voisin. Sans parler de la façon dont il aborde la notion de multivers et ses conséquences.

L’univers en folie
de
Fredric Brown
traduction d
e Jean Rosenthal, révisée par Thomas Day
Éditions
Folio SF

Rosewater — The Wormwood trilogy

Je vous l’avais promis vendredi dernier, parlons de la trilogie Wormwood (Armoise en VF) de Tade Thompson constituée trois livres : Rosewater, The Rosewater Insurrection et The Rosewater Redemption. Sélection pour les Hugo 2020 oblige, je l’ai dévoré en version originale, mais si vous préférez lire en français, elle est disponible dans la collection Nouveaux millénaires de J’ai Lu.

Où et quand se situe Rosewater ? L’action se déroule principalement au Nigéria entre la capitale, Lagos, et la ville qui donne son nom aux romans : Rosewater. Notons quelques incursions en Europe, en Afrique du Sud ou dans l’espace plus ou moins proches, mais elles resteront assez légères. Tout se déroule essentiellement dans la seconde moitié du 21siècle dans un univers assez proche du nôtre. Sauf que dans celui-ci, en 2012, un astéroïde, Wormwood, s’est écrasé dans Londres puis s’est enfoncé dans la croûte terrestre jusqu’à ressortir au Nigéria. En effet, il ne s’agit pas d’un amas de roches et de glace comme les autres, mais d’un écosystème extra-terrestre bien vivant. Son arrivée dans l’atmosphère de notre planète va entraîner de nombreux bouleversements. Parmi eux ? Citons la fermeture totale des frontières des États-Unis, la fondation de la ville de Rosewater, la création d’une xénosphère, sorte d’Internet biologique géant qui relie tous les êtres vivants de la Terre (hors USA donc) et qui donne des pouvoirs spéciaux à certains d’entre eux. Les plus courants sont les « sensitifs », en gros des télépathes capables de lire les pensées et les émotions d’autrui, de les manipuler ou d’agir dans le plan astral. À Rosewater, autour du dôme constitué autour de l’extra-terrestre, les malades et blessés sont mystérieusement guéris, les morts peuvent ressusciter. La faune et la flore se sont adaptées et mêlées aux essences extra-terrestres.  Dans le premier roman, Rosewater, nous sommes en 2066. Une étrange maladie décime les « sensitifs » les uns après les autres. C’est Kaaro, ancien voleur et lâche autoproclamé devenu espion malgré lui d’une agence gouvernementale nigériane qui devra enquêter sur leurs disparitions et en apprendre plus sur cette drôle d’invasion extra-terrestre. Le suivant, The Rosewater Insurrection racontera la guerre d’indépendance entre la ville et le pays qui l’entoure tout en essayant de sauver l’extra-terrestre malade. Et enfin, The Rosewater Redemption résout le mystère de sa présence sur Terre et détermine la survie — ou non — de l’espèce humaine.

Attention, les livres de Tade Thompson contrairement à ses novellas lues auparavant n’ont pas une écriture linéaire. Si Rosewater n’a qu’un narrateur principal, l’intrigue change d’époque au fur et à mesure des chapitres alternant entre le présent et différentes périodes du passé de Kaaro. Quant à The Rosewater Insurrection et The Rosewater Redemption, les deux livres abandonnent l’idée d’avoir un narrateur unique pour raconter l’histoire du point de vue d’un personnage différent d’un chapitre à l’autre que celui-ci soit humain ou non. Le résultat final est qu’il vous faudra faire un effort d’adaptation pour entrer dans chaque volume en ayant à chaque fois l’impression d’être lâchée dans le grand bain sans bouée. La récompense sera largement à la hauteur de vos efforts. Disons-le de suite, j’ai rarement lu une histoire aussi bien construite et dépaysante depuis très longtemps (et oui, j’inclus les deux livres déjà parus de la tétralogie Terra Incognita dans le lot). Tade Thompson mêle dans un même élan ce qui pourrait s’apparenter à une invasion extra-terrestre à  une réflexion cyberpunk modernisée avec entre autres l’utilisation d’animaux drones, de puces d’identifications , le tout saupoudrés de superpouvoirs et d’altérations physiques. Chaque élément sera plus ou moins présent dans chaque partie, avec notamment l’informatique et les hackers comme Bicycle Girl ou Bad Fish qui prendront de plus en plus d’importance au fur et à mesure que l’histoire avance. Et un final à la Independence Day, mais étrangement nettement plus logique que Jeff Goldblum piratant avec un Mac les vaisseaux extra-terrestres. Malgré la multiplicité des personnages, Tade Thompson arrive à tous les rendre vivants et particulièrement attachants malgré leurs défauts, ou en raison de ceci. L’univers de Rosewater ne manque pas d’inventivité, côté extra-terrestre comme côté Terriens. Et les retournements de situation sont tels que vous allez changer d’avis plusieurs fois sur l’ensemble des personnages et que vous devinerez difficilement là où l’auteur veut vous emmener. Laissez-vous porter et embarquez dans cette aventure !

The Wormwood trilogy
Rosewater (t.1)
The Rosewater Insurrection (t.2)
The Rosewater Redemption (t.3)
de Tade Thompson
Éditions Orbit

Tiamat’s Wrath

Alors que nous attendons encore la date de sortie de la saison 4 de The Expanse, la série TV, The Expanse la série de romans s’achemine elle vers la fin. Le huitième roman, Tiamat’s Wrath, est censé être l’avant-dernier de la série. Il démarre quelque temps après Persepolis Rising. Sur Laconia, James Holden est retenu prisonnier de l’empire galactique de Winston Duarte, et des intrigues de palais déstabilisent le pouvoir en place ; ailleurs, Naomi, Bobbie et Alex résistent chacun à leur manière face à l’hégémonie militaire des Laconiens ; les portes spatiales deviennent de plus en plus instables et Amos est porté disparu. Si comme moi vous vous êtes attachés au fil des romans aux différents membres du Rocinante, dès la première ligne, Tiamat’s Wrath va vous briser le cœur et se révèlera au fil des pages une véritable montagne russe émotionnelle. Les deux écrivains derrière le pseudonyme James SA Corey sont passés par l’école Georges R.R. Martin (avec nettement plus de talent dans l’écriture elle-même à mon avis) et aucun personnage n’est à l’abri de la mort. Pour autant quand celle-ci survient, aussi douloureuse qu’elle soit à lire, elle est logique et n’enlève rien à l’intégrité des personnages. Tiamat’s Wrath n’est pas qu’un véhicule à émotions, c’est également la suite directe de Persepolis Rising : comment finir une guerre. Ou plutôt comment mener une guérilla face à un empire puissant, sans y perdre trop de plumes et sans laisser de vieilles rancœurs couver pour que le conflit renaisse plus tard ? Ici, les méthodes de Naomi et de Bobbie semblent s’opposer avant finalement de se rejoindre. Et si la guerre était menée sur deux fronts : entre humains d’un côté, mais également avec les entités ayant détruit les créateurs de la protomolécule ? Comment se battre contre des créatures dont on ne sait rien, capables de manipuler des systèmes solaires à leurs guises ? Comment survivre face à elles ? Si à la fin de Tiamat’s Wrath un nouveau statu quo est restauré, le roman ouvre la porte sur de nombreuses questions vis-à-vis de ces mystérieuses entités et toujours sur les pouvoirs de la protomolécule. Notons au passage comme les auteurs arrivent à raccrocher au récit principal, le thème évoqué dans leur nouvelle Strange Dogs avec un retour inattendu des personnages de celles-ci. Et je me demande vraiment si les auteurs pourront répondre à toutes ces questions en un seul roman. Et surtout quand aurons-nous la suite ?

Tiamat’s Wrath
de James SA Corey
Editions Orbit

Le Fini des mers

La collection Une heure-lumière de Le Belial’ est plutôt pratique pour qui veut découvrir des auteurs, récents ou non, sans investir trop d’argent ni espérer passer en premier pour emprunter les nouveautés à sa bibliothèque de quartier. Ainsi, Le Fini des mers fut pour moi l’occasion de découvrir le travail d’auteur de Gardner Dozois en une soirée.
Le résultat est délicieusement rétro. Il faut dire que s’il n’a été traduit que récemment, Le Fini des mers est un texte de 1971 où les angoisses liées à la Guerre froide sont particulièrement prégnantes en fond dans le texte. De quoi s’agit-il ? D’une invasion extraterrestre et de ses conséquences pour l’humanité en général. Et pour Tommy Nolan, un garçon de 10 ans rêveur vivant dans une famille malheureuse de Nouvelle-Angleterre.
D’un chapitre à l’autre, le texte alterne. D’un côté, il traite la situation au niveau mondial : comment les différents gouvernements et les intelligences artificielles qui les soutiennent traitent l’arrivée de ces quatre vaisseaux. De l’autre, il parle du quotidien de Tommy, de ses difficultés à l’école et avec ses parents, et de sa relation avec les Autres. Seulement à la toute fin, le lien entre les deux se fait.
Le Fini des mers fait partie de ces histoires d’invasion extraterrestre où l’Humanité est un facteur négligeable pour les envahisseurs. Ici, elle est impuissante et, à l’exception de Tommy, totalement inconsciente des négociations qui s’engagent entre les nouveaux arrivants, les IA et les Autres (à savoir le Petit peuple ou le monde féérique). C’est d’ailleurs ce mélange de fantasy — plus à la Lord Dunsany ou Arthur Madchen qu’aux auteurs modernes du genre — et de science-fiction « old school » qui fait le charme de ce livre. Le rythme, assez lent, s’accélère aux moments où l’on s’y attend le moins, comme la scène entre Tommy et son père dans le grenier. Une bonne surprise.

Le Fini des mers
de Gardner Dozois
Traduction de Pierre-Paul Durastanti
Éditions Le Bélial’

Le Terminateur

Les nouvelles ont ceci de pratique qu’elles donnent souvent l’occasion de découvrir de nouveaux talents. Ou dans le cas du recueil, Le Terminateur, d’avoir une idée de la diversité des styles de Laurence Suhner. J’ai choisi ce livre en passant sur le stand de son éditeur, L’Atalante, lors du dernier Livre Paris, principalement attirée par la couverture de Vincent Laîk et sans n’avoir rien lui de la dame. Des semaines plus tard, je l’ai attrapé, ne voulant ni me replonger de suite dans un gros roman après le précédent ni me contenter d’un format trop court. Et Le Terminateur fut une très bonne surprise.
Dans ce recueil, Laurence Suhner oscille entre la science-fiction pure (dont la nouvelle qui donne son titre au recueil et sa suite,
Au-delà du terminateur) et le fantastique (La chose du lac, La valise noire) avec des passages comiques (La fouine) ou plus tristes (Homéostasie). Pourtant, toutes ces nouvelles ont une petite musique, une trace et un rythme qui leur donne une identité commune. Les seules qui à mes yeux s’en écartent sont celles que j’ai le moins aimées (Différent et L’accord parfait). Plus distants, les protagonistes n’y ont pas la même profondeur que dans les autres. Et étrangement la nouvelle, Thimka, qui est liée aux romans déjà parus de Laurence Suhner peut se lire seule sans problème, mais sans forcément donner envie d’en savoir plus. Si je lis les romans de Laurence Suhner, ce sera parce que son style général m’a plu et non parce que j’ai envie de mieux connaître les personnages de cette nouvelle en particulier.

Le Terminateur
de Laurence Suhner
Éditions L’Atalante

Dino Hunter

J’avoue : en présence d’un dinosaure dans un ouvrage de fiction, je perd rapidement toute objectivité. Ce qui me permet d’apprécier largement l’intégralité des Jurassic Park et autres Jurassic World au cinéma sans m’arrêter sur les gouffres logiques des scénarios. Ce qui fait que j’ai un faible pour Sauron en tant que méchant des X-Men. Et qui fait que je me suis régalée à lire Dino Hunter d’Olivier Saraja, avant de me le faire piquer par toute la famille.
Publié dans la collection Pulp des défuntes Éditions Walrus, Dino Hunter ne se prend pas au sérieux. Il y a de l’action, des dinosaures, des extra-terrestres et des situations invraisemblables à gogo. Pour autant, avec ce titre Olivier Saraja ne prend pas ses lecteurs pour des idiots. Bien au contraire, il les rend complices de son délire en jouant habilement avec les clichés du genre et en les entraînant là où ils ne s’attendent pas.
Tout commence pourtant par une simple balade le long du Rio Grande avant de virer au Jurassic Park moderne pour se terminer en invasion extra-terrestre grandiloquente… Et visiblement, une fin ouverte pour, éventuellement, lire un jour la suite des aventures d’Howard Buck. Comme tout bon roman pulp, ne vous attendez pas à des explications logiques : des vaisseaux sortent tout droit du cœur du soleil, des ptéranodons vivent encore à l’état sauvage à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, et les motels américains laissent des squatteurs s’installer chez eux sans pantalon à l’heure du déjeuner… Laissez-vous simplement porter par les aventures de Buck et d’Amanda, imaginez-vous chevauchant votre dinosaure favori dans un décor de Far West et appréciez ce livre.
En revanche, comme les éditions Walrus ont fermé, si vous voulez vous le procurer, vous n’aurez plus cette belle couverture orange. A partir de septembre 2018, ce sont les éditions du 38 et la collection Le Fou qui accueille Dino Hunter. Et Olivier Saraja a annoncé qu’il y aura une suite.

Dino Hunter
de Olivier Saraja