Ceux des profondeurs

Au-delà du Cycle des épées, Fritz Leiber est un écrivain américain que j’apprécie, car il passe aussi bien d’un ouvrage à l’autre de la fantasy à la science-fiction pure ou au fantastique. En changeant à chaque fois de tonalité et de style, mais le plus souvent avec un égal talent. Logiquement donc, lorsque j’ai vu ce très court texte dans les allées de Livre Paris, et que je me suis rendu compte que c’était un inédit, j’ai craqué et acheté Ceux des profondeurs.
Avant toute chose, si vous ne connaissez pas bien l’univers de Lovecraft, reposez ce livre immédiatement et choisissez un autre livre de Fritz Leiber à lire : Demain les loups, Ballet de sorcières, Le Vagabond ou Epées et Démons par exemple. Fritz Leiber est un fin connaisseur de la mythologie de Cthulhu et s’amuse beaucoup avec l’œuvre du reclus de Providence dans ce texte. Si dans ses premiers récits, Fritz Leiber était fasciné par Lovecraft, cette nouvelle plus tardive peut se lire comme un pastiche du genre et une critique déguisée de ses travers.
Ceux des profondeurs met en effet en scène un homme encore jeune, mais déjà coupé du monde moderne vivant dans sa maison étrange aux portes du désert californien. Malade et difforme, il raconte comment toute sa vie il a rêvé d’étranges souterrains courant sous la colline. Ses rêves attirent l’intérêt d’Albert Wilmarth, professeur à l’université de Miskatonic et fin connaisseur de la mythologie de Lovecraft (qui dans la nouvelle est un écrivaillon qui base ses récits sur les mésaventures de ses voisins bien réels d’Arkham). Forcément leur rencontre va mal se finir, mais ceci nous le savons dès la première page.
J’ai apprécié Ceux des profondeurs en tant qu’exercice littéraire finement joué par Fritz Leiber, mais il ne restera pas dans ma mémoire comme une œuvre absolue à lire de lui. C’est une incursion intéressante dans l’univers de Cthulhu avec l’originalité de créer un lien souterrain avec le dieu endormi marin. Mais la trame de l’histoire reste très classique et sera vite oubliable. En revanche, le côté ironique de certaines descriptions de personnages ou de remarques en passant est un vrai régal pour les amateurs de fantastique et de Lovecraft lui-même. De quoi se délasser les neurones avec bonheur lors d’un voyage en train ou d’une soirée tranquille.

Ceux des profondeurs
de Fritz Leiber
Traduction de Jacques Van Herp
Éditions Mnémos

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