Cartographie du désastre

Continuons notre découverte des éditions L’Alchimiste avec un autre recueil de nouvelles dans le genre science-fiction/fantastique cette fois : Cartographie du désastre de Cyril Amourette. Recueil très court de nouvelles, elles-mêmes plutôt brèves même pour ce genre de récit, Cartographie du désastre présente neuf version de la fin du monde ou de la fin d’un monde. Ou plutôt huit, puisque le dernier texte Le jour où Ballard est mort est plus un compte-rendu de l’état du monde et de l’auteur le jour où J.G.Ballard est mort, à savoir le 19 avril 2009 qu’une véritable histoire.
Des huit désastres présentés, comme souvent dans les recueils il y en a pour tous les goûts. Commençons par d’habitude par celles que je n’ai pas aimées, Sans-Pattes et Bienvenue au centre commercial, que j’ai trouvé inutilement choquantes sans être réellement originales. Et franchement Bienvenue au centre commercial m’a fait l’effet d’une resucée du Jour des morts-vivants, zombification et Georges Romero en moins. Avec un style d’écriture nettement en deçà des autres textes du livre. Le dernier voyage, premier récit assez classique donne bien le ton de ce recueil en racontant un homme qui vient d’expédier le dernier vaisseau de colons humains hors de la terre et se retrouve seul sur la planète. Eva, Nicolina et La nuit où le sommeil s’en est allé sont aussi de bonnes nouvelles à lire avec plaisir, mais qui ne resteront pas marquées dans mon esprit. En revanche dans deux genres différents, La Guerre des arbres et Sainte Maggie des Acides, sont deux petits bijoux que je relirais avec grand plaisir. Même si la trame de La Guerre des arbres fait évidemment songer à JG Ballard (encore lui !) et à Brian Aldiss, j’y ai trouvé des échos d’Italo Calvino et une certaine fin poétique. Quant à Sainte Maggie des Acides, n’importe quel lecteur ayant grandi dans les années 80 et se souvenant de la politique intransigeante de Margaret Thatcher ne peut que glousser en imaginant la Dame de fer plonger dans un grand trip sous acide. Et en voyant Alan Moore lui succéder au poste de Premier ministre anglais, j’avoue avoir eu un très grand éclat de rire. Mission accomplie ?

Cartographie du désastre
de Cyril Amourette
Éditions l’Alchimiste

Fil rouge 2018 : Le collectionneur

Lire un texte « court et marquant », tel était la consigne de notre Fil rouge 2018 pour le mois de février. Le collectionneur de Marine Gautier remplit parfaitement ces deux critères. Avec neuf pages seulement, il se lit montre en main en moins de cinq minutes. En revanche, le texte reste gravé pendant bien plus de temps en mémoire et dans le cœur.
Non je ne vous raconterais pas l’intrigue du Collectionneur. Je vous dirais juste que c’est une trame classique autour du débat entre sécurité et liberté. Un équilibre que nombre de nos concitoyens semblent oublier allégrement au fur et à mesure que de nouvelles règles sécuritaires sont adoptées tant par le gouvernement que par les fabricants de joujoux high-tech connectés et un peu trop curieux.
Sans gadget high-tech, et au contraire avec un style délicieusement rétro et limpide, cette petite nouvelle de fantasy douce-amère en est une parfaite illustration. Elle est à lire et à faire lire absolument, notamment à vos adolescents. Si le reste des textes produits par la toute jeune maison d’édition Alter Real est de cette même qualité, l’avenir lui semble très prometteur.

Le collectionneur
de Marine Gautier
Éditions Alter Real