Depuis son premier roman, Un long voyage, Claire Duvivier s’est essayée à différents genres littéraires pour un lectorat adulte ou plus jeune. Et toujours avec succès. Ôtons tout de suite le suspense, elle récidive cette performance avec La Dame de la Seine. Dans celui-ci, elle s’attaque au roman historique. Et plus particulièrement à une époque troublée de l’histoire parisienne : celle où, après l’assassinat du roi Henri III, catholiques et protestants tentent de trouver un terrain d’entente pour faire de Henri de Navarre, le futur souverain de la France.
Mais l’autrice ne s’intéresse pas aux tractations politiques. Non, le personnage principal de ce récit est Christopher « Kit » Marlowe, dramaturge et poète anglais (plus connu au XXIe siècle pour avoir fait passer Faust à la postérité avec sa pièce) contemporain d’un certain William Shakespeare et à la courte vie auréolée de mystère. Ici, la romancière imagine qu’à l’issue d’une bagarre de taverne (miroir de celle où il serait mort en 1593), Kit doive quitter l’Angleterre de façon précipitée et son passé d’espion l’envoie à Paris. Là, il est accueilli par un pendu de frais et va devoir démêler une affaire criminelle complexe liée au massacre de la Saint-Barthélemy, vingt ans plus tôt.
Ne vous attendez pas à un polar historique. Christopher Marlowe est peut-être un excellent dramaturge et poète, et un espion compétent, mais il n’est ni très discret, ni très habile pour suivre une piste sans récolter au passage coups et horions. En revanche, c’est un personnage haut en couleur doué d’une vraie gouaille qui accroche la lectrice. Et la reconstitution de l’Angleterre puis du Paris de l’époque est particulièrement vivante (pour le respect historique de celle-ci, Mondes de poche – quand il aura lu le livre – sera meilleur juge que moi). Les personnages principaux, mais également les silhouettes qui ne font que passer le temps d’un chapitre ou même d’un paragraphe, ne manquent pas de verve. Bien au contraire ! Au fil des pages, vous rirez ou vous vous mordillerez les lèvres d’inquiétude pour eux jusqu’au dénouement final. Et les différentes morts non naturelles du livre trouvent une explication très intéressante et parfaitement ficelée. Si j’ai lu La Dame de la Seine grâce à un service de presse, il vous faudra attendre le 21 août pour le découvrir. N’hésitez surtout pas, c’est pile le roman enlevé qui convient pour quitter la torpeur estivale et se préparer à la rentrée.
La Dame de la Seine
de Claire Duvivier
Éditions Aux forges de Vulcain
