Vamp City

L’un de mes « plaisirs coupables » en littérature reste la bit-lit, à condition qu’elle ne s’encombre pas trop de romances. Quand Gryphonwood Press a laissé un message sur Twitter pour dire que le premier roman d’une nouvelle série était diffusé gratuitement pendant 24 h, je me suis laissée tenter. Et finalement, même si ce n’est pas de la grande littérature, ce Vamp City de C.D.Brown se lit très bien et permet de passer agréablement une paire d’heures. Il s’agit même plutôt d’un mélange des genres dans ce que, de ce côté de l’Atlantique, nous appelons les romans de gare.
Née en Louisiane au 19
siècle, la vampire Sophia Fontanelle doit quitter La Nouvelle-Orléans où sa cabale a été décimée par des loups-garous et refaire sa vie à Los Angeles. Dans cette ville ouverte où toutes les variations du vampire existent, de l’adorateur du soleil perdu au cliché ambulant de l’âge d’or hollywoodien, elle doit refaire sa vie de zéro. Et, étant la plus ancienne des vampires, la voici propulsée shérif chargé de maintenir la paix entre les différents groupes vampiriques. Alors que certains s’agitent dans l’ombre pour prendre le pouvoir.
Reprenant les codes des séries policières, Vamp City transporte la guerre des gangs dans un milieu vampir
ique, sans pour autant être un décalque de Vampire la Mascarade. Nous y retrouvons des mafieux, des hippies, des Glamazones, des gangs de latinos et de Noirs de South Central, des petits génies de l’informatique. Et des avocats aux dents aussi longues métaphoriquement que physiquement.

opossum avec un raisin
Imaginez ceci faisant 1m80 et suspendu d’un lampadaire en plein Los Angeles. Vous avez le garou de C.D.Brown devant vous.

 

Certains clichés de la bit-lit sont bien présents, notamment la protagoniste, Cajun pur jus ex-prostituée du Quartier français sauvée par un vampire au grand cœur, ou des attirances compliquées entre vampires et garou, ou encore  une tendance au « véganisme » à la sauce vampire (c’est-à-dire boire du sang animal plutôt que du sang humain si possible). Mais pour une fois, C.D.Brown les détourne avec humour. Ainsi son garou n’est pas un croisement entre un humain et un loup, mais entre un homme et un opossum, qui conserve sa taille humaine une fois transformé. De même, le fait que certains vampires préfèrent se rabattre sur du sang animal donne l’occasion d’avoir de véritables dégustations des différents liquides avec des commentaires dignes des meilleures publicités pour le Beaujolais nouveau. Ainsi, le sang de thon a une fraîcheur de « sushi », celui de poulet a un goût de maïs et de foin et celui de canard colvert de sauvagine et de vase.
C.D.Brown modernise également le genre en imaginant une version vampirique de Facebook dont les pages s
ont régulièrement piratées et détournées à des fins politiques par les différents gangs ou l’usage des outils de communication et surveillance moderne pour pallier certains inconvénients de la condition vampirique. Il utilise aussi certains clichés du vampire comme la possibilité de se changer en brume ou en chauve-souris avec une certaine malice.
Vous l’aurez compris, Vamp City de C.D.Brown ne révolutionnera ni la littérature vampirique ni l’urban fantasy. Mais ce roman propose suffisamment d’originalité, d’action et d’humour pour en faire une lecture plus qu’agréable dans les transports ou lors d’une nuit d’insomnie.

Vamp City
de C.D.Brown
Éditions
Gryphonwood Press

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