The Wrong Side of Goodbye

Le plus souvent, ce sont les livres qui me guident vers une adaptation au cinéma ou à la télévision, avec plus ou moins de bonheur. Avec l’œuvre de Michael Connelly, c’est l’inverse. J’ai découvert l’homme en tombant par hasard sur un épisode de Castle où il tenait son propre rôle. Et j’ai découvert son personnage, Bosch, sous les traits de Titus Welliver dans la série éponyme sur Amazon Prime. Après deux saisons et demi dévorées en un rien de temps, je me suis laissée tenter par The Wrong Side of Goodbye, le dernier roman le mettant en scène en le trouvant dans un rayon de supermarché du Nevada. Sept heures de vol plus tard, je refermais le livre avec un sourire et sans avoir vu les kilomètres défiler.

Moi qui avait peur de trouver avec Michael Connelly un nouvel auteur de polar à formule comme Harlan Coben, Kathy Reichs (cas unique où Bones la série TV est nettement meilleure que Bones les livres) ou Patricia Cornwell, je ne suis pas déçue. J’y trouve un auteur complet hanté par un certain passé américain et par une ville, Los Angeles. Le tout avec un talent descriptif qui va au-delà du pageturner et du coup de théâtre à chaque fin de chapitre.
Dans ce roman, l’intrigue, ou plutôt les deux enquêtes menées en parallèles par Bosch, est le reflet de cette hantise avec des allers-retours constants entre le passé et le présent. Elle étudie également un angle intéressant des relations entre les communautés blanches et latinos.

Là où avec ces mêmes thématiques, James Ellroy écrirait un roman touffu, sombre comme une lente descente aux enfers et truffés de détails, Michael Connelly signe un livre nerveux, précis mais où les personnages principaux, récurrents ou non, finissent sur une note d’espoir. Tous deux amoureux de Los Angeles, tous deux fins connaisseurs de ses services de polices, James Ellroy et Michael Connelly sont à l’opposé en matière de foi en l’humanité. J’ai beau adorer le style d’Ellroy, un peu de chaleur humaine fait parfois du bien à lire.
Du coup, comme The Wrong Side of Goodbye met également en scène l’autre héros récurrent de Michael Connelly, l’avocat Mike Haller, je passerait sûrement du livre au film en regardant La Défense Lincoln, de 2011 avec Matthew McCanaughey.

The Wrong Side of Goodbye de Michael Connelly
Éditions Grand Central Publishing