The Institute

Décidément, il ne fait pas bon être un enfant dans les livres de Stephen King. Son dernier en date, The Institute (L’Institut en français) en est la preuve formelle. Reprenant l’idée de Charlie avec des enfants dotés de pouvoirs psychiques rassemblés et soumis à des expériences pour le « bien commun », dans son dernier roman Stephen King modernise l’idée et montre ce qu’on pourrait en faire en 2019. Sa Charlie s’appelle désormais Luke Ellis et, à défaut d’allumer des feux, peut bouger les plats à pizza -vides- d’une pensée. Le jeune Luke, 12 ans, est également un prodige s’apprêtant à entrer simultanément au MIT et à Harvard, mais cela n’intéresse pas l’Institut. Seuls ses quelques talents télékinétiques et sa télépathie latente intéressent l’organisme qui le gère. Sauf que… à force d’expérimentation et de séances de tortures, les membres de l’Institut vont réveiller leur pire ennemi et amener ainsi leur destruction complète. Voire, s’ils disent vrais, peut être plus…
Est-ce la période ? Lire confinée une histoire où l’enfermement et l’isolation tient une si grande place n’est pas des plus faciles. Est-ce le fait que Stranger Things, hommage plus qu’appuyé à l’œuvre précédente
de Stephen King, soit passé par là ? Toujours est-il que The Institute est un roman solide de l’auteur, mais pas un roman inoubliable ou marquant. La rencontre entre le flic désabusé et le jeune mutant échappé (Hopper et Eleven dans Stranger Things, Tim et Luke dans The Institute) m’a donné l’impression d’avoir été vue et relue plus d’une fois. Plutôt dense (859 pages dans la version anglaise), le roman a une construction éclatée entre le Maine et la Caroline du Sud passant d’un protagoniste à l’autre. Cette narration permet d’apercevoir cet Institut sous toutes ses facettes, mais n’est pas des plus faciles à suivre. En revanche, j’ai apprécié qu’à part une vague mention en passant à Jerusalem’s Lot (la ville de Salem entre autres), les autres œuvres de Stephen King ne soient pas mêlées à l’histoire. Et contrairement à L’Outsider, même si l’auteur reprend des thèmes qu’il a maintes fois abordés, The Institute reste suffisamment original pour que même le lecteur le plus averti de Stephen King ne puisse prévoir complètement ce qu’il va se passer dans les pages suivantes. Toujours aussi bien écrit, le roman se lit très facilement et ne se lâche pas aisément. Une valeur sure sans être un chef-d’œuvre.

PS : Confinement lecture oblige, le roman est disponible en numérique aussi bien dans la version originale que dans sa traduction française.

The Institute
de 
Stephen King
Éditions
Scribner

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