Wombs

Que vous aimiez ou non les mangas, si vous aimez la science-fiction bourrée d’action et intelligente, après avoir lu les deux premiers tomes de Wombs, je ne peux que vous conseiller ce manga de Yumiko Shirai. Terminé en cinq tomes (le troisième est annoncé en français le 23 septembre prochain), ce titre a valu à son autrice d’être la troisième mangaka seulement à avoir reçu le Nihon SF Taisho Award (grand prix japonais de la SF, équivalent pour ce pays d’un Hugo pour la sphère anglophone) après Katsuhiro Otomo pour Dômu et Moto Hagio pour Barbara Ikai. Dès les premières pages, la justification de ce choix est évidente. Au croisement entre L’Étoffe des Héros et Alien, mâtiné de Full Metal Jacket, Wombs est un pur seinen, d’action et de science-fiction qui plonge son lectorat dans le quotidien de conscrits luttant pour défendre la planète où leurs ancêtres se sont établis. Sauf que… Ces soldates sont de jeunes femmes et qu’on leur implante un pseudo-embryon extra-terrestre, pour leur donner des pouvoirs de téléportation et de clairvoyance. Reprenant les codes du seinen d’action tels que définis par Akira, Yumiko Shirai les applique au cœur de la féminité : la grossesse et l’envie ou non d’avoir des enfants. Elle y aborde également des thèmes sensibles comme la colonisation et les relations avec les populations autochtones, la lutte des classes (la guerre se joue entre la première vague de colons, les « firsts » qui ont voyagé à bas prix, gelés en se trainant moins vite que la lumière ; et la seconde qui, plus aisés financièrement, a bénéficié de moyens techniques plus importants et est arrivé plus vite sur une planète déjà défrichée) ou la place de l’individu face au collectif. En suivant la trame de Full Metal Jacket, le premier tome nous plonge dans le bain en montrant la protagoniste, Mana Oga, fraichement recrutée chez les auxiliaires de transfert, à l’entraînement et découvrant l’armée de l’intérieur. Le suivant nous en dit un peu plus sur les entités implantées dans les soldates et leur pouvoir, mais également les raisons de cette guerre, tout en poussant les lecteurs à s’attacher à Mana Oga et ses coéquipières. Et à la fin ? Vous êtes tellement intrigués par cette histoire que comme moi vous piafferez d’impatience pour découvrir la suite.


Wombs
de
Yumiko Shirai
traduction d’Alexandre Goy
Éditions
Akata