Magus of the Library

Voici un manga dont le battage médiatique m’a intrigué, en particulier le magnifique stand mis en place par l’éditeur durant le dernier Livre Paris. Le sujet de Magus of the Library avait tout pour me plaire : les livres et leurs pouvoirs d’évasion. Pourtant, j’avoue avoir été déçue par ce premier tome du nouveau manga de Mitsu Izumi. Non que le manga en lui-même soit mauvais ou mal dessiné, ce n’est pas le cas. C’est juste qu’il m’a laissé sur la fin.
Le tome 1 de Magus of the Library fonctionne en effet comme une préquelle avant le début des aventures réelles du héros dans le tome 2, non encore paru.
Tout commence à Amun, un village évoquant la Perse des Mille et une nuits ou la Samarcande telle qu’on l’image au temps de l’ancienne route de la Soie. Là, un tout jeune garçon pauvre, Shio Fumis, se fait moquer parce qu’il est différent des autres et qu’il aime lire. Et le directeur de la bibliothèque du village le renvoie systématiquement des lieux, car il est trop pauvre pour prendre soin des livres. C’est à ce moment que quatre envoyées de la Bibliothèque centrale, ou kahunas, arrivent sur place à la recherche d’un grimoire mystérieux et dangereux. Shio va les y aider, et lui gagnera le droit d’accéder aux livres qu’il souhaite avant de partir suivre leur exemple une fois devenu plus grand à la toute fin du volume.
Visuellement, ce manga est superbe. Le dessin est très travaillé, avec des tonalités arabisantes et une imagerie de monstres et merveilles qui prennent leurs sources aussi bien dans les Mille et une nuits que dans la féérie occidentale traditionnelle avec un chien licorne ou une petite fée ailée ressemblant très fortement à la fée Clochette de Peter Pan (la version Disney, en moins court vêtue mais toujours avec le même sale caractère). Il y a également un vrai travail sur les à côté, notamment les couvertures d’intérieur.
En revanche, je suis plus que sensible au message véhiculé par Magus of the Library : “protéger les livres, c’est protéger le monde”. Et la nécessité de conserver les écrits d’où qu’ils viennent pour conserver une trace du passé et du savoir globale me semble une évidence. Pourtant, le ton très prêcheur en la matière de Magus of the library et son insistance lourde sur le sujet m’a vite lassé. Peut être parce que je ne suis pas coeur de cible et parce que ce manga s’adresse à un public plus jeune ? En tout cas, personnellement j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur la magie des kahunas et sur la façon dont elles s’en servent. Du coup, je vais peut être me laisser tenter par le volume 2 ne serait-ce que pour la qualité des dessins. Mais si le ton professoral continue et si l’histoire ne décolle pas, ce sera sans moi pour le tome 3.

Magus of the Library
de Mitsu Izumi
traduction de Géraldine Oudin
Editions Ki-Oon