Nous sommes Légion (Nous sommes Bob 1)

Certains livres encensés par la critique, et plus importants par les copains fans du même genre ne sont en fait pas pour moi. Si je l’avais oublié, l’opération Ebooks et Crustacés des éditions Bragelonne me l’a rappelé en installant gratuitement Nous sommes Légion – Nous sommes Bob 1 de Dennis E. Taylor.
Tout commence avec Robert
Johansson, dit Bob, qui venant de vendre son entreprise d’informatique a signé un contrat pour se faire cryogéniser à sa mort. À peine le contrat signé, et sa retraite dorée fêtée, il se fait renverser par une voiture. Et se réveille plus d’un siècle plus tard dans une Amérique du Nord qui a bien changé. Le pire ? Il n’est plus humain, mais juste une simulation logicielle de sa personnalité. Monté dans un vaisseau spatial, il va devoir explorer le cosmos alentour. Et bien entendu, tout ne se passera pas comme prévu.
Autant j’ai apprécié la première partie et la façon dont Bob s’acclimate à son nouveau statut d’intelligence artificielle, autant la seconde m’a ennuyée. Certes, celle-ci a plus d’action
s. En se dupliquant, Bob peut couvrir plus de terrain : explorer d’autres systèmes solaires, découvrir une espèce intelligente ou deux, poursuivre les conflits terriens dans l’espace ou revenir sur Terre aider les survivants. Et chaque itération de Bob a sa propre personnalité, et son nom pour faciliter la compréhension de l’histoire. Sauf que… J’ai trouvé le tout très répétitif. Et que les blagues de fanboy de pop culture SF et série TV, me font rire cinq minutes, mais pas tout un livre. Et encore moins une trilogie entière. Surtout quand l’auteur se permet de bien insister sur les jeux de mots qu’il trouve pour les noms de ses différents Bob. Ayant achevé le premier tome, les différentes aventures que vivent les Bob ne sont pas suffisamment originales à mes yeux pour en lire les deux suivants. À vous de voir ce que vous en pensez…

Nous sommes Légion (Nous sommes Bob 1)
de Dennis E. Taylor
traduction de Sébastien Baert
Éditions Bragelonne

The Murderbots Diaries: All Systems Red & Artificial Conditions

Après Binti, un autre titre de novella était en promotion sur la boutique de ma liseuse (et sans DRM, car également publié par Tor books) : le premier tome de la série de The Murderbots Diaries de Martha Wells : All Systems Red.
Ni homme, ni femme, ni robot, ni humain, le protagoniste de cette histoire est un SecBot : un cyborg chargé par leur compagnie d’assurance de garantir la sécurité d’un groupe de scientifiques sur une planète inconnue. Véritable machine à tuer et maître d’armes accompli, il n’est pas censé avoir plus de personnalité qu’un tableur ou un traitement de texte. Sauf que… Un contrat précédent a mal tourné et il a massacré tous les humains sous sa protection. Pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise, il a désactivé son module de contrôle. Quand la mission actuelle prend un tour similaire à la précédente, MurderBot va devoir lâcher ses chères séries TV et effectuer son travail en toute indépendance. Comble de l’horreur, il va devoir interagir avec des humains sans filtre ni possibilité de se cacher derrière les instructions d’un tiers.
All Systems Red fonctionne comme un huis clos policier (à l’échelle d’une planète) avec MurderBot à la place de Sherlock Holmes ou d’Hercule Poirot, les petites cellules grises en moins et les muscles en plus. J’ai apprécié ma lecture, mais j’étais frustrée de ne pas en savoir plus sur la condition des cyborgs et des robots dans cet univers. Frustration en partie comblée avec Artificial Conditions où notre MurderBot enquête sur ses actions passées et essaie de comprendre comment le massacre a pu se produire. En cours de route, il croisera un vaisseau de transport intelligent (imaginez l’USS Entreprise avec la curiosité et l’humour d’un enfant de 10 ans) et quantité de cyborgs et robots en tout genre. Avec à nouveau au milieu des humains ayant besoin de son aide ?
Lirais-je la suite des Murderbots Diaries ? Certainement, je veux comprendre ce qui est arrivé à ce MurderBot, et j’apprécie son côté acerbe. La façon dont Martha Wells s’interroge à chaque livre sur un aspect de la frontière entre le vivant et l’artificiel me plaît. Où se trouve la limite ? Qu’est-ce qu’être humain ? Qui doit être considéré comme une personne de plein droit ? Comment interagir dans un tel univers ? Le tout sans faire de longs discours philosophiques, mais en l’intégrant à des histoires policières spatiales plus que distrayantes.
Si vous ne lisez pas en anglais, sachez que L’Atalante a entamé la traduction de cette série et vient de publier le premier tome sous le titre de Défaillance système – Journal d’un AssaSynth et que le tome 2 est prévu pour juin.

The Murderbots Diaries: All Systems Red & Artificial Conditions
de Martha Wells
Éditions Tor