Pour toujours pouvoir danser

La collection de novellas Nagori continue son mélange entre noms connus de l’imaginaire et nouvelles plumes. Dans la dernière fournée de 2026, la nouvelle venue (enfin à ma connaissance) est Lorelei Lenn avec Pour toujours pouvoir danser, une histoire pas tout à fait postapocalyptique, mais plutôt optimiste.
Dans un futur non déterminé, les pandémies se sont multi
pliées. En réaction, l’humanité s’est divisée en trois grandes catégories : celles qui pratiquent un confinement strict et n’ont plus aucun contact humain ; celles où la communauté pratique une certaine forme d’isolement pour rapport aux étrangers à leur groupe, mais en maintenant un contact de proximité entre ses membres ; et celles qui ont décidé de vivre comme avant sans limitation. Depuis 50 ans, Merle appartient au premier groupe. Au soir de sa vie, elle décide de sortir de son cocon pour trouver son amie chanteuse et danseuse avec qui elle devait écrire L’Œuvre ultime.
Et voilà notre petite mamie (Merle a 72 ans et c’est bien d’avoir une protagoniste âgée de temps en temps) qui va à la découverte des autres et, par le biais d’un moyen d’expression on peut plus intime et physique : la danse.
Le récit est court, intéressant et avec un beau travail sur la linguistique dedans. En effet, en 50 ans de pandémies, la langue a évolué notamment dans son utilisation des genres et des pronoms en fonction de la proximité des liens entre les différents éléments et de la permanence ou non de l’état décrite : le masculin pour tout ce qui est temporaire, le féminin pour ce qui est permanent comme les deux variations « estar » et « ser » du verbe « être » en castillan). Mais… il m’a manqué personnellement un petit quelque chose pour ressentir de l’émotion à sa lecture. Merle est tellement détachée du monde depuis si longtemps qu’elle est
quasiment toujours dans une posture d’analyse de son propre ressenti. Ce qui la rend très intéressante à lire, mais ne facilite pas l’attachement de la lectrice. Sur un texte aussi court qu’une novella, cela ne pose pas de problème. Pour un texte plus long, je n’en suis pas aussi certaine. En tout cas, cette lecture m’a donné hâte de découvrir les crus 2027 de la collection Nagori.

Pour toujours pouvoir danser
de 
Lorelei Lenn
Éditions
ActuSF

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