Les Somnambules

Rien de tel qu’être en pleine pandémie dont personne ne voit la fin pour se plonger dans une histoire de pandémie. Après Station Eleven qui m’avait surprise, j’ai attaqué Les Somnambules de Chuck Wendig en pensant savoir à quoi m’attendre…
Et c’est… raté. Contrairement à ce que laisse penser le premier quart du livre, les somnambules du titre ne sont pas les vrais malades de l’histoire, mais un embryon de solution…
Tout commence un matin de juin quand au fin fond de la campagne de Pennsylvanie, Nessie, 14 ans, se met à marcher droit devant elle sans s’arrêter ni pour manger, ni pour boire, ni pour dormir. Elle est peu à peu rejointe par des gens venus de tous les horizons de la société états-unienne. Si on les empêche d’avancer, ils explosent. Est-ce une nouvelle maladie ? Alors que le CDC (Center for Disease Control and prevention, agence fédérale pour le contrôle des maladies) entre en action, dans un pays à quelques semaines des élections présidentielles, les tensions s’accroissent. Toute ressemblance avec certaines élections présidentielles récentes aux USA étant parfaitement voulue par l’auteur. À coup de désinformation, de propagande et de montée des extrémismes, la situation se tend jusqu’à ce que la catastrophe soit inéluctable.
Avec Les Somnambules, Chuck Wendig écrit dans un roman choral, le portrait d’une Amérique qui s’effondre sous les coups de la (ou les) maladie(s), mais plus encore sous ceux de la peur, des idéologies butées et des tensions raciales qui la parcourent. Si vous vous attendez à avoir une vue globale de la pandémie, passez votre chemin. À part quelques brèves mentions du fait que les USA sont coupés du monde extérieur, et des souvenirs d’expéditions en Afrique des médecins, nous n’en saurons rien de plus. Ce qui est finalement assez logique vu la situation.
L’écriture de Chuck Wendig n’est pas exempte de défauts : les deux pères de l’histoire sont des exemples parfaits de lâcheté et d’indifférence à leurs progénitures, et si la couleur de peau est une composante importante des relations intrapersonnelles, je ne suis pas sûre que rappeler qu’un tel est noir ou une telle Latina quand ils sont représentés seuls chez eux soit d’un grand intérêt, surtout quand la précision a déjà été apportée quelques pages plus haut. La fin à la Cortana m’a également laissé perplexe. Mais il a produit avec ce livre un pavé qui peut se voir comme une actualisation du Fléau de Stephen King pour le 21siècle actuel, qui se lit d’une traite. Les Somnambules laisse néanmoins un goût amer en bouche en constatant que certains travers, certaines personnalités détestables du livre ont quitté le domaine de la fiction et traversé l’Atlantique pour s’installer dans notre vie quotidienne. Avec les mêmes conséquences effroyables ?

Les Somnanbules
de Chuck Wendig
traduction de Paul Simon Bouffartigue
Éditions Sonatine

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