Les Sept Jours où le monde fut pillé

Au détour d’une conversation littéraire sur Twitter, Tolstoï arriva sur le tapis. Non pas le Léon de Guerre et Paix, mais l’autre, celui qui écrivait de la SF : Alexeï. Cousin éloigné du premier et également membre de l’aristocratie russe, il vécut en exil après la révolution de 1917 quelque temps avant de rentrer dans ce qui était devenu l’Union soviétique. Et pour découvrir son œuvre et sa plume, autant commencer par un court récit. Les Sept Jours où le monde fut pillé, qui fait moins de 100 pages, fut choisi.
Le point de départ de l’intrigue est intéressant. Lassé des différentes tensions internationales qui mettent à mal ses affaires commerciales, le grand magnat de la finance Ignace Rough imagine un plan audacieux. Avec quatre autres hommes d’affaires tous aussi puissants que lui, il va s’emparer du monde en achetant tout ce qui compte. Et pour cela, il va provoquer une catastrophe qui paniquera toute la population, fera chuter les Bourses mondiales, et laissera sept jours à cette Union des Cinq pour s’emparer du monde. Sauf que… la catastrophe choisie, la destruction de la Lune, aura des conséquences inattendues sur la psyché humaine.
De par sa brièveté, Les Sept Jours où le monde fut pillé ne s’embarrasse pas de détail. Il commence comme un roman d’aventures à la Jules Verne avec la mise en place de toute
la machinerie nécessaire à la destruction de notre satellite tout en synchronisant celle-ci avec un phénomène astronomique naturel. Il se poursuit ensuite avec un récit plein d’ironie comme pourrait les écrire Mark Twain ou Ambrose Bierce pour se terminer sur une délicieuse pirouette.
Si ce récit est une critique à peine voilée du capitalisme prédateur et de la spéculation forcenée, il n’est pas non plus une apologie du communisme, ou d’un quelconque système politico-économique particulier, malgré les choix de vie de l’auteur. Il montre j
uste que les plans les mieux conçus ne se déroulent pas toujours sans accroc. Et que la psyché humaine ne se limite pas aux biens matériels et à une course consumériste. Et sa fin peut se lire suivant l’esprit du moment comme une prédiction particulièrement pessimiste sur la passivité humaine ou au contraire sur une note optimiste. À vous de vous faire une idée !

Les Sept Jours où le monde fut pillé
D’Alexeï Tolstoï
traduction de Paul Lequesne

Éditions Libretto

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