Les animaux de ce pays

Parfois, une couverture attire votre regard et vous prenez le livre sans même regarder exactement de quoi il s’agit. C’est ce qui m’est arrivé avec Les animaux de ce pays de Laura Jean McKay, en version poche car lu au bord de l’eau…
Donc, ce premier roman de Laura Jean McKay nous emmène d’abord au nord de l’Australie dans un zoo perdu. Là, Joan qui a perdu son compagnon puis son fils, travaille comme guide quand elle ne garde pas sa petite-fille. Accro à la bouteille comme à la nicotine, elle aurait été renvoyée depuis longtemps si elle n’était pas l’ex-belle-mère de la directrice du zoo. Quand une zoogrippe se déclare dans le sud du continent et se répand peu à peu à travers le pays, elle va devoir partir à la recherche de son fils et de sa petite-fille à travers tout le continent, seulement guidée par Sue, une chienne dingo du zoo, alors que l’Australie s’enfonce dans la paranoïa et la folie. L’effet secondaire de cette nouvelle grippe étant de permettre aux humains de comprendre les autres animaux, qu’ils soient mammifères, reptiles ou même insectes, suivant la gravité des symptômes.
Joan, narratrice non fiable s’il en est, accompagnée de Sue et son langage de canin difficile à décrypter, nous entraîne dans un road-trip halluciné à travers tout le pays, jusqu’à une fin… à la fois parfaitement logique, totalement insatisfaisante si vous aimez les happy end, et particulièrement sinistre. Le livre est paru dans sa langue d’origine en 2021 jusque après la pandémie de Covid-19 et les différents confinements mondiaux. Cela se sent dans les différentes façons dont cette nouvelle zoogrippe est perçue à la fois par la population que par les autorités du pays, entre différentes théories complotistes, remèdes plus ou moins charlatanesques et bien sanglants, massacres plus ou moins justifiés des animaux de compagnies ou autres. Au milieu de ce chaos, Joan – qui pendant la première partie du livre n’a pas été présentée comme la personne la plus fiable du pays – apparaît presque comme quelqu’un de raisonnable. Et peu à peu la lectrice s’attache à ces deux femelles cabossées – la vieille femme et la quadrupède cherchant sa meute idéale – jusqu’au bout de leur voyage.
Le livre de Laura Jean McCay n’est pas parfait, mais il touche de façon viscérale son lectorat à mesure que les pages se tournent, pour peu que celui-ci accepte de ne pas tout comprendre à la façon dont les autres animaux communiquent et à leur mode de pensée. C’est une expérience intéressante. A renouveler ? Pourquoi pas ?

Les animaux de ce pays
de
Laura Jean McCay
Traduction de
Lise Garond
Éditions
10/18

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