Dès la phase de présélection dans la catégorie Imaginaire du Prix des Auteurs Inconnus, la couverture de ce roman m’avait intriguée. Et les premières pages aussi… Et quand le livre s’est retrouvé en sélection finale et m’est arrivé entre les mains pour la lecture de juillet, j’en étais agréablement surprise. Et L’Enfant des Ruines de J.J.Joron, premier tome de La Compagnie des Ronces, n’en avait pas fini avec ses surprises.
Premièrement, c’est un livre jeunesse (je dirais plutôt pour le niveau collège ou lycée), assez dense de 406 pages en grand format. Donc plutôt pour de bons lecteurs et lectrices. Deuxièmement, si les premières pages laissent croire à de la fantasy animalière classique avec la constitution d’un groupe d’aventuriers (une louve, une lapine, deux chats rejoints par un renard et un rat), il se révèle assez vite que nous sommes plus dans de la science-fantasy où une catastrophe non expliquée a détruit la civilisation humaine (ou celle des Faces Plates comme ils sont connus par les érudits de ce monde) ainsi que la plupart des oiseaux, et laissé la place à une civilisation de mammifères devenus bipèdes et vivant en bonne intelligence entre carnivores et herbivores (à la Zootopie ou à la Beastars). Autre différence, les insectes et autres arachnides sont devenus géants servant soit de moyens de locomotion soit d’alimentation pour ceux des mammifères qui ne peuvent se passer de viandes dans leurs alimentations.
Quand le livre débute, la lapine recrute ses acolytes pour aller explorer des ruines laissées par les Face-Plates (peut–être une sorte d’hôpital) à la recherche de trésors et trouvailles technologiques à vendre. Et la troupe tombe sur une couveuse contenant un bébé Face-Plate vivant : comment s’en occuper ? Pourquoi est-il vivant des siècles après la fin de sa civilisation (au bas mot, vu les bouleversements écologiques de ce monde) ? Que faire de cet enfant ? Comment le protéger ? Et à qui le confier ? Autant de questions auxquels l’ensemble des personnages vont devoir répondre tout en tenant compte de leurs objectifs personnels, parfois cachés, et pas toujours alignés avec ceux des autres.
Le résultat est un livre très agréable à lire, particulièrement rythmé et aux personnages attachants (pour moi la sœur et le frère félin et le renard en particulier) qui donne largement envie de lire la suite. Une bonne pioche pour le Prix des Auteurs Inconnus de juillet. N’hésitez pas à le lire pour vous faire votre avis.
L’Enfant des Ruines
La Compagnie des Ronces t.1
de J.J. Joron
