Ghost Virus

Cela faisait quelques années qu’un livre d’horreur de Graham Masterton n’avait pas été traduit en français (d’ailleurs les deux derniers de la série des Jim Rook ne le sont toujours pas). Pour Ghost Virus, c’est un éditeur belge, Livr’S, qui s’est lancé dans l’aventure, avec un roman dans un style plus que classique pour l’auteur : de la terreur pure et dure échappée de la banalité du quotidien.
Ici l’action se passe à Tooting dans la banlieue de Londres. Des gens à priori sans histoire se suicident ou commettent des crimes horribles. Interrogés, les survivants déclarent que c’est une autre personne en eux qui a agi à leur place. Leur seul point commun ? Porter au moment des faits un vêtement d’occasion. Peu à peu, les deux inspecteurs chargés de l’enquête, Jerry et sa supérieure hiérarchique, Jamila, doivent se rendre à l’évidence. Les vêtements sont hantés, et contagieux en prime. Comment arrêter ce qui n’est pas vivant ?
Jamais je n’aurais imaginé avant Ghost Virus, qu’un pull tricoté main ou surtout une petite veste bleue doublée de satin (dont j’ai un modèle très semblable dans un placard) puisse être aussi effrayants ? C’est sans compte sur Graham Masterton qui arrive à transformer l’objet le plus insignifiant en prestataire de mauvais rêves en tout genre.
Ici les deux policiers, Jerry et Jamila, sont dissemblables, mais complémentaires. On sent très vite un potentiel pour faire de cette paire, de nouveaux héros récurrents. Je lirais d’ailleurs avec plaisir une histoire basée sur la mythologie pakistanaise où Jamila utiliserait le savoir transmis par les histoires de sa fameuse grand-mère.
Ghost Virus n’est pas exempt de défaut, notamment une accumulation de crimes et de personnages après l’entrée en matière qui ne font pas forcément avancer l’intrigue, et une explication un peu trop rapide du virus en question. Il se lit néanmoins avec grand plaisir. Comme d’habitude, dès les premières lignes, Graham Masterton nous projette au cœur de son cauchemar et ne nous lâche pas jusqu’à la dernière page. Voire au-delà…

Ghost Virus
de Graham Masterton
traduction de Quentin Daniel
Editions Livr’S