La ville dans le ciel

Vous le savez, je résiste difficilement à un bon thriller. Et si en plus, il se passe dans l’espace, je ne peux que me laisser séduire… Raison de plus pour me laisser tenter par La ville dans le ciel de Chris Brookmyre, l’une des rares incursions dans la SF (sa seconde après Bedlam) d’un des maîtres du polar écossais. Avec raison ? Plutôt oui.
La ville dans le ciel du titre est Ciudad del Cielo, une ville construite dans l’espace proche autour du chantier d’un, et peut-être de plusieurs, vaisseau générationnel destiné à coloniser les étoiles. Cette ville ne dépend pas de l’administration d’un pays en particulier, mais de quatre grandes entreprises sous la supervision de la FGN (une version de l’ONU sous anabolisants). Et a une particularité : officiellement, aucun homicide n’y a jamais eu lieu. Jusqu’au jour où en pleine passation de pouvoir entre représentants de la FGN en ville, un cadavre est retrouvé éparpillé façon puzzle anatomique au centre de la ville. Deux flics, la vétérane corrompue Nicky Freeman et la jeune idéaliste Alice Blake, vont enquêter alors que les cadavres s’accumulent et que les enjeux vont bien au-delà que la simple stabilité d’une station dans l’espace et de ses passagers.
L’aspect SF du livre se trouve non seulement dans la localisation du crime et sa temporalité dans l’avenir, mais également dans l’aspect cyberpunk du titre. Sur Ciudad del Cielo, les habitants sont tous connectés au réseau global grâce à des lentilles qui tiennent la place de smartphones ultraperfectionnés. Et certains disposent d’un filet : une résille électronique connectant directement le cerveau de leur porteur au réseau et permettant d’accéder instantanément à des souvenirs ou des connaissances (trouver son chemin dans une ville inconnu, comprendre une langue). Et c’est cet aspect cyberpunk qui sera la clé du mystère. En revanche, la trame du récit est typique d’un polar classique avec ce qui ressemble au début à un buddy movie puis vers une ambiance « seule(s) contre tous », le tout avec un rythme soutenu, pas mal de réflexions et de dialogues drôles et acerbes et une réflexion sociale qui rappelle certaines situations dans notre présent (en 2017, date de la sortie du roman dans sa version originale). Seul bémol ? Du point de vue de la lectrice, le renversement des rôles entre Nikki et Alice se devine d’assez loin et le personnage de Nikki en flic au grand cœur qui s’abrutit dans l’alcool et le sexe est assez cliché, malgré le changement de genre. Néanmoins, si vous cherchez un bon roman cyberpunk ou tout simplement un polar solide, La ville dans le ciel est un titre de choix pour vous satisfaire.

La ville dans le ciel
de Chris Brookmyre
traduction de Sébastien Guillot
Éditions Denoël

La publication a un commentaire

  1. J’avais bien aimé ce roman qui me semble est passé un peu inaperçu à sa sortie.
    Dommage, c’est un bon thriller SF.

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