Enfin la fin ! Un an après la sortie du tome 2 et la ressortie de celui-ci en poche avec une couverture plus pêchue, la trilogie de science-fiction de Yûsuke Kishi se termine enfin en français avec ce dernier livre.Donc, si vous êtes pressés, regardez la série d’animation From the New World – Shinsekai Yori (même si personnellement je ne suis pas fan de son chara design assez fade, ni de son animation). Et si vous n’avez pas la moindre idée de l’histoire, interrompez de suite votre lecture et revenez ensuite. Accessoirement, relire les deux premiers livres avant celui-ci n’est pas indispensable, mais cela peut servir pour se replonger dans le bain. Et se rappeler, qui est qui dans cette histoire, d’autant que certains personnages en changeant de rang dans leurs sociétés ont changé de nom.

Donc, l’histoire commence 14 ans après les événements du deuxième livre. Saki et son ami d’enfance, Satoru, sont tous deux adultes et occupent des fonctions peu en rapport avec leurs capacités et les espoirs que les adultes avaient placés en eux à la fin du tome précédent. Alors que les jours semblent s’écouler tranquillement dans leurs villages, les colonies de rats-monstres alentour se déchirent toujours avec deux conceptions de vie s’opposant : une classique sur le modèle des rats-taupes avec les reines mères dominant leurs progénitures et une autre plus « démocratique » où les reines sont lobotomisés et ne servent plus qu’à la reproduction. Alors que les humains lancent une expédition punitive contre l’une de ces colonies, celle-ci dégaine son arme redoutable, un jeune Akki (c’est à dire un être humain sans inhibition contre la violence et utilisant ses pouvoirs psychokinétiques sans retenue). Qui est-il ? Comment l’arrêter ? Et pourquoi les rats-monstres qui l’entourent ont attaqué une crèche et volé la centaine de nourrissons présents. Saki et Satoru vont devoir aller jusqu’à un Tokyo en ruine pour récupérer une arme vieille de plusieurs siècles. Et ils découvriront au passage des secrets enfouis dans leurs propres passés, mais également dans la façon dont l’humanité actuelle a survécu à l’apocalypse et aux siècles de violences qui l’ont suivi.
Si les tomes précédents parlaient de la difficulté d’être un enfant et des actions peu reluisantes que les adultes de ce monde doivent faire pour éviter l’apparition de monstres en leur sein, celui-ci propose une résolution plus globale. L’auteur y répond en grande partie aux questions que l’on se posait dans les tomes précédents (et l’origine des rats-monstres est encore plus horrible que ce que les livres précédents laissaient entendre), et ne laisse guère d’espoir sur l’avenir du monde, même si Saki et Satoru envisagent de réformer en profondeur leur société. En revanche, j’ai trouvé que l’auteur fait preuve d’une certaine facilité narrative avec les visions prescientes de Saki et son dialogue interne avec un personnage mort bien avant les événements donnant naissance au Akki. Néanmoins, et même si ce tome ne restera pas mon préféré des trois, il clôt la saga de façon très propre et offre de belles matières à réflexion sur ce qu’est être humain, et comment gérer la différence.
Du nouveau monde — t.3
de Yûsuke Kishi
Traduction de May Beck et Dominique Sylvain
Éditions Robert Laffont
