Dans la première phase du Prix des Auteurs Inconnus, j’avais choisi l’imaginaire comme catégorie principale pour présélectionner les livres. Dans cette nouvelle phase, j’ai ajouté la catégorie Noire (polar, thriller, horreur) en plus et découvre la sélection finale. Et disons-le de suite, avec ce premier livre — Plus vite que la peur de C.D.Mont — je n’ai pas été gâtée.
Déjà, l’auteur a changé deux fois la couverture fournie au jury (et celle-ci ne correspond pas aux différentes éditions précédentes trouvables sur les librairies en ligne). Et comme vous pouvez le constater en regardant l’image à côté, cette couverture est plus que générique (et manque franchement de naturel, ce que semblent confirmer certains détecteurs en ligne) pouvant coller à n’importe quel thriller avec une mère désespérée, mais absolument pas au texte qu’elle illustre.
Et le récit, justement ? Plus vite que la peur raconte l’histoire d’une femme de ménage mère célibataire du côté de Miami, dont le fils a une tumeur incurable au cerveau. Alors qu’il n’a plus qu’un mois à vivre, elle le fait sortir de l’hôpital pour lui offrir un circuit autour du monde… Et pour ça, elle va dénicher en deux temps trois mouvements un pilote d’avion privé et son immense chien. Ça tombe bien, celui-ci a « récupéré » un paquet appartenant à un patron de la drogue et doit fuir au plus vite. Et les voilà partis vers l’Amazonie, la savane africaine, l’Andalousie et Tokyo (pour ne citer que quelques escales) avec… le FBI et les narcotrafiquants aux trousses. Le tout sans aucun souci de vraisemblance possible. L’enfant, en phase terminale de sa maladie rappelons-le, court, rit, mange avec appétit, saute et cabriole quasiment durant tout le livre jusqu’à… neuf jours avant le terme prévu de sa vie. Car oui, dans l’univers de l’auteur, quand l’hôpital vous donne un mois à vivre, c’est bien précisément 30 jours calendaires. À croire que les services ont une ligne directe avec le planning de la Faucheuse pour savoir exactement quand la vie de chaque patient s’arrête, quels que soient les soins reçus ou non ou ses conditions de vie. À J-9, il faut accélérer le rythme du roman, donc c’est à ce moment-là que le garçon perdra par intermittence l’usage de ses jambes ou souffrira de migraines carabinées. Quant au FBI, il est visiblement capable d’intervenir en quelques heures à n’importe quel point de la planète comme s’il était chez lui. Je sais bien que c’est une croyance ancrée dans les plus hautes sphères du gouvernement des USA actuel ; mais l’actualité récente a prouvé qu’ils n’ont pas la logistique nécessaire pour monter de telles opérations en quelques heures ni que leurs « alliés » se laisseraient tous marcher sur les pieds aussi facilement (surtout pas l’Espagne actuelle).
Ajoutez-y une écriture, certes fluide, qui enfile les clichés comme des perles sur un collier et des personnages aux noms et comportements caricaturaux : un Paul McClane à l’allure du John McClane de Die Hard ; une Dolores Gonzalez pour une mère en souffrance d’origine hispanique ; une profileuse du FBI froide, tenace et calculatrice au nom opportunément asiatique ; l’allié flamboyant petit génie de l’informatique maître chanteur aux poches pleines et aux connexions haut placées partout sur la planète… Le résultat se lit très vite (et j’avoue en diagonale sur la fin), mais il sera tout aussi vite oublié. Seule originalité : à côté de la fin originale dans le livre, l’auteur propose de consulter d’autres fins alternatives sur son site Web. À condition de fournir votre adresse électronique…
Plus vite que la peur
de C.D. Mont
