Décidément, l’horreur a ma prédilection pour le moment. Même si, pour ce livre, le fait qu’il soit lu après d’autres livres dans le même genre est un hasard, puisque je l’ai précommandé l’an dernier sur ma plate-forme de vente en ligne favorite dès son annonce, aimant particulièrement ce que T.Kingfisher propose comme « cosy horror ».
Cette fois-ci, dans Wolf Worm, l’autrice nous entraîne en 1899 en Caroline du Nord. Sophie Wilson, se retrouvant sans argent ni emploi à la mort de son père naturaliste, va trouver un travail d’illustratrice auprès du Dr Halder, un scientifique reclus spécialisé dans les insectes et plus particulièrement dans l’étude de certaines espèces parasites utilisant des mammifères comme hôtes pour le développement de leurs larves. Peu à peu, des détails l’intriguent. Qu’y a-t-il dans ce mystérieux abri au milieu des bois ? Qu’est devenue la précédente illustratrice aux peintures si spectaculaires ? Pourquoi lui déconseille-t-on fortement de se promener hors de la maison à la nuit tombée ? Et depuis quand les opossums tentent de crocheter les verrous pour entrer dans une maison ?
Le rythme de Wolf Worm est plutôt lent à se mettre en place, comme dans tout bon roman gothique – et plus particulièrement « Southern gothic » – qui se respecte. Il faut en effet installer le décor, plonge la lectrice dans l’atmosphère moite et étouffante des lieux. Il faut y parsemer quelques indices : les rumeurs sur les « voleurs de sang » ou le Diable hantant les bois quelques années plutôt ; l’aspect décalé de la demeure où Halder, véritable tyran domestique aux habitudes bien précises, a pourtant un couple marié mixte à son service dans un lieu et une époque où un tel mariage est illégal ; le comportement bizarre de la faune… Mais, une fois que Susan Wilson se décide à chercher l’explication de toutes ces bizarreries, l’horreur est véritablement au rendez-vous et les monstres ne sont pas forcément ceux qui semblent l’être. De plus, ne vous fiez pas au titre : il n’y a pas l’ombre d’un loup-garou, ni même d’un loup dans ce livre. Les « wolf worms » du titre sont le nom local donné à des mouches parasites assez mignonnes esthétiquement, mais aux mœurs assez écœurantes. Et la variante de ce roman encore plus !
Finalement, ce roman est l’un des moins « cosy » que j’ai lu de l’autrice. Non seulement en raison des scènes horrifiques, mais également, car elle y injecte moins d’humour. En revanche, Sarah Wilson est l’une des protagonistes les plus attachantes que T. Kingfisher ait créées. Même si mes talents de dessin et de peinture sont proches du zéro absolu, la façon dont cette narratrice parle de son travail ou restitue systématiquement ce qu’elle voit en termes de mélange de couleurs et de techniques la rend plus vivante et plus réelle, ainsi que le monde qu’elle nous décrit. Encore une fois, ce fut une excellente lecture pour moi.
Wolf Worm
de T.Kingfisher
Éditions Tor Nightfire
