Toi, l’immortel

Premier roman de Roger Zelazny, Toi, l’immortel a remporté un Hugo ex æquo avec Dune de Frank Herbert. Impressionnant pour un début non ? Et pourtant, Toi, l’immortel n’est pas exempt de défauts avec notamment une intrigue finalement assez décousue où les éléments clés se passent en coulisse ou dans les dialogues et non dans les nombreuses scènes d’action. Fouillis et dense, ce n’est pas le roman par lequel aborder l’œuvre de Roger Zelazny, même s’il en contient de nombreux germes…
Après la guerre des Trois Jours, la Terre a été dévastée par les différentes explosions atomiques. Des différents Lieux chauds sont nés des monstres et des mutants. La plupart des habitants de la planète ont fui dans l’espace et migré chez les « Peaux-Bleues », une race ancienne née près de Vega. La Terre, meurtrie, est devenue un musée et un lieu de tourisme pour les Vegans. L’un d’entre eux va faire appel au narrateur, Conrad Nomikos, pour lui servir de guide et de garde du corps. Ils vont donc se lancer dans un voyage dans l’Égypte et la Grèce où les retombées atomiques ont redonné naissance aux monstres des légendes…
Reprenant la trame des odyssées antiques, mais résolument ancré dans la science-fiction, Toi, l’immortel mélange mythologie grecque, littérature classique et considérations sur le nucléaire, les effets de la colonisation même « bénévole », et la façon dont on peut terminer une guerre. Même si un indice nous est donné dès la première phrase, « tu es un kallikanzaros », la nature même de Conrad n’est pas clairement définie : simple mutant, demi-dieu ou divinité ayant perdu la mémoire durant les Trois Jours ? Les trois hypothèses se tiennent et d’une lecture à l’autre, l’avis peut changer. S’il n’est clairement pas mon récit favori de Roger, ce roman annonce le reste de son œuvre. Conrad y est un proto Corwin, et les mythes grecs
revisités préfigurent ce que l’auteur fera des différentes mythologies : égyptienne, indienne, navajo, geste arthurienne, etc. Une fois de plus, le narrateur est un surhomme qui se débat avec les problèmes liés à sa nature et à son inadéquation avec son environnement. J’en conseille la lecture à ceux qui veulent tout lire de Roger Zelazny, mais ce n’est certainement pas le livre qui donnera envie de découvrir le reste de son œuvre. Il aurait même tendance à rebuter les nouveaux lecteurs.

Toi, l’immortel
de
Roger Zelazny
Traduction de Mimi Perrin

Éditions
Présence du futur

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