Les Avides

Guillermo del Toro n’est pas qu’un réalisateur et scénariste, il est également écrivain. En compagnie de Chuck Hogan, il avait déjà écrit La Lignée, une trilogie vampirique adaptée en série TV dans The Strain. Les deux récidivent à présent dans Les Avides, un nouveau thriller horrifique. Ici, point de vampires, mais des entités maléfiques qui s’emparent de corps humains pour semer chaos et destructions autour d’elles.
Les Avides commence alors qu’Odessa Hardwicke, jeune recrue du FBI est entraînée à la poursuite d’un tireur fou avec son partenaire plus âgé. L’affaire tourne mal, l’agente va avoir un geste irréparable et se retrouver mise à pied. Durant sa suspension, elle cherchera à comprendre ce qu’elle a vu ce soir-là. Pour cela, elle rencontrera Earl Salomon, l’un des premiers agents noirs du FBI encore hanté par une vieille affaire de lynchage dans le delta du Mississippi et Hugo Blackwood, un
mystérieux avocat anglais.
Jonglant avec différentes temporalités et partant a priori à chaque fois dans des directions différentes, Les Avides met un peu de temps à s’installer. Ce roman se révèle toutefois une excellente lecture pour les amateurs de fantastique, mêlant les clins d’œil aux précurseurs du genre (comme Arthur Machen ou Algernon Blackwood à qui Guillermo del Toro dédicace l’ouvrage) et le rythme frénétique d’une série d’action américaine. Moins explicitement sanglant que La Lignée, Les Avides n’en réserve pas moins quelques scènes accrocheuses pour les amateurs du genre, mais sans tomber dans le voyeurisme. Le roman n’en est que plus poignant, surtout quand il explore le passé de certains personnages. Les Avides tient parfaitement tout seul, mais certains indices laissent à penser que les auteurs l’envisagent comme le premier d’une série avec
Hugo Blackwood et Odessa Hardwicke. D’ailleurs, le titre en VO est The Hollow Ones — The Blackwood Tapes vol.1 et annonce un volume 2 (non encore disponible à ce jour). Et j’avoue que personnellement, je me replongerais avec intérêt dans de nouvelles aventures d’autant que la dynamique entre les deux personnages à la fin de Les Avides semble assez intrigante. Si vous avez aimé La Lignée, vous retrouverez le talent des deux plumes, sur une échelle moins vaste, puisque dans notre présent le massacre se cantonne à une partie du New Jersey et de New York. Et si vous ne l’avez pas lu ou vu, c’est une bonne introduction à ce que peut faire Guillermo del Toro quand il ne s’affiche pas sur grand écran.

Les Avides
de 
Guillermo del Toro et Chuck Hogan
traduction d’Agnès Espenan

Éditions
J’ai Lu

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