Le Banc

Décidément, je devrais apprendre à me méfier du résumé à l’arrière des livres. En effet, en lisant celui concernant Le Banc de Géraldine Smith, je pensais lire une sorte de cosy mystery du troisième (voire quatrième) âge… Eh non ! C’est un roman bien dans la tradition de la littérature « blanche » (pour généraliste) française actuelle : une tranche de vie douce-amère sur le temps qui passe et la fin de vie. D’où le résumé trompeur, j’imagine.
L’histoire commence en effet quand Georges, 95 ans, est retrouvé mort dans son lit par Mariela, son auxiliaire de vie. Seul problème, il y a une boîte de somnifères sur la table de nuit ; or le vieil homme n’en prenait jamais. Est-ce un meurtre ? Et si oui, pour quel motif ?
La romancière va ensuite nous raconter deux histoires en parallèle : l’année précédente du point de vue de George et de son entourage, et l’enquête menée tranquillement par l’inspecteur Mballo.
Et peu à peu se dresse le portrait d’un coin de banlieue vue par un banc au bas d’un immeuble mixte. C’est le banc sur lequel Georges, Marcel et Jean-Marc, tous trois retraités, se retrouvent pour le gouter et ressasser leurs souvenirs. C’est le banc devant lequel passe Ines, une lycéenne punk à cheveux verts qui se cherche. C’est le banc qui donne sur la barque à frites d’Abdel. C’est le banc qui fait partie du périmètre de surveillance d’Alain, le « shérif » c’est-à-dire le gardien de la résidence des Merles depuis cinq ans. Ajoutez-y les enfants de Georges, Isabelle et Paul, son auxiliaire de vie, Chantal sa « lectrice », et vous aurez tous les personnages principaux et tour à tour suspects dans cette enquête, qui sont autant de vignettes vers une histoire à la fois très ordinaire et très souvent tue. Et vous découvrirez également à mesure que la santé et le moral de Georges déclinent, son passé revient le hanter.
Effectivement Géraldine Smith écrit de façon très agréable et visuelle. Elle sait, par petites touches, construire des personnages qui — même lorsqu’ils sont des antagonistes comme Chantal ou Angélique — ne sont jamais entièrement antipathiques. Mais… même si j’en parle ici, ce livre n’est pas réellement pour moi. Et je ne peux pas dire que je l’ai aimé. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une fois les pages tournées (et ce texte posé), je sais que dans vingt-quatre heures à peine, je ne me souviendrais plus de son contenu, ni de qui est qui. Et parce que j’ai trouvé la résolution de l’enquête assez « oui et ? » Dommage pour moi. Si, en revanche, vous aimez les tranches de vie et cherchez un roman court et bien écrit, sans trop de pathos, n’hésitez pas.

Le Banc
De Géraldine Smith
Éditions Albin Michel

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