Banlieue Est

Il est des polars qui vous prennent aux tripes par leur sujet et par l’action qui dégouline de leurs pages. Il en est d’autres qui fascinent par leur style et l’inventivité linguistique de leur auteur. Avec Banlieue Est, Jean-Baptiste Ferrero s’essaye au double exercice. Ce livre, qui m’a été recommandé par PostTenebrasLire, est le premier de la série des Thomas Fiera que je lis, mais surement pas le dernier.
Son héros, Thomas Fiera est un paumé désabusé recyclé en détective privé. Sa méthode d’enquête principale consiste à cogner sur tous les arbres de la forêt pour énerver les frelons qui s’y nichent puis à les éliminer. Ici, dans Banlieue est, il se retrouve sur les lieux de son enfance, dans une banlieue sans âme de Seine–Saint-Denis entre barres HLM crapoteuses et petits pavillons où la façade proprette dissimule la vie sordide de ses habitants. Il devra enquêter sur la mort d’un vieux copain de cour d’école. Et découvrir peu à peu l’ensemble des magouilles qui lient entre eux politiciens locaux, truands du grand banditisme et malfrats des cités, mais également les responsables religieux locaux, quelles que soit leurs obédiences. Et cela se terminera par un grand nettoyage façon écuries d’Augias.
Le Thomas Fiera en question et sa fine équipe ne font pas dans la dentelle. Le style de Jean-Baptiste Ferrero non plus. Ses personnages sont hauts en couleurs, son écriture varie entre la fulgurance argotique, le reportage au cordeau et la verve à la Balzac. Le résultat ? Un pavé de plus de 500 pages qui se dévore à toute vitesse. Et qui commence dans les rires avant de se terminer dans un flot de bile face à l’atrocité et au cynisme des gens impliqués. Je n’ai que quelques bémols à reprocher à ce texte : une fin moins cathartique qu’annoncé et de trop grosses similitudes entre ce Thomas Fiera et mon cher Gabriel Lecouvreur dit Le Poulpe.

Banlieue Est
de Jean-Baptiste Ferrero
Éditions Lajouanie