Dès la phase de présélection dans la catégorie Imaginaire du Prix des Auteurs Inconnus, le résumé de ce roman à la frontière entre policier et fantastique m’avait intrigué. Et pendant longtemps lors de ma lecture, j’ai trouvé que La Dame en noir de Phébé Leroyer-Roussel allait tenir toutes ses promesses… Jusqu’au cinquante dernières pages environ.
De quoi s’agit-il ? Nous sommes à Paris à la fin des années 2010, la PJ enquête sur une série de morts soudaines, où les victimes ont l’air foudroyées par la peur. Matthieu Bonnaire revient d’un arrêt maladie suite à la mort de son coéquipier Maxime, devenu l’un des Foudroyés, et au fait que son corps ait malencontreusement intercepté une balle. Dans un état dépressif profond, il commence à halluciner et aperçoit notamment une grande brune amatrice de chapeaux qui lui annonce être l’une des faucheuses attachées à Paris. Celle-ci, Prudence, récolte les âmes des défunts de la capitale depuis plus de 200 ans avec sérieux et rencontre un problème étonnant. A certains de ses rendez-vous, il n’y avait plus personne à faucher, que des corps vides. Où sont passés les âmes ?
De chaque coté de la Mort, les deux vont mener leur enquêtes et faire découvrir à la lectrice les coulisses de leurs mondes respectifs. Et cet aspect du livre est particulièrement réussi, tant par les personnages que par le fonctionnement du Paris d’Outre-tombe et par les diverses affaires que doit traiter la PJ en même temps. Mais c’est là que le bat blesse. En effet, à promener sa lectrice à la suite de ses deux protagonistes, l’autrice semble perdre de vue l’affaire principale. Et quand enfin, l’action s’accélère dans les dernières pages (et que la lectrice a une bonne idée de qui est l’un des responsables de ces Foudroyés), le texte se termine abruptement en laissant Matthieu et Prudence en mauvaise posture dans les sous-sol de Montrouge. Avec la suite dans le tome 2 du Bureau des âmes ? Alors qu’aucune date de sortie n’est annoncée ? Pas pour moi en tout cas, j’apprécie fort peu ce procédé déjà dans les BD ou en série, alors en roman sans avoir l’ombre du début d’une résolution (au moins de l’affaire en cours en sus des Foudroyés), c’est un grand non.
La Dame en noir
Le Bureau des âmes t.1
de Phébé Leroyer-Roussel
Éditions Octoquill
