Quelqu’un derrière les murs

Dans ces temps où l’horreur fait un retour éditorial marqué, Pocket relance sa collection de poche dédiée au genre, vingt-trois ans après l’arrêt de la mythique Pocket Terreur aux couvertures noir et rouge. Cette nouvelle collection, baptisée « New Horror » ne se distingue que par un logo dédié en bas de la couverture. Ce qui, accessoirement, la rendra plus difficile à repérer en librairies et bibliothèques où les livres sont présentés sur la tranche dans les rayons…
Parmi les premiers titres proposés, je me suis arrêtée sur Quelqu’un derrière les murs de Zygmunt Miłoszewski, qui, au résumé, semblait être du fantastique pur (à la différence d’autres titres récents estampillés horreur) et comme ma connaissance de la littérature polonaise est assez réduite. Écrit en 2005, donc quelques années après l’effondrement du bloc communiste en Europe de l’Est, ce livre raconte une histoire de demeure hantée. Sauf qu’il ne s’agit pas d’un manoir gothique en pleine forêt, ou d’une vieille bâtisse historique, mais d’un immeuble de béton faisant partie d’une barre construite à la va-vite dans les décennies ayant suivi la Seconde Guerre mondiale. Quand Robert et Agnieszcka, un couple fraîchement marié, s’y installent, les particularités de l’immeuble se dévoilent peu à peu jusqu’à un final sanglant, cathartique et efficace. L’histoire nous est racontée principalement à la troisième personne par un mystérieux narrateur qui nous place le plus souvent au cœur des appartements et couloirs de cet immeuble. Et il nous fait suivre le plus souvent la vie du jeune couple nouvellement installé, celle de Karim l’adolescent rebelle d’un vieux couple particulièrement rigide, et celle de Wictor journaliste devenu alcoolique, dont la femme est partie avec sa fille. Après un début prometteur — un homme se fait décapiter par l’ascenseur dont il tentait désespérément de sortir, Quelqu’un derrière les murs prend le temps de s’installer et nous déroule une série de vignettes dans la vie des différents habitants, pas particulièrement montrés sous un jour sympathique, avec de petites touches étranges qui s’insinuent peu à peu. Il faut attendre environ la 200e page pour que le roman bascule franchement dans le fantastique. Et l’explication finale repose sur un cas de hantise multiple assez complexe, même si le lien entre la tragédie initiale et l’élément déclencheur est ténu et reste dans les non-dits que la lectrice peut compléter à loisir.
Au final, la lecture de ce livre fut une bonne expérience à plus d’un titre : 1 — j’ai découvert un nouvel auteur qui semble correspondre à ce que j’aime lire quand je recherche de l’horreur « old school », et 2 — avec cette histoire « New Horror » s’inscrit parfaitement dans la lignée que j’aimais de « Pocket Terreur » : du frisson et une lecture parfaitement pour se détendre en quelques heures. Et j’ai hâte de découvrir les autres titres de cette collection.

Quelqu’un derrière les murs
de Zygmunt Miłoszewski
traduction de Kamil Barbarski

Éditions Pocket

Cet article a 2 commentaires

  1. L'ours inculte

    C’est dommage qu’il n’y ait pas d’identité graphique plus marquée pour la collection, mais ça donne envie quand même. J’ai grandi avec pocket terreur avant d’arriver à la SFF

  2. Jourdan

    J’avais lu de lui”Te souviendras tu de demain?”suite à une chronique sur la blogosphere.
    Ils sont en bibliothèque dans la collection Fleuve noir.

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