Quantum of Nightmares

Suite directe de Dead Lies Dreaming, Quantum of Nightmares se situe toujours du côté civil des histoires de The Laundry Files, mais attention, il est nettement plus saignant et… carné… que le précédent roman.
L’histoire commence comme une parodie de Mary Poppins avec une supervilaine se faisant passer une nounou chargée d’enlever quatre enfants de 10 à 5 ans, pour faire chanter les parents, pense-t-elle. Sauf que les gamins sont particulièrement capricieux, ne tiennent pas en place et sont eux-mêmes dotés de superpouvoirs… Dire que l’enlèvement va mal se passer est un euphémisme, et un tyrannosaure et une authentique momie figureront parmi les victimes des mômes et de leur pseudo-gouvernante. Et pendant ce temps dans un supermarché bien ordinaire, succursale d’une grande chaine de l’île, des choses bien peu ragoûtantes se passent dans les coulisses du rayon boucherie tandis que la responsable des ressources humaines a trouvé une solution radicale pour réduire les charges salariales des employés. Comment ? En retirant le facteur « humain » de l’équation. Les personnages du précédent roman vont se retrouver mêlés à ces deux intrigues tout en se battant eux-mêmes contre un culte particulièrement zélé, pratiquant entre autres la divination boursière dans les entrailles de jeunes vierges.
Si encore une fois, Charles Stross a ici la dent dure vis-à-vis du capitalisme effréné et du traitement des salariés sans qualifications et du personnel de la « gig-économie », l’auteur se lâche aussi dans le trash, et pourtant il y a du niveau quand on crée un univers où son pays est dirigé par l’une des incarnations du Chaos Rampant, et où vampires, sorciers et licornes cannibales sont régulièrement utilisés pour le maintien de l’ordre. Soyez-en averti si vous avez découvert son œuvre avec Dead Lies Dreaming et non les autres romans de The Laundry Files. Moins surprenant que le précédent roman, Quantum of Nightmares est pourtant un très bon cru, avec encore une fois des ajouts très intéressants côté personnage comme Amy qui commence du côté des antagonistes, mais qui finalement se révèle particulièrement attachante, et pas uniquement en raison de ses talents de dessinatrice.

Quantum of Nightmares
de Charles Stross
Éditions Orbit