Murder by Memory

Le livre du jour n’est pas parfait, mais il a parfaitement rempli l’office qui lui était assigné : distraire la lectrice juste avant de dormir avec un « cosy mystery » en pleine traversée interstellaire. Murder by Memory d’Olivia Waite est le premier titre d’une série de récits policiers spatiaux autour de Dorothy Gentleman.
Celle-ci fait partie des détectives à bord du Fairweather, dit Ferry, un vaisseau de réfugiés ayant quitté la Terre il y a plus de trois siècles. Sauf que, au lieu d’être une arche générationnelle, la technologie de Ferry permet de prolonger indéfiniment la vie de ses passagers. En effet, il est désormais possible de créer des « livres de sauvegardes » stockant régulièrement la personnalité et la mémoire des individus en vue de les réimplanter à leurs morts (par vieillesse, par accident ou autre…) dans un corps utilisant le même génotype.
Quand le livre commence, Dorothy se retrouve deux ans après sa dernière mort, dans un corps qui ne lui appartient pas en pleine tempête stellaire. Le livre qui la contenait a été endommagé par celle-ci et le vaisseau, ivre de radiations, n’a trouvé que ce moyen pour la sauver et pour lui demander d’enquêter sur la mort d’une modiste par noyade dans de la liqueur mémorielle.
Si Céline Badaroux n’avait pas attiré mon attention dans un salon Discord commun, je serais certainement passée à côté de ce texte. Olivia Waite écrit habituellement des romances, parfois teintées de mystère, souvent historiques, et vous savez déjà que c’est loin d’être mon genre de prédilection. Murder by Memory semble être son premier livre où la romance n’est pas au centre du récit. Et surtout il est très court. C’est une novella de 112 pages. Le ton est plaisant. L’autrice aborde différents concepts intéressants : quel crime commettre quand la mort n’est le plus souvent que temporaire et quand la société à l’intérieur du vaisseau n’est plus basée sur l’argent et la nécessité de gagner sa vie. Les souvenirs de la Terre conservés par les différents passagers sont la véritable richesse du vaisseau : ce sont eux qui forment la base des échanges du vaisseau, sous la forme d’objets imprimés, de nouvelles recettes recrées ou de liqueurs évoquant des sensations précises (comme un cocktail « orage d’été »).
Pourtant, malgré l’écriture fluide de l’autrice et son monde fascinant, il m’a manqué un petit quelque chose en plus pour être totalement embarquée dans ma lecture. Trop de concepts à assimiler en si peu de pages ? Trop peu de développement des personnages ? Une résolution du crime trop rapidement amenée ? Peut-être un mélange de ces trois éléments. Le deuxième tome, Nobody’s Baby, est annoncé pour octobre prochain avec un peu plus de pages. Si ma mémoire ne flanche pas, je poursuivrais les aventures de Dorothy Gentleman, pour confirmer ou infirmer cette première impression. Et vous ?

Murder by Memory
de Olivia Waite
Éditions Tor

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