Dirty Magic

Pourquoi la majorité des auteurs qui décident de situer leurs histoires de fantasy dans un univers contemporain s’inspirent-ils des polars ? Dans la lignée des Dresden files de Jim Butcher ou de la série Hollows de Kim Harrison, Jaye Wells a choisi cette tradition avec Dirty Magic, premier livre d’une trilogie consacré à Kate Prospero, officier de police d’une bourgade de l’Ohio. Pourtant, si à mon goût, l’histoire n’est pas aussi aboutie que celles des deux auteurs précédemment cités, Jaye Wells s’en sort plutôt bien. Son postulat — assez original — est de considérer la magie comme une addiction tant pour ceux qui la consomme que pour ceux ayant le talent génétique pour la produire. Du coup, dans cette ville, les fournisseurs de drogues et autres barons criminels sont des sorciers, et les cabales magiques remplacent les familles mafieuses. La protagoniste, qui devait être l’héritière du Don local le plus puissant a tourné le dos à son passé magique il y a dix ans, et se retrouve, simple flic, à patrouiller les bas-fonds en arrêtant les petits dealers de potion et les accros au sang. Lors d’un de ses circuits, elle est agressée par un drogué rendu cannibale sous l’effet d’une nouvelle potion. Lors de l’enquête qui s’en suit, elle devra — ô surprise — renouer avec son passé, et affronter les conséquences professionnelles et personnelles de ses décisions. Certes l’intrigue est particulièrement classique, presque autant qu’un bon épisode de New York District ou de Columbo. Même si j’avoue que je ne relirai pas ce livre, je n’ai pas eu l’impression que l’auteure me prenait pour une idiote et j’ai pris du plaisir à la lire. Son style, simple et percutant, et ses personnages attachants qui sont plus étoffés que de vulgaires clichés sur pattes m’ont procuré une belle après-midi de détente. Que demandez de plus ?

Dirty Magic by Jaye Welles

 

 

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