Après une première lecture bien peu convaincante dans la catégorie Littérature noire du Prix des Auteurs Inconnus, j’espérais que celle de juin soit meilleure. Et heureusement pour moi, Épigone de Sèverine Mazières, est un bon polar.
L’histoire commence dans les années 1970 dans les environs de Périgueux par une nouvelle victime du Tueur de l’heure d’hiver. De 1976 à la fin des années 1990, ce tueur en série tue une jeune femme et dépose son cadavre en bordure de route, la tête recouverte de feuilles mortes. Sauf que… le tueur a avoué et est mort depuis longtemps. Alors, quand des décennies plus tard, d’autres corps sont découverts près de Périgueux de la même manière, il y a de quoi s’interroger. À quelques jours de sa retraite, Émile, policier qui avait travaillé sur la première affaire au détriment de sa santé et de sa vie de famille, ne croit pas aux coïncidences. Léandre, jeune chien fou fraîchement débarqué à la brigade, s’oppose à toutes ses idées. Les relations entre les deux enquêteurs se tendent de plus en plus alors que les cadavres s’accumulent.
L’intrigue d’Épigone est assez classique (et la fin pas si surprenante que ça), mais l’histoire est plutôt bien racontée, et les pages se tournent toutes seules. Mon seul véritable reproche est un certain agacement face à deux personnages féminins particulièrement clichés : l’ingénue qui veut trop en faire pour s’intégrer dans le groupe et n’en peut plus d’admirer la beauté et la prestance de son collègue et la « femme-pansement » qui sait qu’elle saura réparer son homme et passer outre ses défauts. Heureusement, la conclusion pour l’un des deux personnages répare ce cliché, et la responsable d’équipe (même si elle n’a qu’un rôle secondaire) est plutôt bien campée. Et directement inspirée de la Catherine Willows de CSI : Las Vegas ?
Épigone
de Sèverine Mèzières
Éditions Alter Real
