Avis d’invité : Le Bâtard de Kosigan

En ce mois de mai, je laisse la parole à un amateur de fantasy historique, Ludovic, qui cherche depuis longtemps à me convaincre de lire la saga de Fabien Cerutti, Le Bâtard de Kosigan. Avec comme vous pouvez le lire ci-dessous des arguments de poids.

En achetant le premier tome de cette série (L’ombre du pouvoir), je m’attendais à lire un roman de fantasy historique assez similaire à un Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski. Dès les premières pages, la différence se fait sentir : le style est plus fluide, les personnages plus colorés et, surtout, l’action est omniprésente. Bref, il se lit vite – l’auteur l’a lui-même reconnu lorsque je l’ai rencontré aux Rencontres de l’imaginaire à Sèvres en 2018 – et je ne pouvais que trépigner pour lire les trois tomes suivants qui sont fort heureusement un peu plus volumineux : Le fou prend le roi, Le marteau des sorcières et Le testament d’involution. Mais l’histoire me direz-vous ? Ces romans alternent successivement entre deux époques : le XIVe siècle où nous suivons les aventures mouvementées du chevalier assassin Pierre Cordwain de Kosigan, bâtard d’un noble de Bourgogne doté de quelques dons biens utiles et capitaine audacieux d’une compagnie de mercenaires et la fin du XIXe/début du XXe siècle avec Kergaël de Kosigan, homme au passé trouble, mais plein de ressources qui tente au péril de sa vie de découvrir ses origines… Et une explication sur la disparition pure et simple de sa lignée pendant plusieurs générations. N’étant pas à la base passionné par les histoires de fantasy pures avec des elfes et autres créatures du genre – et ceux-ci ne sont pas légions dans ce livre -, j’avoue avoir été agréablement surpris par la manière dont l’auteur a intégré ces peuplades dans les différentes phases de notre Histoire, puis justifier leur disparition, ne laissant derrière elles que le folklore – le tout savamment orchestré par l’Inquisition. Vous découvrirez ainsi de nombreuses intrigues, beaucoup d’actions, de belles joutes verbales, des situations cocasses mais aussi pleins de menus détails sur la vie au bas Moyen-âge.

Le Bâtard de Kosigan :
L’ombre du pouvoir,
Le fou prend le roi, Le marteau des sorcières, Le testament d’involution 
de Fabien Cerruti
Éditions Folio SF/ Mnémos

Les Histoires de Franz

Avez-vous un ou des auteurs qui vous font acheter leurs livres sans même regarder le résumé en couverture sachant que vous ne serez pas déçu ? Personnellement j’en ai plusieurs, et le plus souvent ces auteurs comme John Irving ou Fred Vargas sont souvent synonymes de temps de sommeil écourté tant j’ai du mal à lâcher leurs univers. Martin Winckler fait parti des élus, depuis que je suis tombée par hasard sur La Maladie de Sachs. Autant vous dire que le dernier en date, Les Histoires de Franz, aussitôt aperçu en vitrine d’une de mes librairies fétiches s’est retrouvé tout en haut de ma pile à lire (grâce à un cadeau d’anniversaire tardif).
Ce nouveau roman est la suite d’Abraham et Fils et reprend les mêmes personnages : Abraham, le père médecin rapatrié venu d’Algérie reprendre un cabinet dans la Beauce, Franz son fils, Claire sa deuxième épouse et Luciane, la fille de cette dernière. Et là où le premier roman décrivait l’installation du père et du fils au milieu des années soixante dans une petite ville de province, le deuxième s’intéresse plus particulièrement à l’adolescence du fils à la fin de cette même décennie, avec les changements radicaux entre la période pré-Mai 68 et la bourrasque de liberté post-Mai 68 qui retombera bien assez vite.
La construction du roman est particulièrement intéressante : il s’agit d’un dossier d’inscription envoyé par Franz à un mystérieux organisme (dont nous ne saurons de quoi il s’agit qu’à la fin). Retranscrivant ses journaux intimes, des extraits de ses fictions, ou les lettres de recommandation adressées par ses proches, le portrait de Franz et de sa famille se dresse par touches impressionnistes, même si certaines scènes sont plus chargées en action et en émotion. La seule chose qui ne m’a pas semblé indispensable sont les passages contés par la maison elle-même. La touche de fantastique qu’elle apporte semble un peu hors de propos par rapport au reste du récit, tant par la forme que par le fond.
Notons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu Abraham et Fils pour apprécier Les Histoires de Franz. Avec les mêmes personnages et se suivant chronologiquement, les récits restent largement indépendants l’un de l’autre et les quelques références sont expliquées directement sans accrocs. Vous pouvez même lire le premier après Les Histoires de Franz si ce dernier vous a plu. Ou le relire en attendant le troisième volume des aventures de Franz Fargas. Changement de continent, changement de décennie, j’ai déjà hâte de connaître la suite.

Les Histoires de Franz de Martin Winckler
Éditions P.O.L

Avis d’invitée : La mécanique du coeur

Ce blog s’ouvre parfois à des invités qui nous font partager leurs coups de coeur. Ici, Fiona, 10 ans, nous explique pourquoi lire La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu


Jack est né le jour le plus froid du monde, en 1874 à Édimbourg et son cœur en reste gelé. Le D
r Madeleine lui installe une horloge à la place. Du coup, son cœur fait toujours : tic-tac tic-tac. Jack n’a pas le droit de se mettre en colère ou de tomber amoureux, ce qui déréglerait son horloge-cœur. Mais le jour ou il voit une petite danseuse de flamenco à l’âge de 10 ans, il en tombe instantanément amoureux ; il va donc aller à l’école pour la retrouver, mais ne la trouve pas et subit beaucoup de moqueries de la part de ses camarades, surtout par un dénommé Joe (ancien amoureux de la petite danseuse). Trois ans après, ça dégénère et Jack est obligé de partir. Il va se mettre en tête de retrouver Miss Acacia, la petite danseuse de flamenco et va découvrir de nouvelles personnes… Et en retrouver certaines.

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui exprime bien les pensées de quelqu’un qui est différent (en l’occurrence Jack) et qui se lit facilement. Il y a évidemment quelques passages où l’on se perd un peu, mais dans l’ensemble, il est très bien. Il est drôle, émouvant, avec parfois une pointe de dureté. Je vous le conseille vivement.

La mécanique du coeur par Mathias Malzieu
Editions Flammarion (et J’ai lu en poche)