The Indranan War

Récemment Chut.. Maman lit ! m’a invité à participer à un article avec trois autres blogueurs concernant les livres que nous avions aimés en VO et non encore traduits. Curieuse, j’ai été voir ce que proposaient les autres. Et c’est ainsi que j’ai découvert sur le blog de Lianne, la trilogie de The Indranan War de K.B.Wagers.
N’étant pourtant pas fan de science-fiction militaire ou d’intrigues politiques, je dois avouer que je me suis laissée emportée par cette histoire, dévorant les trois romans les uns à la suite des autres sur ma liseuse.
Behind the throne pose les bases de l’histoire. Dans un lointain futur, Hail Bristol est ramenée de force chez elle. Cette trafiquante d’arme de 38 ans est en effet la dernière fille en vie de l’impératrice d’Indrana. Or ce conglomérat planétaire est une monarchie absolue et un matriarcat. Hail Bristol va donc devoir remplacer au pied levé ses sœurs disparues tout en enquêtant sur leurs morts prématurées. Intrigue de cours et clash des civilisations seront au programme.
After the Crown commence quelques jours après la fin du tome précédente. Devenue impératrice, Hail Bristol va devoir imposer ses changements tout en tentant d’éviter un conflit avec l’empire spatial d’à côté. Ici, ses connaissances de trafiquante d’armes deviendront un atout plus qu’un obstacle sur son parcours.
Enfin
Beyond the empire conclut la trilogie en montrant Hail et son équipe disparate reconquérir le trône d’Indrana perdu dans le tome précédent. Tout en ouvrant la porte à d’autres aventures qui, elles, ne se limiteront plus à la sphère humaine de la galaxie.
La trame de
The Indranan War est assez classique. Une personne qui ne s’y attendait pas du tout doit prendre sa place à la tête d’un royaume, se retrouve embringuée dans une guerre dont elle ne voulait pas et finit par triompher de ses ennemis. Sauf que… L’empire d’Indrana est un matriarcat avec une inversion complète des rôles et un déséquilibre entre les genres, tout en respectant le principe des castes strictes propre à l’Inde sur laquelle il se base. Mariages arrangés, force des traditions et de l’honneur, et révoltes demandant une plus grande égalité entre les sexes forment la toile de fond qui parcourt l’intégralité des romans. Dans After the Crown et Beyond the empire, K.B. Wagers élargit le champ culturel en explorant la mafia Cheng où a œuvré son héroïne comme trafiquante d’armes, l’empire saxon (plutôt d’inspiration viking et slave, mais avec, lui, un très fort patriarcat) et une race extra-terrestre aux pouvoirs étranges, les Farians.
Sauf également que… K.B.Wagers ne se contente pas d’aligner les batailles spatiales, les duels ou les combats au corps à corps. Si l’action ne manque pas dans aucun des livres de cette trilogie, celle-ci est également suffisamment variée pour ne pas lasser le lecteur.
D’autant que derrière tout, se cachent une vengeance et une énigme policière bien tordue comme je les aime. Et la galerie de portraits vaut également son pesant de cacahuètes. À commencer par l’héroïne. Quand elle se faire rappeler au service de l’Empire, Hail Bristol n’est pas une jeune écervelée qu’il faut rappeler à l’ordre malgré ses cheveux vert un peu trop voyants pour une personne de son rang. C’est une femme d’âge mûr (qui frôle la quarantaine), qui a vécu plus longtemps de manière indépendante dans un milieu plutôt hostile que dans le cocon/nid de vipères de la cour impériale. Que ce soit les autres membres de la Cour, le personnel censément sous ses ordres (mais assez têtu pour lui tenir tête comme Emmory et Zin), ses anciens contacts dans le milieu interlope ou ses ennemis, chaque personnage de The Indranan War a une certaine épaisseur et de multiples facettes. Et je ne vous en dirais pas plus de peur de trop en dévoiler.
Je n’ai qu’un conseil : lisez-les !

The Indranan War: Behind the throne, After the crown & Beyond the empire
de 
K.B.Wagers
Éditions Orbit

The Consuming Fire

S’il y a bien une chose que j’apprécie dans l’œuvre de John Scalzi, c’est la façon dont celui-ci arrive à surprendre son lecteur dans des paramètres convenus. Le dernier exemple en date The Consuming Fire en est un exemple flagrant. Reprenant l’intrigue quelques jours après la fin de The Collapsing Empire, nous y retrouvons nos personnages favoris — dont cette chère Lady Kiva aux manières tout aussi exquises en privé qu’en public — et un problème crucial pour l’empire : les routes spatiales d’un système à l’autre vont se fermer peu à peu. Comment Grayland II, nouvellement nommée à la tête de cet empire pourra-t-elle convaincre le Parlement, l’Église et les autres grandes factions de l’empire de se préparer à la catastrophe annoncée ? Par la raison ou en jouant la carte d’une foi étatique ? Les forces conservatrices de l’empire arriveront-elles à l’évincer pour maintenir le statu quo si profitable pour leur business ? Et si la solution venait de l’extérieur ?
Comme souvent dans les œuvres les plus récentes de John Scalzi, l’actualité du 21e siècle et le point de vue de l’auteur sur cette dernière sont profondément mêlés à l’intrigue de ce qui reste un space opera épique. En effet, la disparition des routes spatiales et l’incrédulité générale des membres de l’empire, fait notoirement penser aux débats agitant les classes politiques et économiques sur le changement climatique que connaît actuellement la planète et sur la façon dont nous devrons y faire face. Et un élément – qui j’avoue m’a surprise, car je ne m’y attendais pas du tout sous cette forme – remet sur le tapis la question des migrations.
Si toutefois, vous ne voulez absolument pas vous appesantir sur des considérations trop réalistes, The Consuming Fire est également fait pour vous. Son premier niveau de lecture ne manque pas d’action — entre une évasion dans une prison spatiale de haute sécurité et la découverte d’un système spatial oublié depuis 800 ans — d’humour avec notre Grayland II toujours aussi peu protocolaire, et plus assurée dans son rôle d’emperox que dans son rôle de séductrice, et de variété. Le seul reproche que je lui ferais est le même que j’ai fait à son prédécesseur : The Consuming Fire est trop court et s’achève alors que l’on voudrait en savoir plus.

The Consuming Fire
de John Scalzi
Editions Tor

The Collapsing Empire

Après un polar futuriste réussi, Locked In (paru chez L’Atalante sous le nom Les Enfermés), John Scalzi revient avec The Collapsing Empire à ses premières amours : le space opera. Situé dans un univers différent de celui de sa saga entamée avec Le Vieil homme et la guerre, ce roman est le premier d’une longue série (avec le deuxième volume The Last Emperox attendu pour l’an prochain), toute aussi pleine d’humour et de piques bien senties sur notre propre culture économico-politico-religieuse. Ici, dans un futur lointain, l’Humanité a perdu tout contact avec la Terre. Elle a construit un empire galactique en s’appuyant sur un courant spatial permettant de contourner la barrière physique de la vitesse-lumière. Sauf que ce courant est un phénomène naturel que l’Humanité ne maîtrise pas. Quand certaines de ses branches disparaissent coupant ainsi des systèmes stellaires entiers du reste de l’empire, elle ne peut rien faire pour les retrouver. À l’heure où un nouvel Emperox monte sur le trône, c’est l’ensemble du courant qui s’apprête à changer de route, laissant l’humanité à sec sur les bas-côtés spatiaux, chacun dans son système. Comment s’y préparer ? Comment éviter les profiteurs qui chercheront à s’enrichir avec cette catastrophe annoncée ? Comment gérer l’inertie naturelle des bureaucrates et autres tenants de la politique de l’autruche ? Telles sont les questions abordées par The Collapsing Empire. En revanche, les réponses viendront dans un second tome.
J’ai adoré lire The Collapsing Empire. Les personnages sont attachants, particulièrement Lady Kiva et ses manières si raffinées. L’histoire est à la fois prenante et très drôle, avec comme souvent chez John Scalzi une résonance assez forte avec l’actualité du moment. Oui, mais… Le livre s’achève là où tout commence. Et il faudra attendre la suite pour savoir de quoi il retourne exactement. Avouez que c’est particulièrement frustrant.

The Collapsing Empire
de John Scalzi

Editions Tor