L’argot du bistrot

Ce n’est pas parce que les troquets sont fermés, sauf à se les geler sur le pas de porte « à emporter » et que nul ne sait quand on pourra enfin prendre un crème adossé au zinc qu’il faut oublier la langue qu’on y parle et qu’on y a parlé. Certains, connaissant mon amour pour les dictionnaires et le langage fleuri, ont eu la bonne idée de m’offrir L’argot du bistrot. Dans ce petit recueil, Robert Giraud débine les mots propres aux guinguettes, rades, estaminets et autres assommoirs et aux boissons, qu’elles soient alcoolisées ou non.
À chaque fois, il propose une définition illustrée d’une citation issue de journaux ou de la littérature. Et dans certains cas, il l’agrémente d’une explication sur l’origine réelle (loufiat) ou supposée (tuer le ver pour boire un verre de vin blanc ou d’eau-de-vie en guise de petit-déjeuner) du terme. Que vous fréquentiez assidument les débits de boissons en temps normal ou que vous n’y mettiez jamais les pieds, que vous ai
miez la langue verte ou que vous soyez juste curieux, ce petit livre est à la fois une mine d’information et une source de fous rires devant certaines définitions ou citations. Sans oublier une muse qui va vous inspirer pour vous plonger dans les romans cités. De François Villon à Alphonse Bourdin en passant par Eugène Sue, Émile Zola ou Georges Simenon, Robert Giraud ratissent large et n’hésite pas à sortir des textes surprenants de derrière les fagots. Une précision cependant quand un terme comme « empéguer » a plusieurs sens, L’argot du bistrot ne cite que ceux ou celui en rapport avec son sujet et non les autres. Ne vous en offusquez pas et bonne lecture !

L’argot du bistrot
de Robert Giraud
Éditions La Table Ronde

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