Histoires courtes

Entre deux pavés lus ou relus, j’aime intercaler des nouvelles, soit pour rester dans un univers soit pour découvrir de nouveaux auteurs. Ce fut le cas avec ces trois histoires :

Auberon
Vous le savez désormais si vous avez lu cet article et cet article ou encore cet autre, 
j’aime beaucoup l’univers de The Expanse. Outre tous les romans, j’ai lu presque toutes les histoires courtes (nouvelles et novellas) dans cet univers. Auberon se situe à peu près au même moment que le dernier roman. Et ce coup-ci, James SA Corey nous plonge de l’autre côté de la barrière : chez les envahisseurs venus de Laconia. Ou plus exactement il nous montre l’installation d’un nouveau gouverneur et de sa femme sur Auberon, une planète colonisée depuis suffisamment longtemps pour avoir une population prospère et une économie largement corrompue. En quelques pages, James SA Corey nous montre comment un couple pétri d’idéalisme va devoir composer avec les principes du Général Duarte pour survivre sur ce nouveau monde. Et si l’amour était la meilleure arme pour résister à l’envahisseur ?

Auberon
de James SA Corey
Éditions Orbit

Hell Creek
Parmi d’autres éditeurs, Albin Michel Imaginaire a la bonne idée de proposer des nouvelles gratuites des auteurs dont il publie les romans. Avant de savoir si j’allais acheter Un Océan de rouille, j’ai donc téléchargé Hell Creek de C. Robert Cargill. Une histoire de zombies à la préhistoire avec une tricératops en personnage principal c’est tentant non ? Oui, et pourtant ça tombe un peu à plat. La nouvelle est très courte, et une bonne moitié est consacrée à la mise en situation. Tricératops (oui c’est également son nom) est un personnage attachant, mais l’histoire en elle-même est peu développée. Comme quoi une bonne idée ne suffit pas pour faire une bonne histoire. Autant vous dire que mon intérêt pour l’auteur fut vite refroidi.

Hell Creek
de C. Robert Cargill
traduction de Laurent Philibert Caillat
Éditions Albin Michel

Zeitgeber
Éditeur de l’imaginaire reconnu, mais également site prolixe sur l’actualité des littératures de genre, Tor propose souvent des nouvelles gratuites à lire en ligne. Notamment Zeigeber de Greg Egan. Pour une fois, l’auteur reste très proche de l’humanité. Il imagine un monde où les cycles de sommeil se détraquent, imposant à certains de dormir trop, à d’autres de veiller quand il fait nuit, etc. Là où Les Bras de Morphée en faisant un polar plutôt drôle, Greg Egan imagine une histoire poignante confrontant un père de famille et sa fille atteinte du trouble. Comment réagir face à cette perturbation du rythme familial, et comment réagir si la « malade » ne veut pas guérir ? Tout en pudeur, Greg Egan signe ici un de ses plus beaux textes.

Zeitgeber
de Greg Egan
à lire en ligne sur cette page.

Skin Food

Depuis Train to Busan, la Corée du Sud est devenue le nouveau terrain de jeu des zombies. Skin Food ne fait pas exception à la règle. Si ce n’est que son auteur, le mystérieux Type A, n’est pas coréen. Il a grandi entre les deux Amériques (du Nord comme du Sud) et vit désormais en Corée.
L’histoire de ce très court roman est simple : un groupe de jeunes touristes rentrant d’une soirée arrosée dans Séoul se retrouve coincé dans la ville quand se déclare une épidémie zombie. Pourtant l’histoire ne manque pas d’originalité : des faiblesses des zombies à la façon de les tuer (d’un coup perforant dans le dos pour atteindre les poumons) pour les plus évidentes au choc des cultures entre des étudiantes originaire de Floride et le monde moderne coréen, tout y passe par petites touches.
En revanche, ceux qui veulent comprendre d’où viennent ces zombies resteront sur leur faim. Tout au plus sauront-ils que selon la légende locale : « Quand le haineux meurt, la haine peut survivre et des torrents de rage peuvent inonder la terre. » Virus, mauvais karma ou sorcellerie, vous n’en saurez pas plus.
J’ai particulièrement apprécié que l’ampleur de l’invasion reste à taille humaine. Même si le lecteur comprend vite qu’une grande partie de la péninsule est concernée, les zombies croisés restent en petits groupes. Les grands rassemblements à la World War Z ne sont entraperçus que de loin. Cela rend la progression des personnages un minimum crédible, à défaut d’être parfaitement réaliste. Ceux-ci ne sont pas non plus des fous de la gâchette et à la différence de Walking Dead, les humains croisés ne sont pas des psychopathes uniquement préoccupés par leurs gains personnels. Qu’ils aident ou non les héros, ils se comportent de façon logique dans cette situation. Mon seul bémol est plus sur la forme. Je ne sais pas si la raison provient du fait que le livre soit autoédité, ou parce que l’auteur a essayé de mettre des caractères coréens dans son manuscrit, mais le début a quelques problèmes de lecture. Il reste néanmoins très compréhensible.

Skin Food de Type A
thetypea.com

Pour le #100defislecture2018 de Dame Ambre : 61 points avec celui-ci.