Requiem en catastrophe majeure

La vie de consultant en occultisme est faite de hauts et de bas. Et ce n’est pas Évariste Cosson du fond de sa pépinière d’entreprise de La Défense qui dira le contraire. Alors qu’il s’ennuie ferme, que son couple bat de l’aile et que le dépôt de bilan est proche, trois affaires différentes lui tombent dessus. La première est l’exorcisme d’une entreprise dans une zone industrielle en lointaine banlieue. La deuxième est liée à la mort de Jimi Hendrix (amalgamé dans cet univers – horreur absolue – à Johnny Halliday et prêt à allumer le feu). Et la troisième semble être un cas de hantise assez particulier à l’Opéra Bastille. Et c’est sans compter avec un ami sorcier papou soudain obsédé par un vieux tromblon de l’informatique. Vous l’aurez compris, Requiem en catastrophe majeure ne se prend pas au sérieux. Si vous cherchez un roman d’urban fantasy particulièrement rythmé et avec nombre de fulgurances loufoques, mais si vous êtes résolument allergique à la romance paranormale, ne cherchez plus. La suite d’Évariste est faite pour vous. D’autant que, même s’il peut se lire indépendamment du premier tome, ce roman a l’avantage de ne pas s’appesantir sur le fonctionnement de l’univers et les relations entre la magie et l’ingénierie et l’informatique. Heureusement celles-ci sont – pour l’instant – bien moins cataclysmiques que celles de The Laundry Files.
Ici entre deux éclats de rire et grincements de dents (on ne touche ni aux chatons ni aux bébés loutres, bon sang !), le lecteur en prend plein les mirettes et découvre comment les trois affaires d’Evariste sont liées entre elles. Entre polar et comédie, et avec l’horripilant Clippy en guest-star, Requiem en catastrophe majeure tient sa promesse : vous divertir !

Requiem en catastrophe majeure
D’Olivier Gechter
Éditions Mn
émos

 

Évariste

Si malgré son appellation, le héros du précédent roman n’avait pas le moindre talent paranormal, ce n’est pas le cas d’Évariste, héros du roman du même nom d’Olivier Gechter et authentique occultiste. Ce qui ne l’empêche pas d’être lui non plus un escroc. Pardon, il se définit comme ingénieur-conseil ayant fondé son propre cabinet d’expertise en sciences occultes au sein d’une pépinière de La Défense. Et, de son propre aveu, ayant appris et perfectionné l’art de la fumisterie pour embobiner le client en grandes écoles. La nuance est mince, non ?
Tout commence lorsque venant de monter sa société, l’une de ses premières clientes lui demande de véritables extra-lucides pour ajouter un service « premium » à son service de voyance téléphonique classique.
Hélas, la prescience ne rime pas toujours avec santé mentale, et la recherche de la perle rare ne plait pas à tout le monde. Une voyante comtesse du 16arrondissement et son étrange secrétaire à verres miroirs n’apprécient pas l’activité d’Évariste et n’hésitent pas à recourir à la manière forte pour lui faire savoir. Heureusement, l’ingénieur pourra compter sur le soutien d’un sorcier de Papouasie échoué dans le 17e, de ses parents morts, mais toujours prévenants, et de pigeons parisiens drôlement affranchis pour en venir à bout et finir son recrutement.
Mon seul bémol à la lecture d’Évariste est que la fin est un peu trop rapide à mon goût et que les motivations du principal adversaire sont vite expédiées. C’est un bémol très léger tellement Évariste s’avère un roman de fantaisie urbaine plus qu’agréable à lire. Sa galerie de personnages loufoques, mais souvent attachants — sauf Dolorès et Bruno — arrive toujours à faire rire et sourire le lecteur sans jamais le lasser devant trop d’excès. Les différents systèmes de magie présentés sont intéressants, compatibles dans cet univers avec la science traditionnelle et les smartphones (y compris dans l’Au-delà), et suffisamment originaux pour ne pas avoir l’impression de les avoir déjà lus des centaines de fois. Et le protagoniste lui-même a un côté Pierre Richard de l’occulte, période Grand blond avec une chaussure noire, plutôt touchant. Et tant mieux, car il semblerait qu’il revienne dans les mois à venir pour de nouvelles aventures… À suivre ?

Évariste
d’Olivier Gechter
Éditions Mnémos